Publié le 07 janvier 2026

Nouvelle vigie des eaux, Sentinel-6B livre sa première image altimétrique

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Le satellite européen Sentinel-6B, lancé le 17 novembre 2025 sur Ariane 6, a livré ses premières données, assurant le prolongement de la surveillance des océans, des côtes et des eaux continentales.

© EUMETSAT, 2025

Sentinel-6B, dernier né de la famille des satellites Sentinel du programme Copernicus de l’Union européenne, vient de fournir ses premières données. Grâce à son altimètre de pointe, Poseidon-4, il permet de suivre avec une précision inégalée l’évolution du niveau de la mer, les courants océaniques et les conditions de houle, mais aussi les niveaux d’eau des lacs et des fleuves.

Ces données sont essentielles pour améliorer la sécurité maritime, protéger les zones côtières menacées par la montée des eaux, et optimiser la gestion des ressources en eau douce. Elles alimentent également les modèles de prévision météorologique et climatique, permettant d’anticiper les impacts du changement climatique.

© EUMETSAT, 2025

L'image ci-dessus est une combinaison des données altimétriques des deux satellites Sentinel-6 chargés de suivre le niveau de la mer : Sentinel-6B et son jumeau, Sentinel-6 Michael Freilich, lancé en 2020. L'image montre le courant du Gulf Stream dans l'océan Atlantique Nord, au large des côtes est des États-Unis et du Canada.

Les trajectoires des deux satellites sont représentées par les bandes jaunes épaisses au-dessus de l’océan Atlantique Nord, près des côtes américaines. Leur mission ? Mesurer avec précision le niveau de la mer pour étudier le Gulf Stream, un courant marin puissant qui influence le climat et les activités humaines.

Les couleurs le long des trajectoires des satellites indiquent si le niveau de la mer est plus haut ou plus bas que la moyenne :

  • Rouge/orange : niveau de la mer plus élevé que la normale.
  • Bleu : niveau de la mer plus bas que la normale.

Ces variations sont importantes pour comprendre les courants marins, optimiser les routes des navires, ou encore aider les pêcheurs à localiser les zones poissonneuses.

En arrière-plan, une carte des anomalies de hauteur de la mer, fondée sur des données satellites collectées le 26 novembre 2025. Toutes les informations affichées proviennent des observations réalisées ce jour-là.

Ces premières observations illustrent déjà la valeur ajoutée que Sentinel-6B apportera en tant que prochaine mission de référence mondiale pour l’altimétrie satellitaire de haute précision, et ce, jusqu’à la fin des années 2030.

Phil Evans

  • Directeur général d’EUMETSAT

Assurer la continuité des mesures

Ces premières images marquent une nouvelle étape pour la composante Copernicus du programme spatial de l'UE. Sentinel-6 Michael Freilich, le premier satellite de la série Sentinel-6, fournit déjà des informations essentielles sur le niveau de la mer, les courants océaniques et les eaux continentales. Depuis le 16 décembre, Sentinel-6B a rejoint son orbite finale, à 1 336 km d’altitude, et vole à seulement 30 secondes derrière son prédécesseur. Pendant environ dix mois, les deux satellites voleront en tandem, permettant un étalonnage croisé d’une précision extrême (à quelques fractions de millimètre près).

L'objectif ? Assurer la continuité des 30 années de mesures du niveau de la mer, une série débutée avec les missions TOPEX/Poseidon (CNES/NASA), puis Jason, et aujourd’hui Copernicus Sentinel-6. Ces données, utilisées dans le monde entier, sont indispensables pour comprendre et anticiper l’élévation du niveau des océans, l’un des indicateurs clés du réchauffement climatique.

Sentinel-6B garantit la pérennité de cette capacité, démontrant ainsi que les investissements à long terme de l’Europe dans le domaine spatial se traduisent par des avantages concrets pour la société.

Christoph Kautz

  • Directeur chargé de la politique spatiale à la Commission européenne

À terme, Sentinel-6B remplacera Sentinel-6 Michael Freilich comme satellite de référence, tandis que ce dernier ajustera sa trajectoire pour optimiser les observations combinées. Un troisième satellite, Sentinel-6C, est déjà en discussion pour assurer la continuité des mesures au-delà de 2030.

Les informations recueillies par Sentinel-6B alimentent directement le Copernicus Marine Service, améliorant les prévisions océaniques, météorologiques et saisonnières. Elles soutiennent aussi la surveillance à long terme du climat et des écosystèmes marins, aidant scientifiques, décideurs et citoyens à mieux protéger notre planète.

Une mission, des partenaires internationaux

La mission Copernicus Sentinel-6 est pilotée par la Commission européenne, EUMETSAT (l’Organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques), l’Agence spatiale européenne (ESA), la NASA et la NOAA (l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique), avec le soutien technique du CNES, l’agence spatiale française.

Avec Sentinel-6B, l’Europe et ses partenaires internationaux réaffirment leur engagement pour une observation durable de la Terre. Les prochains mois seront consacrés à l’étalonnage et à la validation des données, une étape cruciale pour garantir leur fiabilité et leur utilité pour la communauté scientifique et le grand public.

Séparation du satellite Sentinel-6B après son lancement sur Ariane 6 depuis le Centre spatial guyanais, le 17 novembre 2025. © NASA, 2025

Le rôle du CNES dans la mission Sentinel-6B

Lors de cette mission, le CNES apporte en continu son support et son expertise par :

  • L'assistance à maîtrise d'ouvrage auprès d'EUMETSAT et de l'ESA,
  • La contribution au segment sol en produisant les solutions d'orbite précises (GNSS/DORIS) et certaines corrections atmosphériques indispensables.
  • Un support technique pour la configuration et la performance de l’instrument DORIS, de l'orbite précise, et la performance du système altimétrique.​

Les citations de ce texte sont issues du communiqué d'EUMETSAT publié le 16 décembre 2025 (en anglais).