ImaginĂ© par lâUnion europĂ©enne au dĂ©but des annĂ©es 2000, Galileo Ă©quipe dĂ©sormais de nombreux objets du quotidien. Ce service mondial de positionnement repose sur 30 satellites. Contrairement au GPS, son homologue amĂ©ricain opĂ©rĂ© par les militaires, Galileo fournit des services civils et gouvernementaux. Il offre la meilleure prĂ©cision Ă ce jour.
Galileo déjà présent dans des milliards de téléphones
Ils sont loin, trĂšs loin (Ă plus de 23 000 km de nous), mais pourtant indispensables⊠Les satellites Galileo ! Galileo, un ensemble de satellites synchronisĂ©s, fournit un service mondial de positionnement : en clair, câest le GPS europĂ©en. Au total, 30 satellites Galileo tournent en orbite autour de notre planĂšte :
- 24 satellites sont utilisĂ©s et placĂ©s sur des emplacements nominaux, câest-Ă -dire conformes aux spĂ©cifications de performance
- 6 sont des satellites de rechange opérationnels placés entre les satellites nominaux
Cela permet dâassurer Ă chaque utilisateur Ă travers le monde de capter en permanence les signaux provenant dâau moins 4 satellites, un prĂ©requis indispensable au fonctionnement du systĂšme.
Nombre dâentre nous utilisons (peut-ĂȘtre mĂȘme sans le savoir) le systĂšme Galileo pour nous gĂ©olocaliser. Des milliards de smartphones compatibles avec Galileo ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© vendus. Transport routier, maritime, fluvial, ferroviaire, aĂ©rien, Internet des objets, agriculture de prĂ©cision, services de secours, synchronisation des rĂ©seaux informatiques et bancaires ou encore lancement de satellites : le GPS europĂ©en fournit des services pour de nombreuses situations de la vie quotidienne.
Garantir lâindĂ©pendance europĂ©enne
Galileo nâest pas le seul systĂšme mondial de positionnement par satellite (aussi appelĂ© GNSS pour Global Navigation Satellite System) existant. On trouve le systĂšme russe GLONASS, le chinois Beidou et bien sĂ»r lâamĂ©ricain GPS, le premier systĂšme GNSS opĂ©rationnel depuis 1994.
Alors pourquoi avoir créé un systĂšme europĂ©en ? Tout simplement pour fournir Ă lâEurope un service indĂ©pendant et souverain. Imaginez que les Ătats-Unis dĂ©cident de couper lâaccĂšs Ă leurs satellites GPS en dehors de lâAmĂ©rique du Nord⊠Câest la catastrophe assurĂ©e ! Dâautant plus quâavant 2000, le systĂšme GPS â dâorigine militaire â proposait un service public volontairement dĂ©gradĂ© et moins prĂ©cis.
LâEurope a constatĂ© que lâon ne pouvait pas dĂ©pendre dâun systĂšme de navigation amĂ©ricain, russe ou chinois. Il fallait disposer de notre propre capacitĂ©, en sâaffranchissant des alĂ©as gĂ©opolitiques. Galileo rĂ©pond donc dĂšs ses dĂ©buts Ă un objectif de souverainetĂ© europĂ©enne.
- Responsable du programme navigation au CNES
En tant quâacteur de premier plan, le CNES a fortement participĂ© aux phases prĂ©paratoires ainsi quâĂ la dĂ©finition des signaux radio utilisĂ©s au dĂ©but du programme europĂ©en dans les annĂ©es 2000, puis avec les opĂ©rations de lancement des satellites depuis le Centre spatial guyanais. DĂ©sormais, nous participons Ă lâĂ©valuation des performances de Galileo et nous opĂ©rons les moyens Galileo de dĂ©tection mondiale dâalertes pour la recherche et le sauvetage.
Chronologie
-
Début des années 2000
LâUnion europĂ©enne dĂ©cide de crĂ©er un systĂšme GNSS europĂ©en.
-
21 octobre 2011Â
Les deux premiers satellites Galileo sont placés en orbite.
-
Mars 2013
Le premier calcul dâune position gĂ©ographique dĂ©montre la rĂ©alitĂ© de la solution europĂ©enne.
-
DĂ©cembre 2016Â
Les services initiaux de Galileo démarrent avec 15 satellites opérationnels, et le premier smartphone compatible Galileo est mis sur le marché.
-
Novembre 2021
La Commission europĂ©enne acte lâindĂ©pendance de lâEurope en matiĂšre de positionnement, navigation et synchronisation spatiale.
-
2024-2025
La constellation est achevée et le service utilisé par le grand public est déclaré pleinement opérationnel. La capacité initiale du service PRS (Galileo Public Regulated Service) est prononcée : il offre un service de navigation crypté aux utilisateurs gouvernementaux autorisés.
Une myriade dâapplications spatiales et scientifiques
Galileo offre plus que lâindĂ©pendance Ă lâEurope. Contrairement aux 3 autres systĂšmes existants, le parti est pris dĂšs le dĂ©but de crĂ©er des services performants pour les besoins civils et pas seulement militaires. RĂ©sultat :
- Galileo fournit le positionnement civil et gratuit le plus précis, à 1 m prÚs.
- Le systĂšme est interopĂ©rable, câest-Ă -dire que les utilisateurs peuvent utiliser les signaux GPS et Galileo Ă lâaide dâun unique rĂ©cepteur pour se gĂ©olocaliser.
- Galileo fournit des services inĂ©dits : positionnement prĂ©cis Ă 20 cm pour les usages professionnels, services dâauthentification pour Ă©viter le leurrage et envoi de messages vers les balises de dĂ©tresse Cospas-Sarsat.
Mais Galileo ne sert pas uniquement à nous orienter en randonnée ou en voiture ! Les nombreux atouts du systÚme de géolocalisation européen ont rapidement attisé la curiosité des scientifiques.
En premier lieu, les gĂ©ologues. Les scientifiques du monde entier installent des rĂ©cepteurs GNSS : comme nos smartphones, ces derniers captent les signaux des satellites GPS et Galileo. Ils peuvent calculer leur position de façon ultra-prĂ©cise. LâintĂ©rĂȘt ? Mesurer la dĂ©formation de la croĂ»te terrestre (les premiers km) avec une prĂ©cision millimĂ©trique. Pas une faille sismique active ou un volcan nâĂ©chappe dĂ©sormais Ă la surveillance des GNSS. Il ne reste ensuite aux gĂ©ologues quâĂ interprĂ©ter ces mouvements. Un volcan sâapprĂȘte-t-il Ă entrer en Ă©ruption ? Une faille sismique est-elle en mesure de gĂ©nĂ©rer des sĂ©ismes dĂ©vastateurs ?
Autre application scientifique : la mĂ©tĂ©o. Les ondes radio envoyĂ©es par les satellites Galileo vers la Terre sont lĂ©gĂšrement sensibles Ă la pression, la tempĂ©rature et lâhumiditĂ© des couches de lâatmosphĂšre quâelles traversent⊠Une aubaine pour les mĂ©tĂ©orologues, qui souhaitent prĂ©cisĂ©ment connaitre ces paramĂštres dans lâatmosphĂšre. DiffĂ©rentes mĂ©thodes de mesure ont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©es, certaines pourraient par exemple permettre de mieux anticiper des Ă©vĂšnements extrĂȘmes comme les Ă©pisodes cĂ©venols.
Haute précision et lutte contre le leurrage
Ă lâavenir, la constellation Galileo fournira un service de haute prĂ©cision plus efficace sur lâEurope, une authentification des signaux encore plus robuste pour lutter contre les tentatives de leurrage et la transmission de messages dâalerte directement aux populations en cas de crise.
Jean MarĂ©chal ajoute :âŻÂ« Les satellites de deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration, en cours de dĂ©veloppement, seront quant Ă eux programmables Ă la demande. Il sera possible de les reconfigurer pour crĂ©er de nouveaux services au plus prĂšs des besoins de demain ». GrĂące Ă ces avancĂ©es, Galileo pourrait jouer un rĂŽle dĂ©terminant dans les innovations technologiques des prochaines dĂ©cennies.
Galileo en chiffres
-
1 m
précision de la géolocalisation
-
23 222 km
positionnement des satellites autour de la Terre
Quizz
DâoĂč vient le nom du service de localisation europĂ©en ?