Sur la cĂŽte sud de lâAngleterre, Portsmouth et le Solent occupent une position stratĂ©gique dans la Manche, en position dâinterface entre le Grande-Bretagne, le continent et lâespace-monde. La richesse gĂ©omorphologique du Solent offre des sites portuaires variĂ©s, tĂŽt mis au service de la puissance maritime britannique : puissance militaire avec la base navale de Portsmouth, siĂšge de la Royal Navy, puissance commerciale avec le port de Southampton. La rĂ©gion bĂ©nĂ©ficie aussi dâunâŻÂ«âŻeffet sudâŻÂ» qui a permis une mise en tourisme prĂ©coce dont le yachting qui fut inventĂ© autour de lâĂźle de Wight. On voir enfin Ă©merger un ensemble mĂ©tropolitain inachevĂ©, centrĂ© sur Southampton et Portsmouth. BranchĂ©e sur les Ă©changes avec le continent et lâespace-monde, la rĂ©gion du Solent est un bon poste dâobservation pour observer les mutations en cours de la puissance britannique.
LĂ©gende de lâimage
Cette image de Portsmouth, petite ville portuaire et base navale situĂ©e sur la cĂŽte sud de l'Angleterre, a Ă©tĂ© prise le 22 septembre 2021 par le satellite Sentinel-2B. Il sâagit dâune image en couleurs naturelles de rĂ©solution native Ă 10m.
PrĂ©sentation de lâimage gĂ©nĂ©rale
Portsmouth et le Solent : la valorisation du littoral méridional de la Grande Bretagne
Un ensemble littoral privilĂ©giĂ© offrant une grande variĂ©tĂ© de sites et une position dâabri
«âŻMessieurs, l'Angleterre est une Ăźle, vous en savez maintenant autant que moi sur son histoireâŻÂ». La phrase de Michelet est parfaitement illustrĂ©e par cette image. Ici le littoral sud du Royaume-Uni dispose de nombreux atouts maritimes et littoraux : il sâouvre sur la Manche, cette mer franco-anglaise Ă la fois riche des Ă©changes et des rivalitĂ©s Nord-Sud, mais aussi porte ouverte sur lâespace atlantique et rampe de projection de la puissance maritime britannique. Les Ă©lĂ©ments du relief prĂ©sents sur lâimage rĂ©vĂšlent lâinscription de ce morceau de littoral dans lâespace Manche.
Au nord-est on aperçoit les South Downs qui forment un plateau calcaire scandĂ© par des escarpements dâorientation nord et qui ouvrent la voie vers le bassin de Londres. Elles prolongent, sur les Ăźles britanniques, ce que lâon appelle sur le continent le bassin parisien et son systĂšme dâaurĂ©oles sĂ©dimentaires et ses systĂšmes de cuestas. Plus Ă lâest (hors image), le plateau plonge directement dans la mer dĂ©coupant les falaises desâŻÂ«âŻSeven SistersâŻÂ», en miroir des falaises normandes dâEtretat.
Au centre de lâimage apparait le bras de mer du Solent. Câest une formation cĂŽtiĂšre qui dĂ©tone sur cette partie de la rive nord de la Manche oĂč le trait de cĂŽte a Ă©tĂ© puissamment rĂ©gularisĂ© et qui offre peu de baies profondes. LâĂ©rosion marine est ici particuliĂšrement active. Elle a sapĂ© les falaises calcaires au point de dĂ©tacher lâĂźle de Wight et de sâengouffrer dans une vallĂ©e fluviale pour donner naissance au bras de mer du Solent. Puis la transgression flandrienne a noyĂ© les estuaires des vallĂ©es descendant des plateaux, formant ainsi plusieurs rias : Southampton water, ria large et profonde qui accueille un port en eaux profondes particuliĂšrement bien protĂ©gĂ© et plus Ă lâest, reconnaissables par leurs indentations, trois estuaires ennoyĂ©s : Portsmouth, Langstone et Chicester. Les rias sâouvrent ici sur une cĂŽte sableuse qui a pu engraisser grĂące Ă la protection de lâĂźle de Wight.
Enfin sur la cĂŽte nord de lâĂźle de Wight lâĂ©troite et profonde ria de Cowes offre un abri mis Ă profit par la navigation de plaisance. Le Solent prĂ©sente la particularitĂ© dâĂȘtre soumis Ă un rĂ©gime deâŻÂ«âŻdouble marĂ©eâŻÂ» fort utile pour la navigation. Câest en rĂ©alitĂ© une pĂ©riode de hautes eaux particuliĂšrement longue qui sâexplique par sa double ouverture sur la Manche.
Au sud, lâĂźle de Wight est situĂ©e sur lâancienne ligne de cĂŽte et agit comme un avant poste protecteur. Sur sa cĂŽte ouest, les falaises calcaires sont exposĂ©es Ă la houle, bien visible sur lâimage. A lâopposĂ©, la cĂŽte est et celle de Portsmouth sont protĂ©gĂ©es de lâĂ©rosion marine et des tempĂȘtes. Les principaux flux venant de lâouest et du sud-ouest, lâile de Wight explique la position dâabri dont bĂ©nĂ©ficie Portsmouth.
Le Solent est donc Ă bien des Ă©gards un ensemble original dans lâespace Manche. SituĂ© Ă mi-chemin entre le Pas de Calais et la pointe de Cornouailles il occupe une position gĂ©ostratĂ©gique. ProtĂ©gĂ© par lâĂźle de Wight, Il offre plusieurs bons sites portuaires.
Le Solent : pierre angulaire de la puissance maritime britannique
Parcourir le Solent, câest dĂ©rouler une grande part de lâhistoire navale de lâAngleterre. A commencer par la base navale de Portsmouth qui accueille le siĂšge du commandement naval britannique (HQ naval Command), ⊠depuis 1194, une continuitĂ© remarquable. Le port militaire a accompagnĂ© lâĂ©volution de la marine britannique et reflĂšte lâĂ©volution de ses prioritĂ©s gĂ©ostratĂ©giques selon la vision churchillienne des trois cercles : Europe, monde anglo-saxon, Empire (puis Commonwealth).
Portsmouth fut dâabord la porte dâentrĂ©e en Angleterre pour les souverains normands. La Manche est alors uneâŻÂ«âŻmer intĂ©rieure normandeâŻÂ». Puis le port accueille la 1Ăšre forme sĂšche dâAngleterre, Ă lâĂ©poque oĂč, en France, François 1er ordonne la construction du port du Havre (1517). Câest le moment de bascule de la puissance maritime britannique qui se tourne vers le grand large, le commerce avec les Indes puis la conquĂȘte des AmĂ©riques. La base navale de Portsmouth et le Solent acquiĂšrent alors le triple rĂŽle stratĂ©gique qui est encore le leur :
Portsmouth est dâabord une place forte qui protĂšge la Grande Ile de toute invasion par la cĂŽte sud ; le Solent est parsemĂ© dâun complexe de 27 forts construits Ă lâĂ©poque victorienne - lesâŻÂ«âŻforts PalmerstonâŻÂ» - pour prĂ©venir une invasion continentale, souvenir de la menace napolĂ©onienne. Ils rendent la base navale virtuellement imprenable. Dans ce systĂšme de dĂ©fense, lâĂźle de Wight avec ses 16 forts sert de pointe de dĂ©fense avancĂ©e. Portsmouth est quant Ă elle protĂ©gĂ©e par une sĂ©rie de forts visibles sur lâimage au sud le long de la cĂŽte et au nord de la ville, situĂ©s sur le talus qui correspond Ă une ligne de cĂŽte ancienne qui marque aussi la limite de lâurbanisation de Portsmouth.
Le Solent est aussi un verrou qui permet de contrĂŽler le trafic dans la Manche ; Ă mi-chemin entre le Pas de Calais et la pointe de Cornouailles, il est parfaitement placĂ© pour contrĂŽler lâaccĂšs Ă lâAtlantique pour toutes les flottes dâEurope du Nord. Sur lâautre rive, en face de Portsmouth, la France a dâailleurs implantĂ© le port de Cherbourg (voir notule GĂ©oimage) pointe avancĂ©e sur la Manche qui ne bĂ©nĂ©ficie pourtant pas des mĂȘmes atouts naturels. Portsmouth fut chargĂ©e de la surveillance du trafic sur la Manche jusquâĂ Brest pour prĂ©venir lâinvasion napolĂ©onienne.
Enfin Portsmouth joue le rĂŽle de base arriĂšre pour la projection de la marine anglaise sur les mers du globe et ce depuis plusieurs siĂšcles : câĂ©tait le port dâattache du plus cĂ©lĂšbre des vaisseaux britanniques, le Victory, qui fut ramenĂ© Ă Portsmouth aprĂšs la victoire de Trafalgar en 1804, avec Ă son bord la dĂ©pouille de lâamiral Nelson. Le navire fut mis Ă la retraite puis transformĂ© en musĂ©e Ă la gloire de la marine britannique alors au faĂźte de laâŻÂ«âŻPax BritannicaâŻÂ». La derniĂšre heure de gloire de la base navale date de la guerre des Malouines en 1982 dâoĂč partit le corps expĂ©ditionnaire.
Avec lâĂ©volution des techniques militaires et des grands rapports de force gĂ©opolitiques, la situation de Portsmouth devient toutefois un handicap : les bombardements massifs de la 2Ăšme guerre (65 000 maisons dĂ©truites) rĂ©vĂšlent la trop grande vulnĂ©rabilitĂ© du port. Cela va pousser les autoritĂ©s Ă dĂ©mĂ©nager la construction navale vers des rĂ©gions moins exposĂ©es (Nord-Ouest, Ecosse, Irlande du Nord) et Ă installer la base de sous-marins nuclĂ©aires Ă Falsane en Ecosse (voir notule GĂ©oimage) sur des terrains plus adaptĂ©s aux besoins de la Guerre Froide. Aujourdâhui, la fonction dĂ©fensive de Portsmouth est donc devenue obsolĂšte. La plupart des forts ont Ă©tĂ© dĂ©sarmĂ©s.
Elle reste cependant le siĂšge de la flotte britannique de surface, les bases de Plymouth et de Faslane en Ecosse la complĂštent et accueillent notamment les sous-marins. Si le temps est loin de laâŻÂ«âŻPax BritannicaâŻÂ» et de la domination sans partage de la Royal Navy, elle demeure cependant la 4Ăšme flotte militaire mondiale en tonnage avec 407.000 tonnes et 29.300 personnels et conserve des ambitions mondiales. Sa doctrineâŻÂ«âŻprotĂ©gerâŻÂ» (son territoire ainsi que les 14 British Overseas Territories),âŻÂ«âŻse projeterâŻÂ», etâŻÂ«âŻpromouvoir la prospĂ©ritĂ©âŻÂ» en dĂ©fendant la libertĂ© de navigation, signifie bien lâobjectif assignĂ© Ă la Royal Navy : ĂȘtre capable dâintervenir Ă tout moment, sur toutes les mers du monde. Pour cela elle dispose dâune flotte complĂšte : destroyers, frĂ©gates et deux porte-avions - le HMS Queen Elisabeth, lancĂ© en 2017 et HMS Prince of Wales, lancĂ© en 2020 - qui assurent une capacitĂ© permanente de projection permanente. Seules cinq autres puissances dans le monde disposent dâun tel Ă©quipement : Ătats-Unis, Russie, Chine, Inde et France.
Le complexe portuaire du Solent : une interface entre les échelles nationale, européenne et mondiale
Les conditions naturelles favorables Ă la navigation du Solent, ont Ă©tĂ© mises Ă profit pour construire au fil du temps un vaste complexe portuaire multipolaire. Câest encore aujourdâhui un point essentiel du branchement britannique sur les flux mondialisĂ©s et, dans une moindre mesure, europĂ©ens.
Southampton (zoom 2) avec sa position en fond de ria, son port en eau profonde et saâŻÂ«âŻdouble marĂ©eâŻÂ» est un port de marchandises important, le 2Ăšme du royaume. LâactivitĂ© y est variĂ©e : importations/exportations, grand port de croisiĂšre. Mais son dĂ©veloppement est contraint par lâurbanisation des rives et les conflits environnementaux.
Portsmouth (zoom 1), de son cĂŽtĂ©, a connu une Ă©volution diffĂ©rente. Sâil reste avant tout un port militaire, il a cependant vu son rĂŽle Ă©voluer. La construction navale a Ă©tĂ© dĂ©placĂ©e du fait du fait du redimensionnement de la flotte militaire, constant depuis les annĂ©es 1970 Ă lâexception de lâintermĂšde des Malouines (1982). Cela a amenĂ© une diversification de ses activitĂ©s. LâentrĂ©e du Royaume-Uni dans la CEE en 1973 a Ă©tĂ© lâoccasion de redĂ©couvrir sa position centrale du Solent dans lâespace Manche. Portsmouth a dĂšs lors accompagnĂ© lâintensification des relations transmanche avec lâouverture du terminal Ă ferry en 1976. Portsmouth devient une alternative Ă la traversĂ©e par le Pas de Calais et offre des traversĂ©es vers les Ăźles anglo-normandes, les ports normands et lâEspagne. Câest aujourdâhui le 2Ăšme port de ferry du pays avec 9 millions de passagers avec des liaisons vers Caen-Ouistreham, Cherbourg, Le Havre, St Malo et Bilbao.
La mise en tourisme de la cĂŽte : la mer comme terrain de jeu
LâĂšre de la Pax Britannica a fait Ă©merger une nouvelle facette de la culture maritime britannique : la navigation de plaisance. En 1845, la reine Victoria construit sur lâĂźle de Wight une rĂ©sidence dâĂ©tĂ© baptisĂ©e Osborne. Dans son sillage, lâaristocratie anglaise vient en villĂ©giature sur lâĂźle. Un dĂ©fi lancĂ© en 1851 par leâŻÂ«âŻRoyal Yacht SquadronâŻÂ» marque lâinvention de la navigation de plaisance : une course autour de lâĂźle de Wight, qui sera gagnĂ©e par la goĂ©letteâŻÂ«âŻAmericaâŻÂ» qui donnera son nom Ă la plus ancienne course de plaisance. Aujourdâhui encore les rĂ©gates de laâŻÂ«âŻCowes weekâŻÂ» en Ă©tĂ© attirent une foule de plaisanciers. La Royal Yachting Association, basĂ©e Ă Hamble dans la Southampton water, joue encore un rĂŽle prescripteur sur le monde de la plaisance en fixant les normes. Sur lâĂźle de Wight, la ria de Cowes, profonde et Ă©troite, est le cĆur de ce paradis de la plaisance.
En face de lâĂźle de Wight, la plage de Hayling prĂ©sente une forme de mise en valeur touristique bien diffĂ©rente. ImplantĂ©e sur le cordon littoral, abritĂ©e de la houle par lâĂźle de Wight, elle a toutes les caractĂ©ristiques des stations balnĂ©aires de lâĂšre du tourisme de masse : desservie dâabord par une ligne de chemin de fer, aujourdâhui dĂ©mantelĂ©e, puis par une route, elle attire la classe moyenne londonienne. Les lotissements sâĂ©talent sur le front de mer, en retrait de la promenade. Au centre Billy Butlin inaugure ici en 1924 le principe qui fera sa fortune au Royaume-Uni : la fĂȘte foraine installĂ©e sur la plage pour divertir les locataires de ses camps de vacances installĂ©s plus en retrait. Les camps de vacances Butlins sont encore aujourdâhui une icĂŽne de la culture populaire britannique.
Cependant le modĂšle touristique qui sâadressait aux classes moyennes connait un fort dĂ©clin Ă partir des annĂ©es 1980, concurrencĂ© par lâEurope du Sud qui garantit le soleil Ă moindre coĂ»t grĂące au dĂ©veloppement des liaisons aĂ©riennesâŻÂ«âŻlow costâŻÂ». La station balnĂ©aire de Hayling tente de se rĂ©inventer par une montĂ©e en gamme des ses Ă©quipements : golf, petit port de plaisance.
Un ensemble métropolitain inachevé
Le centre de la cĂŽte sud rassemble quatre entitĂ©s urbaines : Poole, Bournemouth (hors image), Southampton et Portsmouth, plus lâĂźle de Wight. Elles forment une conurbation de prĂšs de 2 millions dâhabitants soumise Ă un processus de mĂ©tropolisation. Les acteurs locaux ont tentĂ© dâorganiser cet ensemble Ă partir des annĂ©es quatre-vingt-dix. Ils voyaient dans lâintĂ©gration europĂ©enne la possibilitĂ© de faire Ă©merger un espace de coopĂ©ration transmanche⊠et dâaccĂ©der ainsi Ă des fonds europĂ©ens (Interreg).
Vingt ans plus tard, on peut constater que le processus de mĂ©tropolisation se renforce : croissance de lâĂ©conomie rĂ©sidentielle (en particulier Ă Bournemouth, hors image), reconversion et croissance de lâemploi industriel et de hautes technologies Ă Portsmouth et Southampton, dĂ©veloppement des connexions avec lâespace europĂ©en (aĂ©roport de Southampton : 1.7 M passagers/an, port ferry de Portsmouth), rĂ©amĂ©nagement du front de mer de Portsmouth.
Pour autant, on ne voit toujours pas Ă©merger une vĂ©ritable structure mĂ©tropolitaine cohĂ©rente. La rivalitĂ© entre Southampton et Portsmouth est toujours vive (universitĂ©s concurrentes) et chacune dĂ©veloppe sa propre stratĂ©gie dâinternationalisation. Surtout, lâombre portĂ©e de la mĂ©tropole londonienne les empĂȘche dâavoir un vĂ©ritable rayonnement et conditionne largement leur dynamisme. Les acteurs locaux nâont pas su donner vie Ă laâŻÂ«âŻSouth Coast metropoleâŻÂ» et le Brexit limite toute perspective de coopĂ©ration transmanche Ă brĂšve Ă©chĂ©ance.
Zooms d'étude
Zoom 1. Portsmouth, miroir du changement de la puissance maritime britannique : de âBritannia ruleâ
Portsmouth, le plus vieil établissement militaire naval du Royaume-Uni
La base navale fondĂ©e par Henry VIII est le plus vieil Ă©tablissement de la Royal Navy. Les 2/3 de la flotte militaire de surface - soit 8.170 personnels militaires actifs - sont basĂ©s ici. Les installations militaires sont toujours au cĆur des infrastructures portuaires. Elles profitent de la qualitĂ© du site, parfaitement protĂ©gĂ© des flux dâOuest par lâĂźle de Wight. Elle est aujourdâhui composĂ©e de quatre entitĂ©s :
- Her Majestyâs Naval Base (HMNB) Nelson est la base navale Ă proprement parler qui accueille les vaisseaux. La maintenance des vaisseaux est assurĂ©e dans les grands bassins Ă flots. Les quais ont Ă©tĂ© rallongĂ©s et lâentrĂ©e du port draguĂ©e en 2018 afin de garantir le tirant dâeau de 9 mĂštres nĂ©cessaire Ă lâaccostage des deux porte-avions. La longueur des quais est suffisante pour accueillir les 2/3 de la flotte militaire de surface,
- HMS Excellent sur lâĂźle de Whale island accueille le Quartier GĂ©nĂ©ral de la Royal Navy,
- HMS Collingwood Ă Fareham fait office dâĂ©cole navale,
- et enfin HMS Sultan est le centre de formation technique, situĂ© Ă Gosport sur lâautre rive.
A cela sâajoute Marchwood Military Port au sud du terminal pĂ©trochimique de Southampton. Construit en 1943 pour prĂ©parer le dĂ©barquement de Normandie, il servait depuis de plate-forme logistique militaire, pendant la guerre des Malouines notamment. Il a Ă©tĂ© privatisĂ© en 2015 afin dâen diversifier lâactivitĂ©. Cela illustre le recul dâensemble de lâactivitĂ© militaire.
La construction navale fut longtemps une activitĂ© essentielle pour Portsmouth. Le port disposait dĂ©jĂ de deux formes sĂšches anciennes ; la 1Ăšre datant de 1495 oĂč fut construit laâŻÂ«âŻMary RoseâŻÂ» dâHenry VIII. Mais au XIX° siĂšcle, la construction navale prend une toute autre ampleur. Portsmouth devient la base arriĂšre de lâEmpire britannique et les besoins de la Royal Navy sont immenses. En 1858, la reine Victoria, impressionnĂ©e par la visite du port militaire de Cherbourg, ordonne de grands travaux : le chantier naval sâagrandit et sâadapte aux nouvelles techniques industrielles : 4 bassins Ă flot, 3 nouvelles cales sĂšches, 2 Ă©cluses, 4.5 km de quais et entrepĂŽts sont construits sur 73 hectares. A cela sâajoutent des fonderies dĂšs lors que lâon passe aux vaisseaux Ă coques en acier. La population croit pour passer de 32.000 habitants en 1805 Ă 235.000 en 1951. Une vraie ville industrielle se dĂ©veloppe sur le modĂšle dâurbanisme victorien.
Pour loger les ouvriers des chantiers navals, des lotissements de maisons ouvriĂšres mitoyennes (attached) avec leur petit jardin Ă lâarriĂšre sont juxtaposĂ©s au fur et Ă mesure des besoins. Les bombardements de la DeuxiĂšme Guerre mondiale qui ont durement touchĂ© la ville nâont pas altĂ©rĂ© ce plan.
Les chantiers navals ont dĂ©finitivement fermĂ© en 2016 au profit de Glasgow entrainant une perte sĂšche de 1.000 emplois. LâactivitĂ© se limite aujourdâhui Ă la maintenance sous-traitĂ©e Ă BAE Systems. Mais lâactivitĂ© militaire a amenĂ© lâinstallation dâindustries liĂ©es Ă la dĂ©fense et Ă lâespace, qui travaillent en collaboration avec les universitĂ©s de Southampton et Portsmouth. On trouve ainsi dans la conurbation Southampton-Portsmouth des acteurs majeurs comme BAE Systems, GE aviation systems, Boeing, Astrium. Le Portsdown Technology Park en est un bon exemple : Ă partir du centre de formation au personnel militaire naval de BAE systems, des entreprises liĂ©es au complexe militaro industriel comme Qinetiq sâinstallent pour dĂ©velopper de nouveaux Ă©quipements de combat. Câest un complexe militaro-industriel qui se dĂ©veloppe autour de la base.
Réinventer Portsmouth : the great waterfront city
Le retrait des activitĂ©s militaires a poussĂ© le port de Portsmouth Ă se rĂ©inventer au tournant des annĂ©es 2000. Lâobjectif, dans le contexte des annĂ©es Blair qui souhaitait promouvoir uneâŻÂ«âŻcool BritanniaâŻÂ», est pour Portsmouth de devenir la vitrine dâune puissance maritime bienveillante et ouverte sur le monde. Cela a amenĂ© un rĂ©amĂ©nagement du port et de la ville. Câest aussi une ville qui sâadapte pour conserver son rĂŽle de figure de proue de la puissance maritime britannique.
La premiĂšre Ă©tape a Ă©tĂ© le dĂ©veloppement de lâactivitĂ© du terminal de ferry installĂ© au nord des bassins Ă flot. Il est inaugurĂ© en 1976 pour dĂ©velopper les liaisons transmanche. Au dĂ©bouchĂ© des voies rapides il offre de bonnes connexions avec lâarriĂšre-pays et permet de raccourcir le trajet vers le continent dâune heure par rapport Ă Southampton.
La partie au sud des bassins Ă flot est dĂ©sormais occupĂ©e par le musĂ©e maritime Ă ciel ouvert desâŻÂ«âŻHistoric dockyardsâŻÂ». Il sert de trait dâunion entre passĂ© et prĂ©sent de la puissance maritime britannique. Sa mission lorsquâil ouvre en 2009 est de mettre en scĂšne la grandeur passĂ©e de la marine britannique afin dâen cultiver la mĂ©moire. Pour cela on renfloue le vaisseau amiral dâHenry VIII, la Mary Rose. Un bĂątiment est construit spĂ©cialement afin de conserver lâĂ©pave qui doit ĂȘtre arrosĂ©e en permanence. On peut y voir Ă©galement leâŻÂ«âŻVictoryâŻÂ» de lâamiral Nelson, vainqueur de Trafalgar en 1805, le seul vaisseau encore intact dans le monde datant de la glorieuse Ă©poque de la marine militaire Ă voile. Le musĂ©e est un grand succĂšs avec plus de 850 000 visiteurs en 2019.
La comparaison avec OcĂ©anopolis dans le port de Brest (voir notule GĂ©oimage) est intĂ©ressante : quand la ville de Brest choisit de se projeter vers un projet Ă dominante environnementale et scientifique sur les ocĂ©ans, Ă Portsmouth on cultive et met en scĂšne la mĂ©moire militaire et la grandeur passĂ©e. Ces choix de rĂ©habilitation sont rĂ©vĂ©lateurs du rapport Ă leur histoire maritime quâentretiennent ces deux pays.
Par ailleurs, Portsmouth cherche Ă se positionner comme la mĂ©tropole maritime du sud de lâAngleterre. Cela nĂ©cessite une montĂ©e en gamme des activitĂ©s jusque-lĂ centrĂ©es sur la construction navale : dĂ©veloppement de zones dâactivitĂ©s pour attirer des entreprises innovantes dans le domaine technologique et spatial (parcs dâactivitĂ©s autour des Ă©changeurs, Portsdown Technology Park), dĂ©veloppement de lâuniversitĂ© de Portsmouth.
Portsmouth, entre patrimonialisation, ouverture sur la mer et tourisme
Portsmouth cherche surtout Ă changer son image et Ă mettre en scĂšne ses nouvelles ambitions. Le premier chantier a Ă©tĂ© de la transformer en uneâŻÂ«âŻWaterfront cityâŻÂ». Pour cela il a fallu ouvrir lâaccĂšs au port, jusque-lĂ monopolisĂ© par lâarmĂ©e, et permettre Ă la population de lâinvestir. La partie sud de la base navale, Gunwharf Quays, (lâancienne HMS Vernon) a ainsi fait lâobjet dâun programme de rĂ©gĂ©nĂ©ration : construction dâun centre commercial, de promenades bordĂ©es de bars et restaurants sur les quais, crĂ©ation de marinas (qui sâĂ©tendent Ă©galement de lâautre cĂŽtĂ© du chenal) et, pour couronner le tout, la Spinnaker tower» (2005) qui du haut de ses 170 mĂštres devient le nouvel emblĂšme de la ville et incarne cette nouvelle identitĂ© mĂ©tropolitaine.
Enfin en 2014 le navigateur star Sir Ben Ainslie sâinstalle Ă Gunwharf quays dans un bĂątiment flambant neuf, ornĂ© dâun immense Union Jack. Son ambition est de reconquĂ©rir lâAmericaâs cup et dâorganiser la compĂ©tition Ă Portsmouth. La ville profite de cet effet dâimage pour se positionner comme la capitale de la navigation de plaisance. Deux sites sont dĂ©veloppĂ©s pour accroĂźtre lâoffre dâanneaux dans le Solent : Gosport en face de la base navale et la marina de Port Solent au nord de la ville.
Ce changement est complĂ©tĂ© par la rĂ©habilitation du front de mer (Southsea). Les fortifications ont longtemps interdit toute construction directement sur le littoral. Cet espace libre a Ă©tĂ© mis Ă profit par lâindustrie touristique : on peut apercevoir la jetĂ©e («âŻpierâŻÂ» Ă lâimage de Brighton), Ă©quipement phare des stations balnĂ©aires de la fin du XIX° siĂšcle pour attirer et divertir les classes moyennes londoniennes. Le front de mer est transformĂ© en parc urbain («âŻcommonsâŻÂ»), et interdit Ă la construction. Portsmouth offre ainsi un front de mer ouvert qui en mĂȘme temps se conforme Ă la politique britannique de gestion intĂ©grĂ©e des zones cĂŽtiĂšres. Le risque liĂ© Ă lâĂ©lĂ©vation du niveau des mers est pris en compte. Partout oĂč cela est possible, la rĂšgle est de laisser des zones tampons pour prĂ©venir les risques de submersion.
Zoom 2 : LâĂźle de Wight, un balcon sur le Solent
Un systÚme insulaire spécifiques aux nombreux atouts
Les paysages dâAngleterre font, plus quâailleurs, lâobjet dâune attention particuliĂšre et contribuent puissamment Ă la construction de lâidentitĂ© nationale. LâĂźle de Wight est une pointe avancĂ©e dans la Manche. Elle est parfois prĂ©sentĂ©e comme une Angleterre en miniature oĂč les contraintes naturelles liĂ©es Ă lâinteraction entre terre et mer sont domptĂ©es et mises Ă profit pour construire un espace original. LâĂźle de Wight regroupe deux des figures importantes de ces paysages : la campagne bocagĂšre et le littoral, arrangĂ©s ici avec beaucoup de soin le long de deux lignes est-ouest et nord-sud.
La premiĂšre est une opposition nord/sud. Elle provient tout dâabord de la structure gĂ©ologique qui coupe lâĂźle en deux parties. Le sud, appartient Ă lâensemble jurassique de la cĂŽte sud anglaise. ConstituĂ© de calcaires et de craies, il forme un plateau dĂ©pourvu de rĂ©seau hydrographique de surface. Il en rĂ©sulte une cĂŽte rocheuse armĂ©e de falaises calcaires. Cela contraste fortement avec la partie nord. Plus basse, couverte dâargiles, elle est parcourue dâun rĂ©seau hydrographique important ; dâorientation nord, qui a dĂ©coupĂ© des estuaires ennoyĂ©s pour former plusieurs rias : le Western Yar (Yarmouth Ă lâouest), la Medina (Cowes au centre) et lâEastern Yar (St Helens Ă lâest) auxquelles sâajoute lâestuaire de Hamstead (nord-ouest).
Ce fort contraste gĂ©ologique est renforcĂ© par lâimportance des connections entre lâĂźle et leâŻÂ«âŻmainlandâŻÂ». Quatre terminaux de ferry (Yarmouth, Cowes, Fishbourne et Ryde) relient les deux rives du Solent en moins de 30 mn de traversĂ©e. LâintensitĂ© de ces liaisons expliquent le dynamisme dĂ©mographique (140 000 habitants permanents) et touristique de lâĂźle (2.38 M de visiteurs/an). Cela profite trĂšs largement Ă la cĂŽte nord. Câest lĂ que se situent les pĂŽles urbains de lâĂźle dynamisĂ©s par lâĂ©conomie rĂ©sidentielle : Cowes, Newport en fond de ria, Yarmouth et Ryde.
A cette opposition nord/sud, sâen surimpose une autre est/ouest. LâĂźle de Wight est fortement exposĂ©e aux flux dâouest. La houle et le vent viennent directement frapper lâouest de lâĂźle. A cela sâajoute le fort courant marin de la partie ouest du Solent. Le reste de lâĂźle profite au contraire dâune situation dâabri : les rias de la cĂŽte nord-est offrent des sites portuaires bien abritĂ©s. On trouve au sud-est la seule plage de sable de lâĂźle dans le rentrant de Shanklin.
Lâorganisation spatiale de lâĂźle de Wight
Celle-ci joue de la juxtaposition de ces deux grandes oppositions pour tirer toutes les potentialités de cet espace pourtant contraint.
Le littoral ouest se dĂ©marque par sa trĂšs faible occupation. Au sud-ouest les falaises sont soumises Ă une intense Ă©rosion reculent rapidement. On distingue sur lâimage, Ă lâest de Freshwater, le recul du trait de cĂŽte. Au nord-ouest, si lâon est Ă lâabri de la houle, la cĂŽte est soumise au puissant courant du Solent. Pour ces raisons, lâoccupation littorale est trĂšs limitĂ©e. La faible anthropisation de cette cĂŽte ouest a permis de mettre en place une politique de prĂ©servation et de mise en valeur des paysages naturels : heritage coast, Area of Outstanding Natural Beauty, fossiles des falaises de Freshwater au sud.
La cĂŽte est, au contraire, est fortement dĂ©veloppĂ©e. Elle a fait lâobjet dâune mise en tourisme prĂ©coce. La reine Victoria fait bĂątir en 1845 le palais dâOsborne, un balcon sur le Solent qui rappelait la baie de Naples au prince Albert. Câest le point de dĂ©part du tourisme de villĂ©giature et de navigation de plaisance qui a fait la fortune de lâĂźle. Les sites portuaires abritĂ©s de Cowes, Newport, Wooton creek, Ryde et St Helens dĂ©veloppent une offre rĂ©sidentielle autour des ports de plaisance (+ de 2000 anneaux). LâactivitĂ© touristique culmine au moment de laâŻÂ«âŻCowes weekâŻÂ» en juillet. Câest la plus grande concentration de courses de plaisance au monde (plus de 1000 bateaux inscrits). Câest ici quâa Ă©tĂ© inventĂ© le principe de la rĂ©gatte, course reine au RU, qui met en valeur lâhabiletĂ© des navigateurs confrontĂ©s Ă des conditions de navigation trĂšs diffĂ©rentes (au vent, Ă lâabri, forts courants) dans un temps rĂ©duit.
Tourisme, nautisme et agriculture
LâĂźle sâest ensuite ouverte au tourisme de masse grĂące au dĂ©veloppement des liaisons par ferry. Au sud-est, dans le rentrant occupĂ© par la plage de Shanklin, on distingue une implantation touristique qui rassemble les infrastructures typiques de lâĂšre du tourisme de masse britannique : plage amĂ©nagĂ©e par des Ă©pis, une jetĂ©e (qui accueille des salles de jeux), une promenade en front de mer et des habitations qui sâĂ©tendent sur le ruban littoral.
On retrouve cette double opposition dans lâorganisation de lâespace rural intĂ©rieur. RestĂ© agricole, il dessine un paysage bocager traditionnel avec des bourgs ruraux de taille modeste et des Ă©carts nombreux. Les haies vives et une dominante de prairies permanentes indiquent une spĂ©cialisation dans lâĂ©levage.
Mais Ă y regarder de plus prĂšs on voit que lâĂ©volution vers une agriculture productiviste prend un visage diffĂ©rent selon que lâon est dans le sud-ouest exposĂ© (dominante de terres labourĂ©es consacrĂ©es aux cultures fourragĂšres, parcelles de grande taille, haies arrachĂ©es) ou Ă lâest (abritĂ©) oĂč le bocage a mieux rĂ©sistĂ©. Les haies ont pour la plupart Ă©chappĂ© Ă lâarrachage afin de prĂ©server le paysage traditionnel dont sont friants les touristes. LâĂźle profite dâun ensoleillement relativement gĂ©nĂ©reux qui explique la prĂ©sence de serres en retrait de la plage de Shanklin (production de tomates, champignons, fraises) ainsi que de fermes solaires. On a dans cette partie de lâĂźle une multifonctionnalitĂ© de lâespace rural plus prononcĂ©e qui sâintĂšgre Ă lâactivitĂ© touristique.
Zoom 3 : Southampton et le Southampton water
Southampton avec sa position en fond de ria, son port en eau profonde (15 m de profondeur aprĂšs les derniers dragages), saâŻÂ«âŻdouble marĂ©eâŻÂ» est un port de marchandises important, le 2Ăšme du royaume. Le site original du port Ă la confluence de lâItchen a Ă©tĂ© entiĂšrement reconstruit aprĂšs les bombardements de la 2Ăšme guerre mondiale, puis dotĂ© dâun avant port. LâactivitĂ© y est variĂ©e : importations/exportations de vĂ©hicules (820 000/an en roll on-roll off) qui occupent les grands parkings visibles sur lâimage ; importation de fruits et lĂ©gumes avec un terminal rĂ©frigĂ©rĂ© (90% des importations de bananes au RU).
On peut y lire en filigrane la grande dĂ©pendance du Royaume aux importations de biens agricoles et manufacturĂ©s. Southampton est aussi un grand port de croisiĂšre. CâĂ©tait le port dâattache des grands liners transatlantiques, parmi eux le Titanic. Sa disparition nâa pas mis fin au trafic de croisiĂ©riste qui a connu ces derniĂšres annĂ©es une forte croissance pour atteindre aujourdâhui 2 M de passagers (450 mouvements de bateaux/an). Carnival, 1er croisiĂ©riste mondial est basĂ© ici.
Enfin au fond de la ria, se trouve le terminal de conteneur. DĂ©veloppĂ© plus rĂ©cemment, en partie sur des terre-pleins, il est bien placĂ© pour assurer une connexion multimodale avec le reste du pays grĂące au nĆud autoroutier (M3, M27, A 34) et au terminal de chemin de fer visibles sur lâimage. Avec 500 m de quais, on y traite 1,5 million de conteneurs, 50 % du total du pays. Sa position en fond de ria va toutefois Ă lâencontre de la tendance des grands terminaux de conteneurs situĂ©s en avant-port afin dâaccueillir les plus grands navires. Southampton est limitĂ© dans son expansion et doit se contenter dâun rĂŽle dâinterface avec les flux mondialisĂ©s Ă lâĂ©chelle du Royaume-Uni. On est loin du trafic assurĂ© par les grands ports de la Northern Range, tels Rotterdam ou Anvers.
Le port rencontre cependant des limites Ă son dĂ©veloppement. Lâaval est urbanisĂ© et ne permet pas dâextensions comme câest le cas pour les grands ports mondialisĂ©s. Sur la rive ouest se trouve le terminal pĂ©trolier. Des rĂ©serves fonciĂšres ont Ă©tĂ© constituĂ©es, mais leur transformation se heurte au refus dâune partie de lâopinion dâartificialiser ces zones humides qui jouxtent la New Forest. Ce parc national fut constituĂ© en rĂ©serve naturelle par Guillaume le ConquĂ©rant. Il a une forte valeur environnementale et patrimoniale. Le port est donc condamnĂ© Ă grandir dans ses limites actuelles. Ainsi le projet de silos Ă vĂ©hicules visant Ă stocker les voitures sur plusieurs niveaux. Southampton reste ce quâelle est depuis lâĂ©poque impĂ©riale : un pĂŽle stratĂ©gique qui assure lâinsertion de lâĂ©conomie britannique dans les flux de marchandises mondialisĂ©s. En cela elle devrait ĂȘtre moins affectĂ© que dâautres par la sortie du RU de lâUnion europĂ©enne.
Document complémentaire
Dâautres ressources
Sur le site Géoimage du CNES :
- La base militaire Faslane et ses SNLE
- Cherbourg une ville, un port militaire et un arsenal maritime dâimportance gĂ©ostratĂ©gique
- Brest une agglomĂ©ration aux fonctions militaires stratĂ©giques Ă la reconquĂȘte de son identitĂ© urbaine et maritime
Sources utiles :
- Atlas Transmanche
- Quatre histoires de la Manche, La Fabrique de lâhistoire, 28/03/2019
Auteur
Nicolas Bounet, professeur agrégé de géographie, lycée Théophile Gautier, Tarbes