Cospas-Sarsat : quand le satellite sauve des vies

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Modifié le 03 décembre 2025

Photographie d'un chalutier
© Getty Images

Depuis plus de 40 ans, le programme Cospas-Sarsat a permis de sauver plus de 60 000 vies. À bord d’un bateau, d’un avion ou en trek, quand les utilisateurs déclenchent leur balise, les satellites Cospas-Sarsat captent le signal et localisent la balise. En quelques minutes, les secours sont informés.

Des balises pour les bateaux, les avions ou les randonneurs

Bateaux, avions ou encore randonneurs : nombre d’usagers sont Ă©quipĂ©s. Les balises sont obligatoires Ă  bord des avions de ligne et des navires professionnels, ainsi que des navires de plaisance navigant Ă  60 nautiques et plus d’un abri. Plus de 60 000  personnes ont Ă©tĂ© secourues Ă  travers le monde depuis la mise en service du système ! En 2022, près de 70% des personnes secourues se situaient en mer.

Il existe 3 catégories de balises : celles dédiées à un usage aérien, maritime et personnel
Il existe 3 catégories de balises : celles dédiées à un usage aérien, maritime et personnel © CNES/DE PRADA Thierry, 2021

Depuis le signal d’urgence jusqu’à l’arrivĂ©e des secours, c’est une vĂ©ritable chaine de transmission qui se met en place :

  1. L’utilisateur en détresse active sa balise. Elle émet un signal radio sur la fréquence 406 MHz contenant l’identité de la balise.
  2. Les satellites de la constellation Cospas-Sarsat captent le signal. Ils le transmettent à une ou plusieurs stations de réception au sol.
  3. Celle-ci calcule la position de la balise et envoie les données d’alerte à son centre de contrôle de mission associé.
  4. Le centre vérifie l’alerte et transmet, le cas échéant, les informations au centre de recherche et sauvetage compétent.
  5. Ce dernier dépêche les équipes de secours sur place.
Le système Cospas-Sarsat repose sur la transmission par satellite du signal de détresse à des stations terrestres, jusqu’à l’envoi d’équipes de secours
Le système Cospas-Sarsat repose sur la transmission par satellite du signal de détresse à des stations terrestres, jusqu’à l’envoi d’équipes de secours © Domaine public

Un exemple : le sauvetage du LAOSK LAVAR

En 2024, dans la Manche, le « LAOSK LAVAR », battant pavillon français, subit une avarie en pleine mer. Grâce Ă  la coopĂ©ration efficace et rapide de plusieurs navires et services, le « HYPHOS » aperçoit les 2 pĂŞcheurs rescapĂ©s, sur leur radeau de survie. Ils sont pris en charge et ramenĂ©s sur la terre ferme, sains et saufs. Saviez-vous que les 2 marins en question doivent leur survie aux satellites ?

Pour envoyer l’alerte, les marins ont utilisĂ© une balise Cospas-Sarsat. Le signal de dĂ©tresse a Ă©tĂ© reçu par les satellites et la balise gĂ©olocalisĂ©e. 3 minutes plus tard, ces informations ont Ă©tĂ© transmises au centre de contrĂ´le français de la mission… et les secours alertĂ©s. Le programme international Cospas-Sarsat a pour but de localiser les personnes en dĂ©tresse et transmettre les informations aux services de secours compĂ©tents. Le système est opĂ©rationnel 24h/24 et gratuit partout sur le globe. 

Une panoplie d’équipements

Le système est composĂ© d’une large panoplie d’équipements. Fin 2024, le segment spatial comporte :

  • 4 satellites en orbite terrestre basse (LEOSAR, Ă  environ 850 km)
  • 47 satellites en orbite terrestre moyenne (MEOSAR, entre environ 19 000 et 23 000 km)
  • 12 satellites en orbite gĂ©ostationnaire (GEOSAR, Ă  environ 36 000 km)


Ă€ terre, le segment sol est constituĂ© de 80 stations de rĂ©ception (baptisĂ©es LUT) et 32 centres de contrĂ´le de mission (dits MCC) rĂ©partis Ă  travers le monde. 

Les 3 catégories de satellites du système Cospas-Sarsat
Les 3 catégories de satellites du système Cospas-Sarsat © Cospas-Sarsat

Et en France ? Le centre de mission est hĂ©bergĂ© au CNES de Toulouse, c'est le FMCC (French Mission Control Centre). On y trouve Ă©galement 4 stations de rĂ©ception. Nous jouons un rĂ´le important dans le programme Ă  travers les moyens techniques du FMCC qui collecte, traite, distribue les alertes et coordonne l’action opĂ©rationnelle de 6 autres centres (Chypre, Grèce, Italie, Norvège, Royaume-Uni et Turquie).

Comment la balise est-elle géolocalisée ?

Le système Cospas-Sarsat calcule la position des balises de dĂ©tresse grâce Ă  l’effet Doppler. Connaissez-vous ce phĂ©nomène physique ? Lorsqu’une onde est Ă©mise, sa frĂ©quence semble modifiĂ©e lorsque la distance entre l’émetteur et le rĂ©cepteur varie au cours du temps. Peut-ĂŞtre sans le savoir, vous avez dĂ©jĂ  expĂ©rimentĂ© l’effet Doppler : c’est ce qui explique le changement de son (l’onde sonore) lorsque la sirène d’une ambulance s’approche et s’éloigne ! De la mĂŞme façon, le satellite survole la balise : il capte l’onde radio et exploite l’effet Doppler pour calculer la distance Ă  la balise. Comme la position du satellite est connue, il est possible de dĂ©terminer la localisation de la balise.

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Chronologie

  • 1979

    Les agences spatiales française, canadienne, américaine et russe créent le programme Cospas-Sarsat.

  • 1982

    Au Canada, un avion accidenté est retrouvé et 3 personnes sont secourues. Alors que le programme est encore en phase expérimentale, c’est le premier succès pour Cospas-Sarsat.

  • 1993

    L’Organisation maritime internationale rend obligatoire l’équipement des navires maritimes. Cela marque le début d’un développement important du système.

  • 1995

    Suite au crash d’un avion en Alsace en 1992, une obligation réglementaire impose l’emporte de balises Cospas-Sarsat aux avions.

Géolocalisation instantanée et accusé de réception

Aujourd’hui, plus de 40 ans après sa mise en service, le système a Ă©tĂ© amĂ©liorĂ©. La constellation Cospas-Sarsat est passĂ©e de 15 Ă  63 satellites ! Pourtant, aucun satellite n’a Ă©tĂ© lancĂ© spĂ©cifiquement pour la mission… Le secret ? Utiliser les satellites de gĂ©olocalisation. Plusieurs existent : l’europĂ©en Galileo, l’amĂ©ricain GPS et le russe Glonass. Dans certains de ces satellites en orbite moyenne (entre 19 000 et 23 000 km), une charge utile de recherche et sauvetage a Ă©tĂ© embarquĂ©e. Elle est en quelque sorte un dĂ©codeur : elle rend les satellites compatibles avec les balises Cospas-Sarsat.

Grâce au programme SAR Galileo de la Commission europĂ©enne et opĂ©rĂ© par le CNES, tous les satellites Galileo en sont Ă©quipĂ©s. 26 stations terriennes de rĂ©ception dĂ©diĂ©es complètent le segment sol. RĂ©sultat : depuis 2016, la localisation des balises est presque immĂ©diate (contre 4h maximum auparavant), la Terre entière est couverte et la balise est gĂ©olocalisĂ©e au km près !

Cette nouvelle gĂ©nĂ©ration de satellites – baptisĂ©s MEOSAR – offre une fonctionnalitĂ© inĂ©dite. Auparavant, lorsque l’utilisateur activait sa balise, il ne se passait rien. Il fallait juste espĂ©rer que la balise fonctionne et attendre… Grâce Ă  nos Ă©quipes qui travaillent sur le projet Return Link depuis 2017, un signal visuel s’allume dĂ©sormais sur la balise pour indiquer que l’activation a bien Ă©tĂ© reçue ! 

Nous avons Ă©galement mis en place depuis janvier 2023 le service d’activation Ă  distance, appelĂ© Remote beacon activation. En utilisant le lien retour des satellites Galileo, il est alors possible d’activer Ă  distance la balise Ă  bord d’un avion ! Une petite rĂ©volution : cette fonctionnalitĂ© permettra de localiser un avion disparu, comme lors de la catastrophe du vol Malaysia Airlines MH370 en 2014. Aucun doute : Cospas-Sarsat est un alliĂ© incontournable pour les services de secours du monde entier.
 

À Terre, les antennes des stations de réception (dont celle du centre français, au CNES de Toulouse) reçoivent et transmettent les informations collectées par les satellites Cospas-Sarsat
À Terre, les antennes des stations de réception (dont celle du centre français, au CNES de Toulouse) reçoivent et transmettent les informations collectées par les satellites Cospas-Sarsat © CNES/DE PRADA Thierry, 2021

Cospas-Sarsat en chiffres

  • 3 000

    personnes secourues chaque année dans le monde

  • 3,1 millions

    de balises dans le monde (dont 94 000 en France)

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