« Un moment incroyable », « une expérience inoubliable »… De la bouche des jeunes Toulousains, la discussion qui vient de s’achever avec Sophie Adenot apparaît comme « une aventure exceptionnelle ». Ils s’appellent Charlotte, Malo, Erwan, Liam, Cali ou encore Louise. Plus de 110 jeunes de l'Académie de Toulouse, âgés de 8 à 18 ans, venus ce mercredi au CNES pour visiter le centre technique de l’agence spatiale française et « rencontrer » l’astronaute française de l’ESA. Tous participent à l’expérience éducative ChlorISS, dans le cadre duquel plus de 260 000 élèves réalisent une expérience de germination en parallèle de celles menées à bord de l’ISS, la Station spatiale internationale.
Pendant 20 minutes, les élèves de 8 à 18 ans se sont relayés pour poser à Sophie Adenot des questions préparées avec leurs professeurs. Florilège :
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Comment vit-on à bord de l’ISS ?
Les conditions de vie en impesanteur intriguent. Les jeunes ont interrogé Sophie Adenot sur les conditions de vie en impesanteur et plus particulièrement sur la qualité de son sommeil. « J’ai déjà été réveillée en pleine nuit par l’alarme des toilettes ! », raconte l’astronaute, provoquant les rires de toute la salle.
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Comment peut-on communiquer en direct avec l’espace ?
Au-delà de la vie pratique, les élèves souhaitent aussi comprendre les aspects techniques. « Comment est-il possible de communiquer en direct alors que vous êtes dans l’espace ? », interroge une adolescente. En direct ? Pas tout à fait. En réalité, le signal met deux à trois secondes pour arriver aux écrans du CNES ou de l’ISS, d’abord relayés par une chaîne d’antennes radio et satellites. Sophie Adenot se livre à un test avec les élèves. « Comptez jusqu’à 1, 2, 3… Je compte jusqu’à 4, 5, 6 et on verra combien on aura de délai entre chaque série de chiffres ! » Cette faible latence témoigne de la prouesse technologique rendue possible par les moyens techniques conjoints de l’agence spatiale française et de la NASA, l’agence spatiale américaine.
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Quelles sont les expériences menées à bord de l’ISS ?
Elles sont aussi nombreuses que variées. Au cours de la mission Epsilon, Sophie Adenot participe à près de 200 expériences scientifiques et technologiques dans l'ISS. « On réalise beaucoup d'expériences médicales, notamment pour comprendre le corps humain, comment il vieillit et aussi des recherches sur le cancer », explique l'astronaute. Outre des essais médicaux prometteurs comme PhysioTool ou EchoBones, les astronautes prennent également part à des expérimentations pédagogiques, dont ChlorISS fait partie.
Visionner l'échange
L’orientation professionnelle au cœur des préoccupations
Dans la salle, la centaine de jeunes écoute attentivement, visiblement impressionnés par la fluidité des échanges et l’accessibilité de Sophie Adenot. Ce rendez‑vous constitue le point d’orgue de leur année scolaire consacrée à l’espace. Ce domaine « fait toujours rêver et les adolescents y ont été particulièrement sensibilisés : ces derniers mois ont été consacrés à la réalisation de poèmes en français, aux expérimentations ChlorISS en cours de SVT et à l’étude des phénomènes physiques », résume une professeur de physique-chimie du collège Joseph Niel de Muret.
Questionnée par les plus âgés sur la place des femmes dans le domaine de l’aérospatial aujourd’hui, la locataire de l’ISS rassure et encourage les jeunes à se faire confiance pour atteindre les objectifs, de « croire en leur rêve ».
Après la visioconférence, l’enthousiasme est unanime. « Je suis très fier de lui avoir parlé, elle qui s’est entraînée pendant des années », affirme un jeune émerveillé. Pendant quelques minutes, l’espace semblait soudain beaucoup plus proche. Une rencontre qui laissera sans doute chez certains l’envie de regarder les étoiles autrement. Et peut-être, un jour, d’aller les tutoyer.