Publié le 18 janvier 2026

Série OVNI(s) : 5 choses à savoir sur le GEIPAN (qui existe pour de vrai)

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Basé à Toulouse et rattaché à l’agence spatiale française, le GEIPAN est bien réel.

Les quatre acteurs principaux de la série OVNI(s) de Canal+
© Canal+

Vous êtes fan de la série OVNI(s) sur Canal+ ? Nous aussi.

Cette fiction met en scène un bureau d’enquête un peu déjanté, inspiré d’un véritable service au CNES : le GEIPAN. Les créateurs de la série ont même visité le « vrai » GEIPAN pour s’imprégner des lieux et mieux comprendre ses activités.

Voici 5 choses à savoir sur le GEIPAN pour démêler le vrai du faux dans la série.

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1. Le GEIPAN existe vraiment (et c’est très sérieux)

Comme dans la série OVNI(s), le Groupe d’études et d’informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés (GEIPAN) est un service créé par le CNES en 1977. Sa mission ? Collecter, analyser et archiver les témoignages d’observations étranges dans le ciel. Le GEIPAN enquête sur une centaine de cas chaque année.

Dans les années 60 et 70, la gendarmerie ou d’autres institutions publiques recevaient parfois des signalements d’objets dans le ciel. Le GEIPAN a alors été créé afin de centraliser les informations et apporter une réponse scientifique sur le sujet.

GEPAN ou GEIPAN

Pour la petite histoire, le GEIPAN a changé plusieurs fois de noms au cours de son existence : GEPAN en 1977 (l’acronyme utilisé dans la série), SEPRA à partir de 1988 (pour Service d'expertise des phénomènes de rentrée atmosphérique) et enfin GEIPAN depuis 2005.

2. OVNI, UFO ou PAN ?

Dans le langage courant et dans la série, on parle d’OVNI (Objets Volants Non Identifiés) pour qualifier ces phénomènes étrangers. Ce terme est la traduction littérale du terme anglais UFO (Unidentifed Flying Object).

Mais ce concept est parfois un peu trop réducteur : les phénomènes décrits ne sont pas forcément des « objets volants ». Lorsqu’on regarde la diversité des témoignages reçus au GEIPAN, ces phénomènes peuvent prendre plusieurs formes : lueurs, bruits, trajectoires inhabituelles… On est loin du fantasme des soucoupes volantes !

C’est pourquoi, au GEIPAN et dans la communauté scientifique, on préfère plutôt parler de PAN (Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés). Ce terme est mieux adapté et plus neutre pour décrire la diversité des phénomènes rencontrés.

Croquis de témoins parvenus au Geipan
Un exemple de croquis issus des archives du GEIPAN © CNES, 1970
Croquis de témoins parvenus au Geipan
Un deuxième dessin haut en couleur ! © CNES, 1970

3. Des explications rationnelles et scientifiques

Si vous cherchez un article sur les extraterrestres, vous n’êtes pas au bon endroit : dans l’immense majorité des cas, les PAN ont des explications parfaitement normales.

Pour mieux comprendre, le GEIPAN classe les PAN en 4 catégories :

Catégorie A Phénomène parfaitement identifié après enquête
Catégorie B Phénomène probablement identifié après enquête
Catégorie C Phénomène non identifié par manque de données ou d’information (ou inexploitables)
Catégorie D Phénomène non identifié après enquête

Sur un peu plus de 3 200 cas recensés fin 2025, la catégorie D – phénomènes non expliqués après enquête – ne représente que 3% des cas ! Les catégories A et B comptent pour 66% et la catégorie C pour 31%.

La majorité des témoignages décrivent donc des phénomènes courants, mais mal interprétés. Voici des exemples fréquents :

  • La rentrée dans l’atmosphère de débris spatiaux (satellites, fusées) produisant des traînées lumineuses.
  • La station spatiale internationale (ISS) ou des satellites, dont l’éclat varie selon leur orientation au Soleil.
  • Des lanternes thaïlandaises, souvent lancées en groupe dans le ciel.
  • Des phénomènes optiques comme le spectre de Brocken (lorsque l’ombre d’un objet est agrandie dans la brume).
  • Des reflets : les photographies prises à travers une fenêtre ou de nuit peuvent déformer des objets ou ajouter des halos lumineux.
  • Des phénomènes météorologiques telles que la brume ou les aurores boréales.
  • Et bien d’autres exemples détaillés sur le site du GEIPAN.


Les enquêtes révèlent toute la complexité du témoignage humain. Les témoins sont bel et bien sincères, mais les erreurs d’interprétation et les émotions (pensant avoir vécu un événement extraordinaire) peuvent amplifier les phénomènes perçus.

Traînée lumineuse lors de la rentrée atmosphérique du cargo ATV Jules Vernes
Une soucoupe volante ? Non, des débris spatiaux générés suite à la rentrée atmosphérique de l’ATV Jules Verne (un cargo spatial chargé de ravitailler l’ISS) © ESA, 2008

4. Une petite équipe… et une grande communauté d’experts

À l’image de la série OVNI(s), le GEIPAN est une petite structure composée de trois personnes et basée au CNES à Toulouse. Mais loin d’être isolé, le service travaille en étroite collaboration avec un vaste réseau de partenaires.

« Le service s’appuie sur une quinzaine d’enquêteurs bénévoles, issus de la population, qui se sont portés candidats pour cette activité. Ils ont été formés à la méthodologie d’enquête GEIPAN et disposent d’outils spécifiques pour mener leurs enquêtes à distance et/ou sur le terrain », explique Frédéric Courtade, responsable du GEIPAN depuis 2024.

Le GEIPAN travaille également avec des partenaires institutionnels : Gendarmerie, Armée de l’Air et de l’Espace, Direction générale de l’aviation civile, Météo France, CNRS… Cela permet de croiser les données (météorologiques, aérospatiales, astronomiques) avec les témoignages pour tenter de les comprendre et d’identifier les phénomènes.

Frédéric Courtade

  • Responsable du GEIPAN

5. Des données publiques accessibles à tous

Un dernier point qui n’est pas évoqué dans la série : la transparence du GEIPAN. En effet, l’organisme publie en ligne l’intégralité de ses enquêtes. Plus de 3 200 cas sont répertoriés et accessibles gratuitement ! Chaque enquête est anonymisée, accompagnée du témoignage, d’une synthèse et parfois des photos, films ou croquis fournis par les témoins.

Cette base s’enrichit avec près de 50 ans d’enquêtes sur les PAN, ce qui en fait l’une des plus complètes au monde. Elle permet aux curieux d’explorer les cas les plus mystérieux… et aux chercheurs de disposer d’un corpus fiable pour étudier la manière dont les gens observent (et interprètent) ce qui se passe dans le ciel. Une démarche unique qui illustre le rôle du GEIPAN pour informer le public avec rigueur et transparence.

 

Bref, la réalité du GEIPAN est un peu moins spectaculaire que la série : pas de flamant rose, pas d’extraterrestres et pas de projets militaires classés secret défense. Mais c’est aussi pour ce petit grain de folie qu’on aime la série OVNI(s) de Canal+ !

En vidéo : dans les coulisses du GEIPAN

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