Image satellite de la ville Paris

Paris : ville-capitale, ville mondiale

Ville de 2,2 millions d’habitants organisant une aire urbaine de 10,7 millions d’habitants, le seconde d’Europe aprĂšs Londres, Paris est Ă  la fois une ville-capitale et une ville-monde qui organise le processus de mĂ©tropolisation du pays. TrĂšs liĂ©e de par son histoire Ă  la construction de l’Etat, de la nation et du territoire de la France, son tissu urbain est un vĂ©ritable palimpseste qui garde gravĂ© dans sa monumentalitĂ© de nombreux hĂ©ritages. Pour autant, la ville connaĂźt ces derniĂšres dĂ©cennies de profondes mutations urbaines, Ă©conomiques et sociales. Elles posent en termes nouveaux la question de ses Ă©quilibres internes, face Ă  un dualisme socio-spatial de plus en plus sensible, et de ses liens avec sa banlieue, son agglomĂ©ration et son grand bassin parisien.

Image satellite de la ville Paris
Contient des informations Pléiades © CNES 2016, Distribution Airbus DS, tous droits réservés. Usage commercial interdit

LĂ©gende de l’image satellite

Cette image a Ă©tĂ© prise par un satellite PlĂ©iades le 16/05/2016. Il s’agit d’une image en couleurs naturelles, de rĂ©solution native Ă  0,70m, rĂ©-Ă©chantillonnĂ©e Ă  0,5m.

Accéder à l'image générale

Paris principaux monuments
Paris le systĂšme des gares
Grands Axes monumentaux de l'ouest parisien

PrĂ©sentation de l’image globale

Paris : un espace central en pleines mutations urbaines, 
Ă©conomiques et sociales 

Une cuvette entourée de hauteurs

L’image porte sur la ville de Paris, à l’exception de ses marges septentrionales et orientales, et sur une partie de la banlieue ouest (Neuilly) et sud (Issy-les-Moulineaux Malakoff et Montrouge).

La ville est organisĂ©e par l’axe de la Seine, dont on distingue bien le tracĂ© et les deux Iles, de la CitĂ© et Saint-Louis. Il oppose nettement rive droite et rive gauche, malgrĂ© la prĂ©sence de 40 ponts ou passerelles et les nombreuses lignes souterraines du mĂ©tro. Si le lit majeur est trĂšs largement urbanisĂ© Ă  la suite du remblaiement des Ăźles et de la stabilisation progressive des rives, la grande inondation de 1910, qui touche tout le lit majeur, est dans toutes les mĂ©moires.

En rĂ©ponse Ă  celle-ci, les autoritĂ©s lancĂšrent la construction bien Ă  l’amont de Paris de plusieurs grands barrages-rĂ©servoirs (PanneciĂšre, Lac d’Orient, de Der) d’une superficie totale Ă©quivalente Ă  la ville. L’objectif est de rĂ©gulariser le dĂ©bit de la Seine et de ses affluents amont (Yonne, Marne, Aube) en Ă©crĂȘtant les crues d’hiver et de printemps.

Si la topographie semble disparaitre sous l’urbanisation, le centre de Paris s’étend dans une large cuvette ceinturĂ©e en pĂ©riphĂ©rie par des zones plus Ă©levĂ©es dont on peut repĂ©rer quelques lieux emblĂ©matiques qui en font la « ville aux huit collines ».

En rive droite se trouvent les hauteurs de MĂ©nilmontant (87 m) et de Belleville (128 m), les Buttes Chaumont et son parc au nord-est, la Butte Montmartre (129 m) et le SacrĂ© CƓur au nord et, enfin, les hauteurs de Passy et de Chaillot (70 m) avec le TrocadĂ©ro Ă  l’ouest. En rive sud se trouvent la Montagne Sainte GeneviĂšve (56 m) et le PanthĂ©on, la  Butte aux Cailles (62 m) au sud-est et les hauteurs de Montparnasse (65 m) et de la Porte de Chatillon (66 m) au sud.

 

Le poids des hĂ©ritages historiques : capitale de la Monarchie puis de la RĂ©publique

Le site est historiquement occupĂ© dĂšs la haute antiquitĂ©. Paris doit son nom Ă  un peuple gaulois (les Parisii). LutĂšce, petite citĂ© gallo-romaine, se dĂ©veloppe entre la Montagne Sainte-GeneviĂšve et l’üle de la CitĂ© (zoom 4). Elle s’affirme comme capitale d’un royaume franc entre le Vem et le IXem siĂšcles lorsque Clovis s’y installe. Mais c’est surtout avec le dĂ©veloppement du royaume capĂ©tien (Saint-Louis, Philippe Auguste
) que Paris prend son essor dĂ©mographique, Ă©conomique, intellectuel et religieux, et donc urbain.

A partir de cette date, et aux delĂ  des vicissitudes historiques, le sort de Paris est intimement liĂ© aux dynamiques gĂ©ohistorique de la construction de l’Etat, de la nation et du territoire par la Monarchie puis la RĂ©publique. En s’affirmant Ă  la fois comme ville-capitale de la France et comme ville-monde du fait de son rayonnement europĂ©en et mondial.

Le tissu urbain va ĂȘtre en partie structurĂ© par une succession de sept enceintes dĂ©fensives plus ou moins circulaires : gallo-romaine, carolingienne, de Philippe Auguste, de Charles V, de Louis XIII, des Fermiers gĂ©nĂ©raux (1784/1860) et de Thiers. Ces hĂ©ritages guident le tracĂ© de certains grands axes bien visibles sur l’image. Ainsi, celle de Thiers - Ă©rigĂ©e entre 1841 et 1844 et dĂ©truite seulement entre 1919 et 1929 – sert d’emplacement Ă  l’actuel boulevard pĂ©riphĂ©rique qui limite et ceinture la ville.

Son organisation en arrondissements, qui date de 1795 et dont le dĂ©coupage actuel est dĂ©finitivement fixĂ© en 1859, traduit un modĂšle de croissance interne qui agglomĂšre progressivement un espace de plus en plus large, du centre vers les pĂ©riphĂ©ries. Ainsi, le grand Ă©largissement de 1860 donne Ă  la ville de Paris sa forme actuelle en annexant tous les faubourgs des communes jusqu’ici indĂ©pendantes (Belleville, Grenelle, Vaugirard, la Vilette
) comprises entre l’ancien mur des Fermiers GĂ©nĂ©raux et l’enceinte militaire de Thiers.

 

Tissu urbain et grandes opĂ©rations d’amĂ©nagement

Couvrant 10.540 hectares et peuplĂ©e de 2,2 millions d’habitants, la ville prĂ©sente un tissu urbain trĂšs dense et, par rapport Ă  d’autres capitales europĂ©ennes, relativement homogĂšne. On est frappĂ© par la faiblesse des espaces verts : ils couvrent seulement 5,2 % de la surface totale, hors bois de Boulogne et de Vincennes. La densitĂ© moyenne (33.200 hab/km2) masque des variations cependant trĂšs sensibles : les densitĂ©s vont en effet de 42.000 habitants/km2 dans le XIem arrondissement Ă  plus de 30.000 dans les XVIIem, XVIIIem et Xem arrondissements pour tomber Ă  9.700 habitants dans le Ier arrondissement.

DĂšs l’Ancien RĂ©gime s’organise progressivement une dichotomie est/ouest qui va durablement structurer l’espace urbain, politique et social. Il est symbolisĂ© par l’opposition entre le populaire et remuant Faubourg Saint-Antoine Ă  l’est, dominĂ© par la forteresse de la Bastille, et le Faubourg Saint-Germain Ă  l’ouest qui accueillent de nombreux hĂŽtels particulier de l’aristocratie (VIem et VIIem arrondissements).

A l’est et au nord-est prĂ©dominent traditionnellement les quartiers ouvriers et populaires (Popincourt, Charonne, Saint-Martin, Saint-Denis, La Villette, La Chapelle
). A l’ouest prĂ©dominent les quartiers aristocratiques puis bourgeois (Gros Caillou, Faubourg Saint-HonorĂ©, Le Roule, la Plaine Monceaux, Les Ternes, Chaillot, Plaine de Passy, La Muette, Auteuil
). Cette dichotomie socio-spatiale va historiquement Ă  partir de Paris intra-muros se projetĂ©e en banlieue pour des raisons topographiques, rĂ©sidentielles et Ă©conomiques.

Cette proximitĂ© spatiale dans un espace au total restreint et la prĂ©sence du pouvoir et de la richesse contribuent Ă  expliquer l’importance de Paris comme laboratoire des affrontements politiques et sociaux qui structurent toute l’histoire de la ville et du pays (cf. rĂ©volutions de 1789, 1830 et 1848, Commune de Paris de 1871, grandes grĂšves du Front populaire de 1936, combats de la LibĂ©ration de 1945, manifestations et Ă©meutes de 1968).

DĂšs l’Ancien rĂ©gime puis au XIXem et XXem siĂšcles, le tissu urbain parisien a Ă©tĂ© l’objet de grandes opĂ©rations d’urbanisme et d’amĂ©nagement - et des spĂ©culations fonciĂšres qui les accompagnent, particuliĂšrement sous le Second Empire (cf. grands travaux du PrĂ©fet Haussmann). Elles demeurent bien lisibles sur l’image – de l’üle de la CitĂ© au Luxembourg, de l’axe le Louvre/Champs ElysĂ©es/ Etoile au Champs de Mars, des quartiers des gares au Parc Monceau ou aux cimetiĂšres (PĂšre Lachaise, Montparnasse
) - comme en tĂ©moignent les Ă©tudes plus dĂ©taillĂ©es des diffĂ©rents zooms. Le pouvoir a toujours cherchĂ© Ă  faire de Paris sa vitrine, le symbole de sa puissance.

Cette constante y explique une accumulation exceptionnelle de monuments et d’activitĂ©s. Ils sont aujourd’hui un atout majeur pour le rayonnement touristique - culturel et d’affaires - de la ville et de sa rĂ©gion qui accueillent 34 millions de touristes par an. Notre-Dame reçoit ainsi 12 millions de visiteurs par an, le SacrĂ©-CƓur de Montmartre 10 millions, le MusĂ©e du Louvre 7 millions, la Tour Eiffel 6 millions.

 

Paris : habitat, gentrification et processus de « londonisation »

Avec 2,2 millions d’habitants, Paris regroupe aujourd’hui seulement 18 % de la population de l’Ile-de-France. Mais elle organise la 1er aire urbaine de France : elle s’étend sur 2845 kmÂČ et incorpore 10,7 millions d’habitants ; c’est la seconde  d’Europe aprĂšs Londres. Les mutations de la ville-centre ne peuvent donc ĂȘtre comprises qu’en rĂ©intĂ©grant le Paris de l’image Ă  des Ă©chelles gĂ©ographiques beaucoup plus larges et qui s’emboitent : rĂ©gionale (proche banlieue, Ile-de-France, bassin parisien), nationale, europĂ©enne et mondiale.

Paris est Ă  la fois un territoire de rĂ©sidence et de travail. Cet espace est donc trĂšs convoitĂ©, en particulier depuis le milieu du XIXem siĂšcle et l’essor liĂ© Ă  la rĂ©volution industrielle. Ceci va aboutir progressivement Ă  une spĂ©cialisation sociale et fonctionnelle entre Paris et sa banlieue et au sein mĂȘme de l’espace parisien entre l’est et l’ouest. Si le phĂ©nomĂšne d’éviction de Paris des fonctions les plus banales et des couches populaires ou moyennes est ancien, il prend ces derniĂšres dĂ©cennies une vigueur considĂ©rable. Ce processus d’éjection est liĂ© en particulier Ă  une large bulle spĂ©culative au point que Paris connaĂźt aujourd’hui un processus de « londonisation », en rĂ©fĂ©rence aux logiques londoniennes.

En particulier, tout l’est parisien a connu un large processus de gentrification avec l’émergence ou l’arrivĂ©e de nouvelles couches aisĂ©es chassant en banlieue les catĂ©gories populaires qui y rĂ©sidaient. Pour autant, Paris demeure une des villes les plus duales de France. La mĂ©diane des revenus moyens atteint les 42 000 euros dans le VIIem contre 19 000 euros dans le XIXem arrondissement. Si le taux de pauvretĂ© est de 25 % de la population dans le XIXem et dĂ©passe les 20 % dans le XVIIIem et le XXem arrondissements, il tombe Ă  8 % dans le VIIem arrondissement.

Paris est en effet aujourd’hui devenue une des villes les plus chĂšres d’Europe et du monde. Augmentant de + 40 % en dix ans, le prix moyen d’un appartement atteint  9.070 euros au m2. Les prix parisiens sont supĂ©rieurs de 30 % Ă  la moyenne des dix premiĂšres mĂ©tropoles de province. Les arrondissements les plus chers sont les arrondissements centraux de la rive droite (IVem, Ie, et IIIem) et de la rive gauche (VIem : 13.123 euros/m2, Vem) et les beaux quartiers de l’ouest.

Cette logique est bien sur renforcĂ©e Ă  l’échelle des quartiers, selon leur emplacement, leurs qualitĂ©s architecturales et leurs amĂ©nitĂ©s urbaines. La moyenne des prix au m2 dans les quartiers Notre-Dame (IVem) et Saint-Germain des PrĂšs (VIem) dĂ©passe les 14.400 euros, contre 6.500 euros dans le quartier Flandre-Aubervilliers au nord-est (XIXem). Mais certains biens de prestiges en bordure de parc ou d’esplanade dans les trĂšs beaux immeubles de l’ouest peuvent dĂ©passer les 43 000 euros/m2 (Gros Caillou dans le VIIem prĂšs du Champs de Mars, quartiers des Ternes dans le XVIIem).

Dans ces conditions les loyers suivent. Ceci explique par rapport au reste de la France le faible taux de propriĂ©taires dans la population parisienne (33 %) face Ă  l’importance des locataires (67 %). Dans l’est, le taux de propriĂ©taire est de 27 %, du fait partiellement, du poids des logements sociaux. Il est bien sur le plus Ă©levĂ© dans les quartiers les plus huppĂ©s : 45 % dans le XVIĂšme et 40 % dans le VIĂšme arrondissement.

Avec 107.000 logements en rĂ©sidences secondaires (8 % du parc), Paris polarise 60 % du potentiel rĂ©gional de ce parc logement, qui est peu connu bien qu’il devance pourtant largement le potentiel des 80.600 chambres d’hĂŽtel (51,5 % IDF). Les rĂ©sidences secondaires sont importantes dans le centre (23 % du parc logement dans les IVĂšme et VIIIĂšme arrondissements). Elles sont souvent dĂ©tenues soit par la bourgeoisie de province qui y achĂšte un pied-Ă -terre, soit par de riches Ă©trangers qui viennent rĂ©guliĂšrement en villĂ©giature Ă  Paris. On voit aussi de multiplier de la part de certaines familles de banlieue des stratagĂšmes immobiliers (fausses domiciliation, location d’une chambre de bonne
) afin de contourner la carte scolaire et de pouvoir inscrire les enfants dans les meilleurs lycĂ©es parisiens. La centralitĂ© est un vrai marchĂ©, largement rĂ©munĂ©rateur.

Enfin, alors que s’étendent les systĂšmes de co-location pour faire face Ă  la hausse des loyers, en particulier chez les jeunes Ă©tudiants ou actifs, la crise du logement est importante. Face Ă  la multiplication des SDF (sans-domicile-fixe), la MunicipalitĂ© a mis en place un « plan grand froid » avec mise Ă  l’abri de ceux-ci les nuits d’hiver dans des gymnases. Elle tente aussi ces derniĂšres annĂ©es de contrer la forte montĂ©e en puissance des locations privĂ©es de logements sur les plateformes internet aux touristes français et Ă©trangers. La rente fonciĂšre et immobiliĂšre est donc un facteur essentiel pour comprendre les mutations Ă©conomiques, sociales et urbaines de la ville-capitale.

 

Paris : un tissu productif en profondes mutations

Paris est aussi un espace productif qui polarise 1,8 million d’emplois, soit presque un tiers des emplois franciliens. Si 45 % des actifs vivant Ă  Paris y travaillent, la capitale draine aussi des centaines de milliers d’actifs extĂ©rieurs qui viennent y travailler ou traversent la capitale pour rejoindre leurs lieux de travail en banlieue.

Ceci explique l’importance des flux migratoires journaliers dans Paris et dans toute l’Ile de France : le trafic cumulĂ© se monte Ă  4,736 milliards de voyages en 2017 (train, RER, mĂ©tro, tram, bus). On comprend mieux dans ces conditions la saturation aux heures de pointe des systĂšmes de transport routier (boulevard pĂ©riphĂ©rique, autoroutes et voies rapides) et ferroviaire (mĂ©tro, RER, SNCF) qui desservent la capitale. Ainsi, inaugurĂ©e en dĂ©cembre 1977, la ligne A du RER, d’orientation est-ouest entre Nation et la Place de l’Etoile, transporte Ă  elle seule jusqu’à 1,2 million de passagers par jour, ce qui en fait la ligne la plus chargĂ©e d’Europe.

Les profondes mutations sectorielles et fonctionnelles des derniĂšres dĂ©cennies se traduisent par d’importants bouleversements sociaux. On assiste en effet Ă  la trĂšs forte rĂ©duction des artisans et des petits commerçants, dont le tissu s’étiole (5 % des emplois), et Ă  la faiblesse des emplois ouvriers (9 %). On assiste par contre Ă  la forte hausse des cadres et professions intellectuelles supĂ©rieures (36 % des emplois), devant les professions intermĂ©diaires (25 %) et les employĂ©es (25 %). La capitale polarise ainsi 37 % des cadres franciliens et 13,5 % des cadres nationaux.

 

Les pouvoirs de commandement dans un espace restreint : le sociopĂŽle parisien

Une approche par grandes fonctions Ă©conomiques permet d’affiner ces analyses. MalgrĂ© la prĂ©sence des grands MinistĂšres et des fonctions politiques centrales, aux emplois au total assez limitĂ©s, il n’y a globalement aucune hypertrophie de la fonction publique dans l’emploi parisien (10 % des emplois, 14 % avec l’éducation).

Paris-Centre apparaĂźt surtout spĂ©cialisĂ© dans les fonctions de direction, de commandement et de gestion (37 % du potentiel francilien) de l’économie nationale. Il accueille en effet de nombreux siĂšges sociaux d’entreprises, malgrĂ© la concurrence du pĂŽle de La DĂ©fense. Cet espace est aussi trĂšs spĂ©cialisĂ© dans les prestations intellectuelles (40 % du potentiel francilien ; cabinets d’avocats, d’audit, de conseil, services informatiques, publicité ). Ces activitĂ©s, du moins leurs segments les plus stratĂ©giques et souvent trĂšs lucratifs, sont souvent localisĂ©es dans le « Triangle d’Or », un espace compris entre le VIIIem, le IXem et le XVIIem  arrondissement.

Ces activitĂ©s, acteurs et emplois sont au cƓur du processus de mĂ©tropolisation de la ville-capitale et de sa mĂ©tropole. Car la surpolarisation parisienne rĂ©side moins dans la localisation en son sein de l’appareil d’Etat que dans le rĂŽle - dĂ©cisif - jouĂ© par les siĂšges dĂ©cisionnels et les principales directions fonctionnelles des grandes entreprises. L’Ile-de-France, dont Paris, concentre en effet 80 % des siĂšges sociaux français.

Le fait est d’autant plus important que ces firmes sont de plus en plus concentrĂ©es Ă©conomiquement, dont puissantes et influentes, et de plus en plus internationalisĂ©es. Les principales firmes transnationales françaises disposent aujourd’hui de plus de salariĂ©s Ă  l’étranger qu’en France, faisant bien ainsi de Paris une ville-monde. Au delĂ  de la classique prĂ©sence des ambassades des pays Ă©trangers, ces fonctions sont renforcĂ©es par la prĂ©sence des siĂšges de deux organisations internationales : l’O.C.D.E et l’UNESCO.

Au total, lorsque l’on regarde l’image, on doit comprendre que l’essentiel du pouvoir politique, Ă©conomique et culturel se concentre en France dans un espace compris entre le sud de Boulogne-Billancourt (hors cadre), la Parc Monceau (nord-est de l’Arc de Triomphe) et le Jardin du Luxembourg. On y trouve aussi l’essentiel des acteurs de l’audiovisuel, publics comme privĂ©s : Maison de la Radio (en rive droite face aux grandes tours du XVem), France TĂ©lĂ©vision (prĂšs du Parc AndrĂ© CitroĂ«n sur Javel au sud-ouest), groupe TFI sur Boulogne Billancourt (le long de la Seine ; hors cadre)
.

Cette concentration gĂ©ographique du pouvoir se fonde aussi sur la puissance des rĂ©seaux interpersonnels de relations et des carnets d’adresses qui organisent les diffĂ©rents cercles de dĂ©cision. Cette proximitĂ© spatiale survalorise aussi un certains nombres d’atouts mĂ©tropolitains de premiers plans : clubs, salons ou associations plus ou moins fermĂ©s, restaurants de prestige, grands palaces de rang international
 Le tout permet le fonctionnement d’un vĂ©ritable sociopĂŽle de rang international dans un territoire mĂ©tropolitain d’une grande efficacitĂ©.

En doit enfin relever une rĂ©elle spĂ©cialisation dans certaines fonctions nationales spĂ©cifiques. Comme la culture et les loisirs (musĂ©es, théùtres, spectacles, audiovisuel
), qui reprĂ©sentent 51 % du potentiel francilien. Comme la santĂ© du fait du rĂŽle spĂ©cifique des grands hĂŽpitaux parisiens, souvent Ă  la pointe de la recherche et de l’innovation.

Zooms d’études

Le centre de Paris : ses monuments et musĂ©es prestigieux

Comme le montre l’image, nous sommes ici presque au centre gĂ©ographique de Paris. La forte densitĂ© du bĂąti est cependant aĂ©rĂ©e par de grands axes : par exemple, on trouve en rive sud le Boulevard Saint-Germain qui rejoint la Seine au Pont Alexandre III (1900) ou le Boulevard des Invalides parallĂšle Ă  la grande place du mĂȘme non, en rive nord la Rue Royale qui part de la Place de la Concorde et le boulevard de la Madeleine.

Cet espace central est surtout dotĂ© d’un grand privilĂšge : la prĂ©sence d’une sĂ©rie de grands parcs et d’espaces verts parallĂšles ou perpendiculaires Ă  la Seine qui mettent en valeur de prestigieux monuments qui sont autant d’atouts patrimoniaux, culturels et touristiques. On remarque aussi au sud de l’image les jardins des nombreux hĂŽtels particuliers qui rappellent l’importance historique des demeures aristocratiques ou bourgeoises dans l’urbanisation de cet espace.    

Au nord, en rive droite donc puisque la Seine coule de la droite vers la gauche de l’image, s’étend le vaste complexe du Louvre. On distingue bien la cour Sully, carrĂ©e et fermĂ©e sur elle mĂȘme, puis la cour ouverte avec en son centre la fameuse Pyramide de verre, de l’architecte sino-Ă©tatsunien Ming Pei inaugurĂ©e en 1989 pour le bicentenaire de la RĂ©volution de 1789 par le prĂ©sident François Mitterrand. C’est l’entrĂ©e principale qui donne accĂšs au MusĂ©e du Louvre, un des plus grands musĂ©es du monde dont les collections sont exceptionnelles en quantitĂ© et en qualitĂ©. Dans le musĂ©e, on peut apercevoir la base de la premiĂšre forteresse du Louvre bĂątie sous Philippe Auguste en 1202.

On distingue ensuite la Place du Carrousel et le grand Jardin des Tuileries créé au XVIem siĂšcle. Il donne sur la Place de la Concorde, crĂ©e en 1763, avec en son centre l’obĂ©lisque de Louxor offert par MĂ©hĂ©met Ali, vice-roi d’Egypte, Ă  Charles X en 1830. Dans cet axe historique majeur dĂ©bute l’avenue des Champs ElysĂ©es (1670), longue de deux kilomĂštres, avec Ă  gauche le Grand et le Petits Palais (musĂ©es), construits pour l’Exposition universelle de 1900, dont les immenses verriĂšres sont bien reconnaissables.

Toujours au nord, mais plus loin de la Seine, sont bien identifiables l’ensemble des Halles et la rotonde de l’ancienne Bourse de commerce. On trouve ensuite le rectangle vert du jardin du Palais Royal, construit par Richelieu en 1628. Puis la Place VendĂŽme, de forme carrĂ©e, qui est due Ă  l’architecte Jules Hardouin-Mansart en 1699, avec sa fameuse colonne Ă©levĂ©e en 1810, et oĂč se trouvent les plus prestigieux joailliers de la place de Paris. Et enfin, en bordure d’image, l’Eglise et la place de la Madeleine oĂč se trouvent des Ă©piciers et traiteurs de renom. Nous sommes ici dans un des hauts lieux de l’industrie et de la consommation de luxe dont la qualitĂ© urbaine forme l’écrin indispensable.

Dans l’angle droit de l’image se trouve la pointe de l’Ile de la CitĂ©. On distingue Ă  la pointe le square du Vert-Galant, puis la masse du Palais de Justice et une partie de la PrĂ©fecture de Police de Paris avec le fameux Quai des OrfĂšvres qui abrite les services de la PJ, la police judiciaire.

Sur la rive sud sont bien reconnaissables les hauts bĂątiments marrons de la FacultĂ© de MĂ©decine puis, le long de la Seine, le MusĂ©e d’Orsay (grands bĂątiments rectangulaires) créé par le PrĂ©sident Giscard d’Estaing en 1986 en rĂ©utilisant l’ancienne Gare d’Orsay commencĂ©e en 1810. Juste en face se trouve les locaux de la Chancellerie de l’Ordre de la LĂ©gion d’honneur.

Enfin, la partie occidentale de l’image prĂ©sente la vaste esplanade des Invalides avec au fond l’HĂŽtel des Invalides construit en 1670 par Louis XIV. Il est dominĂ© par le dĂŽme dorĂ© des Invalides, dĂ» Ă  Jules Hardoui-Mansart, qui culmine Ă  107 m. et est donc un repĂšre dans le paysage parisien. Cet ensemble abrite, entre autres, des musĂ©es militaires et le tombeau de NapolĂ©on 1er.

 

Un espace dĂ©cisionnel stratĂ©gique au cƓur du pouvoir politique

Cette image couvre l’espace qui est au cƓur du pouvoir politique exĂ©cutif, lĂ©gislatif et judiciaire de la France. Cette concentration spatiale et la proximitĂ© gĂ©ographique des diffĂ©rents acteurs qui en dĂ©coule jouent un rĂŽle Ă©minent dans les choix politiques, diplomatiques, militaires, Ă©conomiques, sociaux et culturels qui sont rĂ©alisĂ©s au nom de la France.  

En rive droite, le Palais de l’ElysĂ©e (1722), qui accueille la PrĂ©sidence de la RĂ©publique, se trouve dans le coin nord-ouest de l’image sur la longue et Ă©troite rue Saint-HonorĂ© d’orientation ouest-est. On distingue bien la cour d’honneur et les bĂątiments ainsi que le parc privĂ© qui donne presque sur l’avenue des Champs ElysĂ©es. Au delĂ  du Palais, lui mĂȘme de volumes restreints, les diffĂ©rents services de la PrĂ©sidence s’étendent sur plusieurs Ăźlots voisins.    

A quelques centaines de mĂštres au nord-ouest (hors cadre, mais sur zoom 3) se trouve le MinistĂšre de l’IntĂ©rieur, sur la Place Beauvau, et ses diffĂ©rents services qui occupent tout un Ăźlot. On trouve aussi passant devant l’ElysĂ©e la rue Saint-HonorĂ© oĂč se trouve l’Ambassade du Royaume-Uni puis, plus au sud-est, l’importante ambassade des Etats-Unis situĂ©e dans l’angle nord-ouest de la Place de la Concorde. Si le MinistĂšre des Finances a quittĂ© en 1988 l’aile nord du Louvre pour Bercy (XIIĂšme arrondissement) tout Ă  l’est de Paris (zooms 6 et 7), la Place VendĂŽme accueille le MinistĂšre de la Justice alors que le Palais Royal abrite le Conseil d’Etat, le Conseil constitutionnel et le MinistĂšre de la Culture.

Sur la rive sud, la densitĂ© des sites emblĂ©matiques du pouvoir est encore plus marquĂ©e dans l’espace compris entre l’esplanade des Invalides et le boulevard Saint-Germain qui, partant de la Seine devant l’AssemblĂ©e nationale va vers le sud-est et le quartier Latin. Le MinistĂšre des Affaires EtrangĂšres est au Quai d’Orsay (hĂŽtel de 1705) qui constitue un vaste ensemble bordant au bord de la Seine l’esplanade des Invalides.

Juste Ă  cotĂ© se trouve l’AssemblĂ©e nationale, qui fait face au pont de la Concorde, et l’HĂŽtel de Lassay (1730) dont les toits verts sont bien repĂ©rables. En descendant vers le sud se trouve ensuite la Rue Saint-Dominique qui accueille le MinistĂšre des ArmĂ©es, logĂ© dans l’HĂŽtel de Brienne, et l’ancien Etat-Major des ArmĂ©es (complexe de bĂątiments sur le Boulevard Saint Germain) et le petit MinistĂšre des Sports. Juste Ă  la pointe, Rue de SolfĂ©rino se trouvait durant de longues annĂ©es le siĂšge du Parti socialiste.

Puis la longue Rue de Grenelle accueille les MinistĂšre du Travail (cf. accords de Grenelles de 1968 qui y sont signĂ©s) et de l’Education nationale, mais aussi vers l’esplanade des Invalides les ambassades de Pologne, de Suisse et de CorĂ©e du Sud par exemple. Plus au sud encore se trouve la Rue de Varenne qui accueille le Premier Ministre Ă  l’HĂŽtel Matignon (1724) et le MinistĂšre de l’Agriculture, mais aussi le MusĂ©e Rodin sur l’esplanade des Invalides, avec en dessous le lycĂ©e Duruy et la PrĂ©sidence de la RĂ©gion Ile-de-France rue Barbet de Jouy. Enfin, le Boulevard Saint-Germain accueille le MinistĂšre des Transports et celui de la Transition Ă©cologique alors que le MinistĂšre des Outre-Mer est Rue Oudinot.

RepÚres géographiques

L’image est centrĂ©e sur le Champs de Mars et les beaux quartiers bourgeois du VIIem, XVem et, de l’autre cĂŽtĂ© de la Seine, du_XVIem arrondissements. Il est bordĂ© au sud-est par l’Ecole Militaire et ses vastes emprises, derriĂšre laquelle se trouve le Palais de l’UNESCO, l’agence de l’ONU pour l’éducation et la culture dont le bĂątiment prĂ©sente une forme triangulaire et qui rappelle le rĂŽle de Paris comme mĂ©tropole mondiale. Nous sommes ici au cƓur du Faubourg Saint-Germain (quartier du gros caillou par ex) et les prix immobiliers sur le Champs de Mars atteignent des sommets vertigineux.

 

Le rĂŽle des expositions universelles de 1889 et 1937 :  Paris, ville-monde

Au centre se reconnaĂźt aisĂ©ment la fameuse Tour Eiffel. Elle est construite pour l’Exposition universelle de 1889 et culmine Ă  324 m avec son antenne. C’est sans doute le monument touristique le plus emblĂ©matique de Paris Ă  l’international. A droite se trouve le MusĂ©e du Quai Branly, bien reconnaissable avec ses espaces verts et son toit marron, du au PrĂ©sident Jacques Chirac et ouvert en 2006.

En face, de l’autre cĂŽtĂ© de la Seine, qui comme le montre l’image est un axe fluvial animĂ© par d’importants flux de bateaux de tourisme et de pĂ©niches pour le fret, se trouve le Palais de Chaillot et le complexe des MusĂ©es du TrocadĂ©ro avec ses deux ailes bien reconnaissables. Ils sont construits pour l’Exposition universelle de 1937. Ils abritent aujourd’hui le MusĂ©e de l’Homme, le MusĂ©e de la Marine, le Théùtre National de Chaillot et la CitĂ© de l’architecture.

 

Les opérations urbaines des années 1970 aux années 2000

Cet espace a aussi connu dans les annĂ©es 1970 de profondes transformations urbaines (OpĂ©ration Front de Seine) comme en tĂ©moignent le long de la Seine en rive gauche la succession d’une vingtaine de grandes tours sur quai de Grenelle et le grand centre commercial Paris Beaugrenelle ouvert en 1979. Ces bĂątiments tremplacent les vieux quartiers industriels du sud Grenelle et de Javel (chimie, usines de munitions puis d’automobile Citröen, usines Ă©lectriques de la Thomson
).

De mĂȘme, entre le Champs de Mars et le Boulevard de Grenelle - qui traverse la Seine par le Pont de Bir-Hakeim (trĂšs utilisĂ© dans les publicitĂ©s ou les films comme de nombreux pont de Paris), en s’appuyant sur le petite Ile aux Cygnes - se trouve l’ancienne caserne Dupleix dĂ©truite en 1989. Ses vastes emprises ont Ă©tĂ© converties en une nouvelle zone rĂ©sidentielle relativement aĂ©rĂ©e avec ses allĂ©es vertes bien repĂ©rables. Tout prĂȘt d’ici Ă©tait situĂ© le fameux VĂ©lodrome d’Hiver (1909/1959), le Vel’d’Iv, aujourd’hui disparu qui servit en 1942 pour l’une des plus grandes rafles de Juifs de Paris durant l’occupation nazie.

RepÚres géographiques

Les beaux XVIĂšme et XVIIĂšme arrondissements

L’image est centrĂ©e sur l’axe historique qui traverse Paris du Louvre Ă  La DĂ©fense dans les Hauts de Seine (hors cadre) avec en son centre la Place de l’Etoile et l’Arc Triomphe, dĂ©butĂ© sous NapolĂ©on 1er en 1806 et achevĂ© en 1836 sous Louis Philippe. A l’est se dĂ©ploie la fameuse Avenue des Champs ElysĂ©es, longue de 2,2 kilomĂštres. Elle est continuĂ©e Ă  l’ouest par l’Avenue de la Grande ArmĂ©e qui donne sur la Porte Maillot et son important ensemble de spectacles et de congrĂšs en limite du boulevard pĂ©riphĂ©rique. En bas Ă  droite sont bien identifiables les musĂ©es du Grand et du Petit Palais, le Palais de l’ElysĂ©e (PrĂ©sidence de la RĂ©publique) et le MinistĂšre de l’IntĂ©rieur (cf. zoom 1).

Nous sommes ici dans les beaux quartiers de l’ouest parisien, avec le XVIem arrondissement au sud, le XVIIem arrondissement au nord, le VIIIem arrondissement Ă  l’est et, de l’autre cĂŽtĂ© du pĂ©riphĂ©rique, la ville de Neuilly. On est frappĂ© par un urbanisme de prestige qui associe grandes avenues arborĂ©es, comme la fameuse Avenue Foch qui partant de l’Etoile a une orientation nord-est/sud ouest, et des places souvent imposantes vers lesquelles convergent les axes (cf. place Victor Hugo au sud de l’Avenue Foch). Au nord-est se trouve le Parc Monceau d’une surface de 8,2 hectares (1852) situĂ© sur le Boulevard de Courcelles, un quartier lui aussi trĂšs chic. A l’ouest, Porte de la Muette, le ChĂąteau de la Muette, un hĂŽtel particulier construit par le baron Henri de Rothschild en 1922, est le siĂšge de l’O.C.D.E, une grande organisation internationale des pays dĂ©veloppĂ©s.

 

La ville de Neuilly, la banlieue chic en prolongement de l’ouest parisien

Au nord-ouest de l’image et de l’autre cotĂ© du pĂ©riphĂ©rique se trouve la ville de Neuilly. C’est une des communes les plus riches de France. Le revenu mĂ©dian des mĂ©nages aprĂšs impĂŽts y atteint 42 800 euros, contre 41 500 pour le trĂšs riche VIIeme arrondissement, et 26 200 euros pour l’ensemble de Paris.

Nous sommes pourtant lĂ  en banlieue. Mais trĂšs trĂšs loin de ce que peut ĂȘtre la Seine-Saint-Denis ou le Val-de-Marne. Car sous le terme gĂ©nĂ©rique de banlieue se cachent de multiples banlieues. Neuilly prolonge en fait vers l’ouest les beaux quartiers parisiens, tant au plan de sa sociologie que de son urbanisme. L’image tĂ©moigne bien de la qualitĂ© de l’espace rĂ©sidentiel qui apparaĂźt trĂšs arborĂ© tant dans les rues et avenues (Avenue du Roule
) que dans l’intĂ©rieur des Ăźlots urbains avec de nombreux jardins et parcs privatifs.

 

Le Bois de Boulogne : le poumon vert de l’ouest parisien

Appartenant au XVIeme arrondissement, le Bois de Boulogne est, avec le Bois de Vincennes Ă  l’est, un des deux grands poumons verts de la capitale. Il s’étend Ă  l’emplacement d’une ancienne forĂȘt qui servit longtemps au Moyen-Age de rĂ©serve de chasse royale avant d’ĂȘtre cĂ©dĂ© par NapolĂ©on III Ă  la Ville de Paris. Son aspect actuel date donc des travaux lancĂ©s entre 1853 et 1857 sous le Second Empire. Il couvre aujourd’hui 8,46 km2.

On distingue bien au nord le Jardin d’acclimatation, un ancien petit zoo transformĂ© en parcs d‘attraction, le lac infĂ©rieur et les installations du Cercle du Bois de Boulogne (tennis en orange). Cette prĂ©sence rappelle l’importance de parc comme lieu de rĂ©crĂ©ation, de promenade et de dĂ©tente (Jardins de Bagatelle, hippodrome de Longchamps, PrĂ© Catelan
) et d’accueil soit de grandes fondations (Louis Vuitton
), soit de clubs privĂ©s particuliĂšrement huppĂ©s (Golf du Polo Club de Paris, Racing Club
).

RepÚres géographiques

Le cƓur historique du Paris antique puis mĂ©diĂ©val

L’image est centrĂ©e sur la Montagne Sainte-GeneviĂšve dominĂ©e par le PanthĂ©on (1790). Sur la rive gauche se trouvent les VĂšme et VIĂšme arrondissements. A droite se trouve le Jardin du Luxembourg, avec au nord le Palais du SĂ©nat (1631). Il est bordĂ© par le Boulevard Saint-Michel d’orientation nord/sud, qui croise le Boulevard Saint-Germain, d’orientation ouest/est.

A leur angle se trouvent les anciens thermes romains et le MusĂ©e de Cluny (hĂŽtel de 1510), bien identifiables par les espaces verts. Les anciennes ArĂšnes de LutĂšce se trouvent Ă  l’est du PanthĂ©on (place ronde jaune entourĂ©e de verdure). Avec l’Ile de la CitĂ©, nous sommes au cƓur historique de Paris.

Nous sommes ici surtout au cƓur du Quartier Latin avec ses universitĂ©s et centres de recherche (CollĂšge de France
), comme l’Institut de GĂ©ographie de la rue Saint-Jacques, ses Ă©diteurs et librairies ou ses théùtres (OdĂ©on, au nord du SĂ©nat, toit rouge, Ă  cotĂ© de l’Eglise Saint Sulpice). La Place du PanthĂ©on ouvre au sud sur la rue d’Ulm oĂč se trouve l’Institut Pierre et Marie Curie contre le cancer puis l’Ecole Normale SupĂ©rieure de la Rue d’Ulm.

A l’est et en bordure de Seine se trouve le grand complexe universitaire de Jussieu, construit sur l’ancienne Halle aux Vins en 1964 et dominĂ© par sa haute tour. Il est bordĂ© vers la Seine par l’Institut du Monde arabe inaugurĂ© par François Mitterrand en 1987. Il est complĂ©tĂ© au sud-est par le Jardin des Plantes dotĂ© d’un parc de 23 hectares et le MusĂ©um national d’histoire naturelle et ses nombreux MusĂ©es dont la fameuse Grande Galerie de l’Evolution (toit blanc brillant), avec en face la Grande MosquĂ©e de Paris (1926).

 

Le Paris des Ăźles

Les deux Ăźles - Ile de la CitĂ© Ă  l’ouest, Ile Saint-Louis Ă  l’est - sont au cƓur de la ville. Si l’Ile Saint-Louis est rĂ©sidentielle, l’Ile de la CitĂ© est vouĂ©e pour l’essentiel d’un cĂŽtĂ© aux fonctions religieuses avec la cathĂ©drale Notre-Dame-de-Paris (1163/1345), de l’autres aux fonctions publiques avec d’est en ouest l’HĂŽpital de l’HĂŽtel-Dieu (grands quadrilatĂšres gris), la PrĂ©fecture de Police et le Tribunal de Commerce et, enfin, le puissant complexe du Palais de Justice.

Celui-ci abrite le Palais de Justice, en cours de dĂ©mĂ©nagement vers les Batignolles au nord-ouest de Paris dans de nouveaux locaux prĂšs du pĂ©riphĂ©rique, la direction de la Police judiciaire, le fameux Quai des OrfĂšvres, et la Cour de Cassation, une des plus haute juridiction du pays. On y trouve aussi deux grands monuments, la Conciergerie et la Sainte-Chapelle, Ă©difiĂ©e par Saint Louis (1248), qui sont l’hĂ©ritage du Palais de la CitĂ© qui servit de rĂ©sidence et de siĂšge au pouvoir royal du XĂšme au XIVĂšme siĂšcles.

En rive droite face Ă  l’Ile de la CitĂ© se trouve la Tour Saint-Jacques (1523) avec le Théùtre de la Ville et le Théùtre du ChĂątelet, et - plus Ă  droite - l’HĂŽtel de Ville de Paris. Au coin nord-est de l’image s’étend le quartier du Marais alors que le toit bleu de Beaubourg- Centre Georges Pompidou, ouvert en 1977, se distingue au coin de l’image.

RepÚres géographiques

Nous sommes ici dans le nord-est parisien, le Paris traditionnellement ouvrier et populaire des XĂšme, XVIIIĂšme, XIXĂšme et XXĂšme arrondissements. Il est traversĂ© par le bassin de la Villette (1808) et le canal Saint Martin (1822), qui continue le canal de l’Ourcq, construit entre 1802 et 1825 pour alimenter Paris en eau, pour rejoindre la Seine.

 

Le Paris des gares ferroviaires : entre hĂ©ritages et contraintes

L’image est centrĂ©e sur la gare du Nord (1846, avec le rĂ©seau TGV vers Bruxelles et Londres), en haut Ă  gauche, et la gare de l’Est (1849), en bas Ă  droite, dont les emprises ferroviaires sont considĂ©rables. Cette prĂ©sence de trĂšs grandes gares (Montparnasse, Saint-Lazare, Austerlitz, Lyon, de l’Est et du Nord, Bercy) tĂ©moigne du rĂŽle de Paris comme nƓud ferroviaire central dans l’espace national er rĂ©gional.

Mais, comme dans de nombreuses mĂ©tropoles europĂ©ennes, elles finissent en cul-de-sac puisqu’elles ont Ă©tĂ© construites au XIXĂšme siĂšcle par des compagnies ferroviaires rĂ©gionales. Cette organisation technique et spatiale aboutit Ă  une rupture de charge qui induit aujourd’hui de nombreux dĂ©placements pour accĂ©der d’une gare Ă  l’autre. Tout en bas de l’image enfin se trouve la Place de la RĂ©publique, haut lieu des manifestations politiques et syndicales.

 

Les forts contrastes des quartiers populaires du nord-est et de l’est

Cet espace prĂ©sente pourtant de forts contrastes urbains et sociaux. Ainsi, tout en haut Ă  droite est bien identifiable la chic Butte Montmartre, point culminant de Paris Ă  130 m. Elle couronnĂ©e par la basilique blanche du SacrĂ©-CƓur, un monument emblĂ©matique de Paris lancĂ© en 1875 pour cĂ©lĂ©brer l’écrasement de la Commune de Paris de 1871. C’est aujourd’hui un haut lieu du tourisme, avec par exemple sa fameuse Place du Tertre et ses peintres. Elle s’oppose nettement au quartier trĂšs populaire et encore trĂšs immigrĂ© de La Chapelle qui s’étend Ă  l’est entre le boulevard BarbĂšs, d’orientation nord/sud, et les voies ferrĂ©es.

Au sud, Ă  ses pieds, passe un des grands axes (Boulevard de Rochechouart, puis de La Chapelle
) qui se caractĂ©rise par sa ligne de mĂ©tro aĂ©rien, un cas assez rare puisque l’essentiel du rĂ©seau est, comme le RER, souterrain. A l’est de l’image se trouve le parc des Buttes Chaumonts, un Ăźlot de verdure de 24 hectares ouvert en 1867 dans un tissu urbain trĂšs dense. Son sous-sol fut exploitĂ© jusqu’en 1860 par des carriĂšres de gypse et de meuliĂšre pour la construction. Cet exemple vient rappeler que le sous-sol de Paris, et d’une partie de sa banlieue, est souvent un vĂ©ritable gruyĂšre et que le Service des Mines est chargĂ© de sa surveillance afin de prĂ©venir effondrements ou Ă©boulements.

RepÚres géographiques

Le boulevard pĂ©riphĂ©rique : l’axe urbain le plus embouteillĂ© d’Europe

L’image est centrĂ©e ici sur l’entrĂ©e de la Seine dans Paris, au sud-est de la ville. Nous sommes ici dans le XIIeme, au nord, et XIIIeme, au sud, arrondissements. On reconnaĂźt dans l’angle sud-est le boulevard pĂ©riphĂ©rique. Construite par Ă©tape entre 1956 et 1973 sur l’emplacement des anciennes fortifications afin de rĂ©pondre Ă  l’explosion du trafic automobile, cette voie circulaire de 35 km fait le tour de Paris.

Neuf autoroutes ou voies rapides viennent s’y greffer. C’est aujourd’hui le grand axe urbain le plus empruntĂ© et le plus embouteillĂ© d’Europe malgrĂ© la construction de deux systĂšmes autoroutiers de contournement en banlieue et grande banlieue ces derniĂšres dĂ©cennies.

 

Les opĂ©rations urbaines des gares de Lyon et Austerlitz : la conquĂȘte de l’est

La Seine est bordĂ©e de part et d’autre par d’importantes emprises ferroviaires. Du fait de la prĂ©sence du fleuve et des gares, ces espaces accueillirent trĂšs longtemps des activitĂ©s industrielles, artisanales ou d’entrepĂŽts. Elles ont connu ces derniĂšres dĂ©cennies de grandes opĂ©rations urbaines bien lisibles sur l’image.

En rive droite, le quartier de la Gare de Lyon, ouverte en 1849, a Ă©tĂ© profondĂ©ment remaniĂ© avec la construction d’un semble de vastes tours dominant le fleuve, en particulier les nouveaux bĂątiments du MinistĂšre des Finance qui borde le pont de Bercy sur lequel passe le mĂ©tro aĂ©rien. Vers le sud-ouest se distingue bien l’immense tache grise du complexe Arena – ex-Palais omnisport Paris-Bercy, une vaste salle de sport et de spectacle ouverte en 1984 - puis le grand parc de Bercy (14 ha.) créé en 1993 auquel est collĂ© au sud le « village de Bercy ».

Sur la rive sud, la gare d’Austerlitz est bordĂ©e au sud par les emprises de l’HĂŽpital de la PitiĂ© SalpĂȘtriĂšre. Puis le long de la Seine se distingue le site de la Grande BibliothĂšque François Mitterrand (zoom 7) puis, surtout, le nouveau quartier universitaire des annĂ©es 2000 qui accueille en particulier l’UniversitĂ© Paris Diderot.

Plus au nord-est de l’image (hors cadre), la ZAC Charenton est un des derniers grands espaces urbains disponibles. Cette friche de 80 hectares se situe entre l'un des plus grands faisceaux ferroviaires d'Europe, un Ă©norme Ă©changeur autoroutier et un accĂšs direct Ă  gare de Lyon, au pĂ©riphĂ©rique et au bois de Vincennes. AprĂšs la construction de la Tour Montparnasse (210 m.), entre 1969 et 1973, la question de l’érection de trĂšs hauts bĂątiments, et donc la trĂšs forte densification du foncier, Ă©tait devenue un tabou jusqu’à la construction des nouveaux bĂątiments du Palais de Justice aux Batignolles en 2018 le long du boulevard pĂ©riphĂ©rique. Dans le contexte actuel, on voit rĂ©apparaitre la multiplication de nouveaux projets de hautes tours de 100 Ă  200 m. de haut.

RepÚres géographiques

Aménagements, densifications et rares espaces verts

La Seine, utilisĂ©e aussi comme espace rĂ©sidentiel prisĂ© par certains Parisiens comme en tĂ©moignent les nombreuses pĂ©niches amarrĂ©es au quai, est traversĂ©e par deux ponts, de Tolbiac en haut, de Bercy en bas avec la passerelle Simone de Beauvoir au centre. La Seine est Ă  la fois une coupure urbaine imposant ses contraintes, mais tout autant un axe logistique et un lieu de dĂ©tente et de promenade, trĂšs frĂ©quentĂ© dans sa zone centrale par les touristes. L’affectation des berges aux diffĂ©rentes fonctions est parfois l’objet de vives polĂ©miques (cf. piĂ©tonisation des berges dans le centre).

Dans la capitale, le foncier est rare, donc trĂšs cher et les emprises disponibles prĂ©cieuses. L’image montre se faisant face deux logiques opposĂ©es dans la rĂ©affectation des grandes emprises, de plus en plus rares, qui peuvent se libĂ©rer lors de l’arrĂȘt d’une activitĂ©. A droite a prĂ©valu la densification Ă  la fois des parcelles et des Ăźlots avec la construction de bĂątiments Ă©levĂ©s et trĂšs serrĂ©s malgrĂ© quelques efforts de plantation. A gauche a prĂ©valu une logique de dĂ©densification avec la crĂ©ation dans la continuitĂ© du grand complexe de Bercy d’un nouveau parc urbain. A signaler en dessous de celui-ci, de l’autre cotĂ© de pont de Bercy en limite de document une vue sur le MinistĂšre de l’Economie et des Finances.

 

MonumentalitĂ© et marqueurs spatiaux du pouvoir : les grandes opĂ©rations prĂ©sidentielles

L’autre intĂ©rĂȘt de l’image est de prĂ©senter la Grande BibliothĂšque Nationale de France François Mitterrand. LancĂ©e par le PrĂ©sident, elle est construite sur l’emplacement d’une ancienne verrerie au cƓur de la ZAC Rive Gauche et inaugurĂ©e en 1995. S’étendant sur un site de 7,5 hectares, elle est constituĂ©e d’un grand quadrilatĂšre surĂ©levĂ© dominĂ© Ă  chaque angle par une tour de 79 m. de haut (22 Ă©tages) Ă  deux ailes symbolisant un livre ouvert avec Ă  l’intĂ©rieur un jardin arborĂ©.

Cet exemple est emblĂ©matique d’une ancienne tradition monarchique remobilisĂ©e par de nombreux PrĂ©sidents de la Veme RĂ©publique. Georges Pompidou (Centre Beaubourg, voies sur berge), ValĂ©ry Giscard d’Estaing (Gare d’Orsay), Jacques Chirac (MusĂ©e des Arts Premiers) et François Mitterrand (Pyramide du Louvre, Grande BibliothĂšque, Arche de La DĂ©fense
) ont cherchĂ© Ă  travers un monument Ă  laisser une marque de leur passage dans le tissu urbain parisien. Ces grandes opĂ©rations prĂ©sidentielles, trĂšs rares dans les autres capitales europĂ©ennes, sont lĂ  encore un des caractĂšres trĂšs spĂ©cifiques du rĂŽle de Paris comme ville-capitale.

RepÚres géographiques

Le Parc des expositions de la Porte de Versailles

Nous sommes ici dans l’extrĂȘme sud-ouest de Paris. On reconnaĂźt au nord les boulevards des MarĂ©chaux et le boulevard pĂ©riphĂ©rique, qui sert de limite communale. Cet espace intermĂ©diaire a Ă©tĂ© lui aussi profondĂ©ment remaniĂ© par de grandes opĂ©rations immobiliĂšres.

A l’est se reconnaĂźt le vaste complexe du Parc des Expositions de la Porte de Versailles, dont les premiĂšres constructions datent des annĂ©es 1920/1930. Ses huit pavillons, reprĂ©sentant 228 000 m2, accueillent de grands Ă©vĂšnements comme le Salon de l’Agriculture. La forme ronde et grise, bien visible, est le « DĂŽme de Paris ». Il rappelle l’importance de Paris et de l’Ile-de-France comme grand pĂŽle national et international de salons, congrĂšs, sĂ©minaires et expositions techniques et commerciales.

 

L’importance des fonctions militaires : DGA et nouvel Etats-Majors des ArmĂ©es

Tout le reste de l’emprise - de la rue de la Porte d’Issy, qui borde le grand pavillon 1 (masse grise avec petits points blancs), Ă  la Seine – est d’une toute autre nature. On y trouve un premier vaste ensemble avec une tour dominant une forme ronde : ce sont les services centraux de la Direction GĂ©nĂ©rale des Armements (DGA) du MinistĂšre de la DĂ©fense qui participe au pilotage des industries d’armement.

Vers la Seine, un nouveau complexe noir aux nombreux bĂątiments entremĂȘlĂ©s a Ă©tĂ© construit : c’est l’« Hexagone Balard », parfois dĂ©nommé « Pentagone Ă  la française », construit entre 2012 et 2015. C’est ici que se trouvent les quelques 9 300 militaires de l’Etat-Major des ArmĂ©es, qui a quittĂ© ces anciens locaux du Boulevard Saint-Germain prĂ©s du site du MinistĂšre de la DĂ©fense. Nous sommes ici au cƓur du centre opĂ©rationnel des ArmĂ©es françaises pour ses interventions en France et dans le monde.

 

Issy : mĂ©tamorphose et gentrification d’une vieille commune industrielle

Au sud de l’image, de l’autre cĂŽtĂ© du pĂ©riphĂ©rique, nous rentrons dans la banlieue. Nous sommes ici sur la commune d’Issy-les-Moulineaux. Le paysage et les formes urbaines changent considĂ©rablement avec une juxtaposition de structures diffĂ©rentes : quartiers pavillonnaires, habitats collectifs des annĂ©es 1930, 1950/1960 ou 1980/2000, nouvelles opĂ©rations d’urbanisme des annĂ©es 2010 sur le front de Seine
 Cette vieille commune ouvriĂšre s’est mĂ©tamorphosĂ©e et progressivement gentrifiĂ©e en quelques dĂ©cennies.

A l’ouest, au bord du pĂ©riphĂ©rique, s’étend l’hĂ©liport qui accueille les hĂ©licoptĂšres des administrations ou des riches hommes d’affaires alors que de survol de Paris est strictement interdit Ă  basse altitude pour des raisons de sĂ©curitĂ©. Au sud se trouvent un parc et des installations sportives et Ă  l’est l’Aquaboulevard (pointes grises et piscines bleues extĂ©rieures) et un grand complexe commercial.

Mais ces derniĂšres annĂ©es, l’essentiel s’est jouĂ© vers la Seine, tout l’espace Ă  l’ouest de l’hĂ©liport ayant Ă©tĂ© bouleversĂ© par de grandes opĂ©rations immobiliĂšres. Cet espace accueille d’importants siĂšges sociaux de grandes firmes françaises ou Ă©trangĂšres (logiciels, informatique, pharmacie
) et les locaux de l’audiovisuel public (France TĂ©lĂ©vision
) ou pivĂ©.

Dans le coin ouest de l’image se trouve le long de la Seine l’usine du Sycton (toits marrons rectangulaire), qui brĂ»le les ordures mĂ©nagĂšres de la ville de Paris et d’une partie de la banlieue. Elle est complĂ©tĂ©e par celles de Saint-Ouen (93) et d’Ivry-sur-Seine (92). De mĂȘme, on y trouve une importante centrale Ă  bĂ©ton, qui alimente tous les chantiers de Paris, directement en bordure de Seine oĂč elle reçoit par pĂ©niche sable et ciment. Ce sont les derniers hĂ©ritages de l’ancienne industrie d’Issy. 

RepÚres géographiques

Le rÎle des Portes pour entrée dans Paris

Nous sommes ici au sud-ouest de Paris, à cheval sur Paris au nord et les communes de Malakoff et Montrouge au sud. Le puissant axe ferroviaire qui coupe l’angle nord-ouest de l’image dessert la gare Montparnasse.

Comme dans tout Paris, les grandes artĂšres dĂ©bouchent sur des « Portes » : a l’est, l’avenue du GĂ©nĂ©ral Leclerc arrive Ă  la Porte d’OrlĂ©ans, puis vient la Porte de Chatillon entre le cimetiĂšre et le centre sportif Jules NoĂ«l, puis la Porte de Vanves, moins connue cependant que le Porte de Clignancourt au nord de Paris pour son « marchĂ© aux puces ».

Cette terminologie est aussi utilisée pour nommer les stations de métro des lignes parisiennes. Elle témoigne bien des trÚs vieux héritages séculaires qui structurent les rapports identitaires entre Paris et la banlieue de sa premiÚre couronne urbaine.

 

L’ancienne zone des fortifications : un espace tampon entre Paris et sa banlieue

Comme pour Issy-les-Moulineaux, l’hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© urbaine prĂ©domine. Mais contrairement Ă  Issy, le vieux tissu mixte de la banlieue ouvriĂšre garde encore la marque de quelques usines et ateliers. Pour autant, l’économie locale se transforme avec l’arrivĂ©e de siĂšges d’entreprises qui fuient les prix immobiliers de plus en plus Ă©levĂ©s de Paris-intra muros. Ainsi, une grande banque, le CrĂ©dit agricole, a installĂ© son siĂšge social  en plein Montrouge (bĂątiments rectangulaires et gris entourant un parc avec une tĂąche blanche).

Mais le plus remarquable réside sans doute dans la zone tampon qui se déploie entre Paris et sa banlieue. Au nord du périphérique, sur le territoire de la vile de Paris, se trouve un espace intermédiaire bordé au nord par un grand axe est/ouest, le Boulevard Brune, sur lequel une ligne de tramway a été installée. Il appartient à la ceinture des boulevards dits des Maréchaux, du nom des généraux et maréchaux du 1er Empire dont ils portent les noms.

Cette zone correspond Ă  l’ancienne ceinture des fortifications qui entouraient Paris. Leur destruction a libĂ©rĂ© de vastes emprises occupĂ©es par des cimetiĂšres, des ensembles de logements sociaux aux formes urbaines et architecturales bien marquĂ©es et des fonctions collectives (Ă©tablissements scolaires comme le LycĂ©e Raspail avec ses trois barres blanches et infrastructures sportives).

RepÚres géographiques

Image complémentaire

Contient des informations Pléiades © CNES 2019, Distribution Airbus DS, tous droits réservés

Image rĂ©alisĂ©e le 29 mars 2019 par un satellite Pleiades. Il s’agit d’une image en couleur naturelle, de rĂ©solution native Ă  0,70m, rĂ©-Ă©chantillonnĂ©e Ă  0,5m.

 

Traduction

Traduction de ce dossier en espagnol

 

Références ou compléments bibliographiques

Ouvrages :

  • Laurent CarrouĂ© : « L’Ile-de-France », in Les Treize rĂ©gions françaises, coll. U, Armand Colin, Paris, 2018
  • Jean Favier : Parus, deux mille ans d’histoire, Fayard, Paris, 1997
  • Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon : Les Ghettos du gotha, Le Seuil, Paris, 2007


Organismes :

Auteur

Laurent CarrouĂ©, Inspecteur GĂ©nĂ©ral de l’Education nationale, du Sport et de la Recherche, Directeur de recherche Ă  l’Institut Français de GĂ©opolitique (IFG, UniversitĂ© Pais VIII)

A propos de GeoImage

Les images satellitaires constituent aujourd'hui un outil incontournable dans de nombreux domaines, qu'il soient scientifiques, pédagogiques ou grand public. Afin de valoriser leur usage éducatif et de promouvoir l'analyse de l'image spatiale, le CNES a développé GeoImage, en partenariat avec le MinistÚre de l'Education nationale, de l'Enseignement suprérieur et de la Recherche.