La terre Adélie et la station française Dumont d’Urville

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Présentation de l'image

La terre Adélie est une région de l’Antarctique de l’Est, faisant approximativement face à la Tasmanie australienne qui se trouve à 2700 kilomètres. La terre Adélie est la région revendiquée par l’état français qui a confié son administration aux Terres australes et antarctiques françaises (TAAF). Elle représente une aire de 432 000 km2 délimitée par le pôle Sud géographique et les 136ème et 142ème méridiens.

C’est au large du continent, sur l’île des Pétrels qu’a été ouverte en 1956 la station française de Dumont d’Urville. Elle doit son nom à l'explorateur Jules Dumont d'Urville qui découvrit l’archipel en 1840. La base est construite à 20 mètres d’altitude en position d’abri sur l’île des Pétrels. La station est au contact entre deux immensités : l’une marine – l’océan pacifique Sud, l’autre terrestre, le continent Antarctique.

Dans l'archipel de Pointe Géologie, l'île des Pétrels présente un affleurement rocheux qui permet l'installation de bâtiments permanents. Cette position présente des avantages : elle permet, d'une part, d'accéder facilement à la mer et aux colonies d'oiseaux, tout en permettant un ravitaillement de la station par voie maritime durant l'été austral. Mais du fait des vents catabatiques qui descendent de la calotte glaciaire, des accumulations de neige peuvent se produire.  

Disposant d’une cinquantaine d’installations, la station regroupe, sur un espace restreint, les lieux de vie, les laboratoires et les locaux techniques nécessaires aux opérations scientifiques réalisées dans un des espaces les plus inhospitaliers du globe. Les 5.000 m2 de surface couverte accueillent une trentaine d’hivernants de mars à novembre et jusqu’à 120 personnes l’été.

Le site de sa construction a été choisi choisi en partie en raison de sa proximité avec les manchots empereur qui se reproduisent sur la banquise côtière. Les manchots Adélie, plus petits, nichent quant à eux sur les espaces rocheux de l'archipel, notamment sur l'île des Pétrels où se trouve la station. Les recherches sur la biodiversité, notamment sous-marine, de son évolution et de son adaptation aux changements climatiques représentent une part importante des études menées à la station. Mais la station Dumont d’Urville est également une plateforme d’observation privilégiée de l’atmosphère, de la calotte glaciaire, des phénomènes géophysiques et des populations animales (mammifères et oiseaux marins).

L’Institut polaire français Paul-Emile Victor (IPEV) y assure la gestion fonctionnelle de la station et la conduite des projets scientifiques. Les TAAF y conservent la souveraineté et les missions de service public (radio, médecine, gérance postale).

Durant l’hiver austral, la glace de mer, aussi appelée « pack » s’étend largement autour de la terre Adélie et, comme on le voit sur l’image prise en hiver. Cette couverture de la glace, rend les opérations de ravitaillement maritime difficiles, voire impossibles. Ceci limite les rotations de l'Astrolabe à la saison estivale. Dumont d’Urville n’est accessible qu’entre les mois d’octobre et de mars. Les températures moyennes sont de -1°C durant l’été et -17°C l’hiver.

La banquise se forme par le gel de l'eau de mer et connait de fortes variations saisonnières. D'une étendue maximale au cours de l'hiver austral elle se réduit en été, faisant apparaitre des eaux libres autour de l'archipel. La banquise se distingue de la calotte glaciaire par l'accumulation et la transformation de la neige au cours du temps et qui s'écoule lentement vers le littoral. Les icebergs, quant à eux, sont des blocs de glace d'origine continentale détachés des glaciers. Ils peuvent dériver dans les eaux libres ou se retrouver emprisonnés dans la banquise. Ainsi ces différentes formes de glace, observables sur les images de ce dossier, correspondent à des dynamiques différentes 

Durant les 120 jours que dure l’été austral (novembre-février), la Marine nationale effectue entre 4 à 5 aller-retours entre Hobart en Tasmanie (Australie) et la base scientifique française de Dumont-d’Urville avec l’Astrolabe, qui achemine le personnel scientifique et technique vers ces stations. Ces rotations permettent également de ravitailler les stations Dumont d’Urville et Concordia, le fret continuant sa route vers cette dernière par convois terrestre.

L’Astrolabe est un navire brise-glace (classe Ice Breaker 5 du Code polaire) construit en 2017 en partenariat entre les TAAF, propriétaire du navire, la Marine nationale, son armateur, et l’Institut polaire français qui l’exploite. Le reste de l’année, il assure depuis la Réunion, des missions de souveraineté dans le sud de l’océan Indien.

Image de la station Dumont d'Urville prise par un satellite Pléiades le 3 mars 2016 (été austral) :

L'image Pleiades permet aussi de voir les aménagements de la piste du Lion, construits dans les années 1980jusqu'au début des années 1990. Ce projet prévoyait de relier plusieurs îlots rocheux de l'archipel de Pointe Géologique et particulièrement les îles du Lion, Cuvier et Buffon, pour construire un piste d'atterrissage afin de faciliter les liaisons avec la station. Ces travaux ont finalement été abandonnés après d'importants dommages causés par la houle et les tempêtes. Les constructions restantes ont été reconverties pour des activités de logistique.

Repères géographiques

Autrice

Camille Escudé, agrégée et docteure, Science Po Paris, membre du GDR Arctique du CNRS ainsi que du Comité National Français de la Recherche Arctique et Antarctique

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