Les lunes du Système solaire

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Modifié le 21 juillet 2026

Les principales lunes du système solaire
Les principales lunes du système solaire © NASA/JPL/Gari Arrillaga/Ted Stryk/Gordan Ugarkovic/Emily Lakdawalla/ Jason Perry

Une seule Lune brille dans notre ciel nocturne, mais quelques 452 satellites naturels (connus en 2026) gravitent autour des planètes du Système solaire. Volcaniques, glacĂ©es, dĂ©sertiques, ou abritant des ocĂ©ans internes, ces mondes d’une incroyable diversitĂ© recèlent des indices clĂ©s pour comprendre notre système planĂ©taire et… l’origine de la vie dans l’Univers.

 

Une Lune, des lunes

La Lune de la Terre, celle visible Ă  l’œil nu depuis notre planète, est l’un des rares satellites du Système solaire interne. Parmi les planètes de cette zone situĂ©e entre le Soleil et Jupiter, hormis la Terre, seule Mars en possède Ă©galement, et mĂŞme deux : Phobos et Deimos. Mercure et VĂ©nus, elles, en sont dĂ©pourvues. Possiblement Ă  cause de la proximitĂ© du Soleil, dont l’attraction « arracherait » tout petit corps hors du champ gravitationnel de ces planètes les plus proches de notre astre.

Mais au-delĂ  de la ceinture d’astĂ©roĂŻdes, une foule d’objets orbitent autour des planètes gazeuses. Ă€ elle seule, Saturne totalise 293 lunes connues (en 2026) ! On dĂ©nombre ensuite 115 satellites observĂ©s autour de Jupiter (en 2026), dont les quatre grandes lunes joviennes Io, Europe, Ganymède et Callisto. Ces premières lunes dĂ©tectĂ©es en dehors du champ terrestre ont Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©es par l’astronome GalilĂ©e en 1610.

Depuis, les instruments astronomiques ne cessent d’évoluer et de nouveaux astres sont régulièrement découverts dans le Système solaire.

Qu’est-ce qu’une lune ?

On appelle « lune » tous les satellites naturels gravitant autour d’une planète, d’une planète naine, et mĂŞme d’un astĂ©roĂŻde. Notre Système solaire en abrite un grand nombre : quelque 452 lunes connues orbitent autour de ses huit planètes, et l’on estime qu’il existe au moins autant d’objets autour des astĂ©roĂŻdes y compris Pluton.

Quelques-unes des principales lunes du Système solaire
Quelques-unes des principales lunes du Système solaire. Les grandes planètes gazeuses sont celles qui comptent le plus de satellites. Probablement en raison de leur masse importante, source d’une forte attraction gravitationnelle © NASA

Comment se forment les lunes ?

Il n’existe pas de modèle unique pour expliquer la formation des lunes. On distingue toutefois deux grandes familles, et un scénario propre à notre satellite.

Les lunes rĂ©gulières 

Elles tournent dans le plan Ă©quatorial de leur planète parente et dans le mĂŞme sens de rotation qu’elle (on parle d’« orbite prograde »). La plupart de ces lunes sont considĂ©rĂ©es endogènes : elles se seraient formĂ©es en mĂŞme temps que leur planète, souvent Ă  partir d’un disque de dĂ©bris ou d’extension des anneaux comme pour Saturne.

Les lunes irrégulières

Ces objets peuvent ĂŞtre en orbite prograde, mais certains tournent parfois autour de leur planète Ă  contresens (on parle alors d’un mouvement rĂ©trograde). Souvent, ils sont inclinĂ©s par rapport Ă  l’équateur. Dans la plupart des cas documentĂ©s, il s’agit d’astĂ©roĂŻdes capturĂ©s. En frĂ´lant l’atmosphère de la planète, l’astĂ©roĂŻde dĂ©vie de sa trajectoire et se retrouve bloquĂ© dans la zone d’attraction de la planète autour de laquelle il se met en orbite. Le plus souvent, il se fragmente et seul un morceau de ses dĂ©bris est ainsi retenu. 

Les anneaux de Saturne, des nids Ă  lunes

Saturne s’enrichit sans cesse de nouvelles lunes. La cause ? Selon une thĂ©orie Ă©laborĂ©e par des astrophysiciens français d’après les donnĂ©es de la sonde Cassini, le mouvement des anneaux libère des petits grains qui s’écartent vers l’extĂ©rieur, franchissent la limite de Roche (distance en dessous de laquelle l’attraction gravitationnelle dĂ©forme un corps jusqu’à le disloquer) et finissent par s’agglomĂ©rer pour former une lune.

L’impact géant, le modèle de notre Lune

Le scĂ©nario de formation de notre Lune a longtemps Ă©tĂ© sujet Ă  dĂ©bat. Jusqu’à ce que l’analyse des Ă©chantillons de sol lunaire rapportĂ©s dans les annĂ©es 1970 par les missions Apollo rĂ©vèle une composition identique Ă  celle du manteau terrestre. Bingo ! Cela a confirmĂ© la thĂ©orie de l’impact gĂ©ant qui Ă©tait pourtant la plus controversĂ©e.

Notre Lune serait donc nĂ©e de la collision entre la Terre et un objet de la taille de Mars nommĂ© ThĂ©ia, il y a un peu plus de 4 milliards d’annĂ©es. Sous le choc, ThĂ©ia s’est enfoncĂ© dans le manteau terrestre et a Ă©jectĂ© des matĂ©riaux en fusion qui se sont mis en orbite de la Terre oĂą ils se sont agglomĂ©rĂ©s.

Ce mécanisme pourrait aussi expliquer la naissance de Phobos et Deimos, les deux lunes de Mars, ou encore celle des petites lunes de Pluton.

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Les lunes du Système solaire : une diversitĂ© de mondes

Glacées, volcaniques, rocheuses, sphériques ou patatoïde… Les lunes du Système solaire sont aussi différentes que nombreuses.

Des surfaces lunaires et des comportements intrigants

Ce sont les sondes américaines Voyager 1 et Voyager 2, lancées en 1977, qui ont révélé l’immense diversité des lunes du Système solaire. Voyager 2, première et unique sonde à survoler Uranus et Neptune après avoir observé Jupiter et Saturne, a découvert une trentaine de lunes autour de ces planètes, toutes plus surprenantes les unes que les autres.

Les lunes joviennes. De gauche à droite : Io, Europe, Ganymède, Callisto
Les lunes joviennes. De gauche à droite : Io, Europe, Ganymède, Callisto © NASA/JPL/DLR

Les lunes joviennes (autour de Jupiter) apparaissent très différentes. Io est volcanique. Europe est parcourue de lignes orange trahissant des craquelures dans la banquise de surface. Ganymède est aussi glacée, comme Callisto, mais cette dernière, elle, est très cratérisée.

Vue en croissant de Titan, la plus grande lune de Saturne
Titan, la plus grande lune de Saturne © NASA/JPL/Space Science Institute

Autour de Saturne, Titan possède une atmosphère très dense. Elle est si Ă©paisse – environ 1 200 kilomètres – que les astronomes l’ont longtemps confondue avec la surface de Titan. Aussi, ils surestimaient la taille de cet astre qui, avec ses 5 151 kilomètres de diamètre, est tout de mĂŞme la seconde plus grosse lune du Système solaire après Ganymède. Titan est par ailleurs, avec la Lune, le seul satellite du système solaire sur lequel s’est posĂ© un engin.

Japet, la lune blanche de Saturne
Japet, la lune blanche de Saturne © NASA/JPL

Japet, une autre grosse lune de Saturne, surprend par sa couleur : toute blanche, elle est tachĂ©e de noir sur la face prĂ©sentĂ©e Ă  sa planète. Ces salissures proviendraient d’un anneau voisin très fin, riche en poussière.

Triton, la plus grand lune de Neptune
Triton, la plus grande lune de Neptune © NASA/JPL

Triton, le plus gros satellite de Neptune et l’un des plus imposants du Système solaire, se démarque notamment par la présence de geysers gazeux à son pôle Sud. Un phénomène rare, observé uniquement sur Encelade et épisodiquement sur Europe.

Pluton et son satellite principal Charon (en arrière-plan)
Pluton et son satellite principal Charon © NASA/APL/SwRI

Autour de Pluton, outre Charon, son principal satellite (sur la photo), gravitent des petites lunes aux comportements excentriques. Certaines tournent par exemple à l’envers des autres astres

Des lunes sous influence gravitationnelle

Ces disparités s’expliquent en partie par la diversité des mécanismes de formation, mais également par les environnements gravitationnels et les évolutions de chacune de ces lunes.

Plus un objet est proche d’une planète, plus il subit son attraction. Celle-ci gĂ©nère un effet de marĂ©e qui provoque des mouvements Ă  l’intĂ©rieur de l’astre. Ainsi, Io, la plus volcanique des lunes du Système solaire est la plus active, car peu distante de Jupiter.

Toujours dans le système jupitĂ©rien, Io, Europe et Ganymède sont en rĂ©sonance orbitale. Elles sont synchronisĂ©es ensemble sur un rythme binaire : lorsque Ganymède fait un tour autour de Jupiter, Europe en rĂ©alise deux et Io quatre. Ce rythme stabilise et fige leurs positions orbitales. C’est pourquoi ces astres Ă©voluent peu.

Les forces de marĂ©e seraient aussi responsables de la prĂ©sence et du maintien d’un ocĂ©an liquide sous la croĂ»te glacĂ©e d’Encelade. Les frictions internes provoquĂ©es par cette force engendreraient en son sein une chaleur suffisante pour y conserver de l’eau Ă  l’état liquide depuis des milliards d’annĂ©es.

Archives du Système solaire

Au fil de l’exploration spatiale, nos connaissances des mécanismes à l’œuvre dans les systèmes lunaires s’affinent. De nombreuses questions restent toutefois en suspens. Or, comprendre la formation et l’évolution des lunes, c’est aussi mieux appréhender celles du Système solaire. C’est tout l’enjeu des missions spatiales vers ces satellites.

Déterminer les modes de formation et des mécanismes d’évolution

Phobos et Deimos, les lunes de Mars, sont-elles des astĂ©roĂŻdes capturĂ©s ou les dĂ©bris agglomĂ©rĂ©s d’un impact gĂ©ant sur la planète rouge ? Fin 2026, la mission japonaise Mars Moon Exploration (MMX) va tenter de trancher. Pour cela, un robot franco-allemand, Idefix, a pour mission d’atterrir sur Phobos pour en explorer la surface. La sonde MMX doit elle aussi se poser sur Phobos Ă  deux reprises afin d’y recueillir des Ă©chantillons qui seront rapportĂ©s ensuite sur Terre.

Vue d'artiste du rover IDEFIX® de la mission MMX sur la lune martienne Phobos
Embarqué à bord de la sonde MMX (JAXA 2026), le robot franco-allemand, Idefix a pour mission d’explorer la surface de Phobos © DLR (CC BY-NC-ND 3.0)

Phobos, la plus grosse des deux lunes martiennes, est condamnĂ©e : très proche de Mars, elle subit si fortement son attraction qu’elle s’en rapproche inexorablement au risque de s’y Ă©craser, Ă  moins qu’elle ne se dĂ©sintègre avant sous l’effet de force des marĂ©es. Un phĂ©nomène sous haute surveillance.

La sonde europĂ©enne JUICE, lancĂ©e en 2023 et attendue en orbite de Jupiter en 2031, s’intĂ©resse quant Ă  elle aux interactions entre Jupiter et ses lunes. Et plus particulièrement Ganymède autour de laquelle elle se mettra en orbite.

Sonder la géologie

Notre Lune elle-mĂŞme n’a pas encore livrĂ© tous ses secrets, en particulier concernant sa structure interne. La mission FSS (Far Side Seismic Suite, NASA-CNES) prĂ©voit d’installer un sismomètre sur la face cachĂ©e de notre satellite.

De son cĂ´tĂ©, Tianwen 4, une sonde chinoise programmĂ©e pour 2030, tentera de comprendre pourquoi certaines lunes comme Callisto possèdent une surface ancienne et cratĂ©risĂ©e, alors que celles de ses voisines Europe et Ganymède semblent jeunes et actives.

Et si la vie extraterrestre se cachait dans les lunes ?

Le poisson lune est bien terrestre et ne doit son appellation qu’à sa forme toute ronde. Mais l’analyse des potentiels réservoirs d’eau extraterrestre reste l’un des objectifs phares de l’exploration spatiale, car elle est synonyme de vie possible.

Les « mondes océans » que constituent les trois lunes glacées de Jupiter (Europa, Callisto et Ganymède) mais aussi Encelade et Titan pour Saturne, sont de très bonnes candidates.

La sonde amĂ©ricaine Europa Clipper, lancĂ©e en 2024, approchera sa cible en 2030. Elle Ă©tudiera alors la composition et l’épaisseur de la surface glacĂ©e d’Europe et cherchera Ă  confirmer les observations de la sonde Galileo (NASA, 1989-2003) prĂ©sumant la prĂ©sence d’un ocĂ©an interne.

Les lunes glacées du Système solaire
Les lunes glacées du Système solaire © NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute/University of Arizona/DLR

La sonde JUICE (ESA, 2023) s’intéressera elle aussi aux caractéristiques physiques et chimiques d’Europe, mais elle scrutera plus particulièrement Ganymède pour localiser et quantifier les réserves d’eau et analyser leur composition chimique, afin d’évaluer si elles peuvent potentiellement abriter la vie.

L’agence spatiale europĂ©enne vise le mĂŞme but sur Encelade Ă  l’horizon 2050. Son ambition est de poser une sonde Ă  proximitĂ© des pĂ´les pour examiner directement les matĂ©riaux Ă©jectĂ©s de l’ocĂ©an interne.

Des panaches de vapeur d’eau s’échappent du pôle Sud d’Encelade
Des panaches de vapeur d’eau s’échappent du pôle Sud d’Encelade. Le signe d’un monde habitable ? © ESA/Bureau des science

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