Galileo, le GPS européen

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Modifié le 03 décembre 2025

Constellation Galileo
Constellation Galileo © ESA-J. Huart

ImaginĂ© par l’Union europĂ©enne au dĂ©but des annĂ©es 2000, Galileo Ă©quipe dĂ©sormais de nombreux objets du quotidien. Ce service mondial de positionnement repose sur 30 satellites. Contrairement au GPS, son homologue amĂ©ricain opĂ©rĂ© par les militaires, Galileo fournit des services civils et gouvernementaux. Il offre la meilleure prĂ©cision Ă  ce jour.

Galileo déjà présent dans des milliards de téléphones

Ils sont loin, trĂšs loin (Ă  plus de 23 000 km de nous), mais pourtant indispensables
 Les satellites Galileo ! Galileo, un ensemble de satellites synchronisĂ©s, fournit un service mondial de positionnement : en clair, c’est le GPS europĂ©en. Au total, 30 satellites Galileo tournent en orbite autour de notre planĂšte : 

  • 24 satellites sont utilisĂ©s et placĂ©s sur des emplacements nominaux, c’est-Ă -dire conformes aux spĂ©cifications de performance
  • 6 sont des satellites de rechange opĂ©rationnels placĂ©s entre les satellites nominaux


Cela permet d’assurer Ă  chaque utilisateur Ă  travers le monde de capter en permanence les signaux provenant d’au moins 4 satellites, un prĂ©requis indispensable au fonctionnement du systĂšme. 

Nombre d’entre nous utilisons (peut-ĂȘtre mĂȘme sans le savoir) le systĂšme Galileo pour nous gĂ©olocaliser. Des milliards de smartphones compatibles avec Galileo ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© vendus. Transport routier, maritime, fluvial, ferroviaire, aĂ©rien, Internet des objets, agriculture de prĂ©cision, services de secours, synchronisation des rĂ©seaux informatiques et bancaires ou encore lancement de satellites : le GPS europĂ©en fournit des services pour de nombreuses situations de la vie quotidienne. 

Vue d'artiste d'un satellite Galileo
Vue d'artiste d'un satellite Galileo © ESA-P. Carril

Garantir l’indĂ©pendance europĂ©enne

Galileo n’est pas le seul systĂšme mondial de positionnement par satellite (aussi appelĂ© GNSS pour Global Navigation Satellite System) existant. On trouve le systĂšme russe GLONASS, le chinois Beidou et bien sĂ»r l’amĂ©ricain GPS, le premier systĂšme GNSS opĂ©rationnel depuis 1994.

Alors pourquoi avoir créé un systĂšme europĂ©en ? Tout simplement pour fournir Ă  l’Europe un service indĂ©pendant et souverain. Imaginez que les États-Unis dĂ©cident de couper l’accĂšs Ă  leurs satellites GPS en dehors de l’AmĂ©rique du Nord
 C’est la catastrophe assurĂ©e ! D’autant plus qu’avant 2000, le systĂšme GPS – d’origine militaire – proposait un service public volontairement dĂ©gradĂ© et moins prĂ©cis.

L’Europe a constatĂ© que l’on ne pouvait pas dĂ©pendre d’un systĂšme de navigation amĂ©ricain, russe ou chinois. Il fallait disposer de notre propre capacitĂ©, en s’affranchissant des alĂ©as gĂ©opolitiques. Galileo rĂ©pond donc dĂšs ses dĂ©buts Ă  un objectif de souverainetĂ© europĂ©enne.

Jean Maréchal

  • Responsable du programme navigation au CNES

En tant qu’acteur de premier plan, le CNES a fortement participĂ© aux phases prĂ©paratoires ainsi qu’à la dĂ©finition des signaux radio utilisĂ©s au dĂ©but du programme europĂ©en dans les annĂ©es 2000, puis avec les opĂ©rations de lancement des satellites depuis le Centre spatial guyanais. DĂ©sormais, nous participons Ă  l’évaluation des performances de Galileo et nous opĂ©rons les moyens Galileo de dĂ©tection mondiale d’alertes pour la recherche et le sauvetage. 

Lancement de 4 satellites Galileo par notre fusée Ariane 5 en 2016 au Centre spatial guyanais
Lancement de 4 satellites Galileo par notre fusée Ariane 5 en 2016 au Centre spatial guyanais © CNES/ESA/Arianespace/Optique Vidéo CSG, 2016

Chronologie

  • DĂ©but des annĂ©es 2000

    L’Union europĂ©enne dĂ©cide de crĂ©er un systĂšme GNSS europĂ©en.

  • 21 octobre 2011 

    Les deux premiers satellites Galileo sont placés en orbite.

  • Mars 2013

    Le premier calcul d’une position gĂ©ographique dĂ©montre la rĂ©alitĂ© de la solution europĂ©enne.

  • DĂ©cembre 2016 

    Les services initiaux de Galileo démarrent avec 15 satellites opérationnels, et le premier smartphone compatible Galileo est mis sur le marché.

  • Novembre 2021

    La Commission europĂ©enne acte l’indĂ©pendance de l’Europe en matiĂšre de positionnement, navigation et synchronisation spatiale.

  • 2024-2025

    La constellation est achevée et le service utilisé par le grand public est déclaré pleinement opérationnel. La capacité initiale du service PRS (Galileo Public Regulated Service) est prononcée : il offre un service de navigation crypté aux utilisateurs gouvernementaux autorisés.

Une myriade d’applications spatiales et scientifiques

Galileo offre plus que l’indĂ©pendance Ă  l’Europe. Contrairement aux 3 autres systĂšmes existants, le parti est pris dĂšs le dĂ©but de crĂ©er des services performants pour les besoins civils et pas seulement militaires. RĂ©sultat :

  • Galileo fournit le positionnement civil et gratuit le plus prĂ©cis, Ă  1 m prĂšs.
  • Le systĂšme est interopĂ©rable, c’est-Ă -dire que les utilisateurs peuvent utiliser les signaux GPS et Galileo Ă  l’aide d’un unique rĂ©cepteur pour se gĂ©olocaliser.
  • Galileo fournit des services inĂ©dits : positionnement prĂ©cis Ă  20 cm pour les usages professionnels, services d’authentification pour Ă©viter le leurrage et envoi de messages vers les balises de dĂ©tresse Cospas-Sarsat.

Comment fonctionne Galileo ?

Deux informations sont cruciales pour un systĂšme de localisation par satellite : 

  • La distance entre le satellite et le rĂ©cepteur (notre tĂ©lĂ©phone par exemple). Chaque satellite Galileo envoie un signal radio vers la Terre. Il contient une donnĂ©e capitale : l’heure Ă  laquelle il a Ă©tĂ© Ă©mis. Sur Terre, nos tĂ©lĂ©phones captent et dĂ©codent ce signal, et en dĂ©duisent le temps mis par le signal pour venir du satellite. Comme la vitesse de dĂ©placement du signal est connue (la vitesse de la lumiĂšre), ils calculent la distance entre le tĂ©lĂ©phone et le satellite.
  • La position des satellites. Elle est dĂ©terminĂ©e par un centre de contrĂŽle sur Terre, qui calcule l’orbite prĂ©cise de chaque satellite Galileo. Chaque satellite transmet en permanence sa position aux utilisateurs sur Terre.


Le secret pour dĂ©terminer la position gĂ©ographique ? Recevoir simultanĂ©ment les signaux d’au moins 4 satellites diffĂ©rents et bien rĂ©partis dans le ciel. En appliquant quelques Ă©quations mathĂ©matiques (on appelle cette technique la trilatĂ©ration), le rĂ©cepteur calcule sa position gĂ©ographique prĂ©cise sur Terre.

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Mais Galileo ne sert pas uniquement Ă  nous orienter en randonnĂ©e ou en voiture ! Les nombreux atouts du systĂšme de gĂ©olocalisation europĂ©en ont rapidement attisĂ© la curiositĂ© des scientifiques.

En premier lieu, les gĂ©ologues. Les scientifiques du monde entier installent des rĂ©cepteurs GNSS : comme nos smartphones, ces derniers captent les signaux des satellites GPS et Galileo. Ils peuvent calculer leur position de façon ultra-prĂ©cise. L’intĂ©rĂȘt ? Mesurer la dĂ©formation de la croĂ»te terrestre (les premiers km) avec une prĂ©cision millimĂ©trique. Pas une faille sismique active ou un volcan n’échappe dĂ©sormais Ă  la surveillance des GNSS. Il ne reste ensuite aux gĂ©ologues qu’à interprĂ©ter ces mouvements. Un volcan s’apprĂȘte-t-il Ă  entrer en Ă©ruption ? Une faille sismique est-elle en mesure de gĂ©nĂ©rer des sĂ©ismes dĂ©vastateurs ?

Autre application scientifique : la mĂ©tĂ©o. Les ondes radio envoyĂ©es par les satellites Galileo vers la Terre sont lĂ©gĂšrement sensibles Ă  la pression, la tempĂ©rature et l’humiditĂ© des couches de l’atmosphĂšre qu’elles traversent
 Une aubaine pour les mĂ©tĂ©orologues, qui souhaitent prĂ©cisĂ©ment connaitre ces paramĂštres dans l’atmosphĂšre. DiffĂ©rentes mĂ©thodes de mesure ont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©es, certaines pourraient par exemple permettre de mieux anticiper des Ă©vĂšnements extrĂȘmes comme les Ă©pisodes cĂ©venols.

Haute précision et lutte contre le leurrage

À l’avenir, la constellation Galileo fournira un service de haute prĂ©cision plus efficace sur l’Europe, une authentification des signaux encore plus robuste pour lutter contre les tentatives de leurrage et la transmission de messages d’alerte directement aux populations en cas de crise.

Jean MarĂ©chal ajoute : « Les satellites de deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration, en cours de dĂ©veloppement, seront quant Ă  eux programmables Ă  la demande. Il sera possible de les reconfigurer pour crĂ©er de nouveaux services au plus prĂšs des besoins de demain ». GrĂące Ă  ces avancĂ©es, Galileo pourrait jouer un rĂŽle dĂ©terminant dans les innovations technologiques des prochaines dĂ©cennies.

Galileo en chiffres

  • 1 m

    précision de la géolocalisation

  • 23 222 km

    positionnement des satellites autour de la Terre

Quizz

D’oĂč vient le nom du service de localisation europĂ©en ?

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