Le Mont Erebus et la station américaine de McMurdo

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Le mont Erebus se trouve au sein de la dépendance de Ross, revendication néo-zélandaise sur l’Antarctique. Il fait partie des trois volcans constituant l’île de Ross, où s’accroche la barrière occidentale de la plate-forme flottante (ice shelf) de Ross. C’est la plus grande plateforme de glace flottante du monde, d’une superficie de 472 000 km². On la distingue bien en bas de l’image : sa limite nord est l’île de Ross. Cet ensemble volcanique est associé au rift de l'Antarctique occidental, c'est à dire une zone où la croûte terrestre s'amincie en raison de mouvement d'extension de part et d'autre du rift. Des remontées de magmas vont ainsi permettre la mise en place d'édifices volcaniques sur l'île de Ross. Le mont Erebus situé dans la partie centre-ouest, en constitue le point culminant à 3 794 mètres d'altitude. A l’est, la mer de Ross apparait  recouverte de banquise, sur l’image.

L'Erebus est un stratovolcan actif depuis environ 1,3 million d’années et c’est le volcan en activité le plus austral du monde : sa phase éruptive actuelle dure depuis décembre 1972 (date des premières observations). Il est caractérisé par la présence d'un lac de lave permanent et visible sur l'image : présence d'un point rouge au niveau du sommet sur cette image prise par un satellite Sentinel-2 en 2019. Ce lac est alimenté par du magma de composition phonolitique, relativement riche en éléments alcalins. On distingue aussi sur cette image, le cône volcanique recouvert de neige et glace, les affleurements sombres de roches volcaniques et une ancienne caldeira, des depressions de cratères sommitaux.

Le volcan tire son nom tient son nom du HMS Erebus (1826), un des deux navires de l'expédition menée par le Britannique James Clark Ross qui le découvrit en 1841. Depuis, plusieurs explorations scientifiques ont eu lieu pendant les courts étés australs mais les conditions climatiques extrêmes limitent encore le champ de connaissances sur ce volcan. Les études sont orientées principalement sur son histoire éruptive, sa pétrologie, sa géophysique, les caractéristiques de son lac de lave ainsi que des gaz volcaniques ainsi que les formes de vie simples qui se développent uniquement autour des fumerolles présentes sur certaines pentes. Précurseur du tourisme Antarctique, le mont Erebus a été le théâtre, en 1979, d'une catastrophe aérienne faisant 257 victimes sur le vol 901 Air New Zealand.

Au pied du volcan, au sud du mont Erebus, se trouve la base américaine antarctique de McMurdo. Elle sert également de port logistique pour la moitié du continent. Pour y accéder, l’avion se pose sur une piste aménagée sur la barrière de Ross, le prolongement de l'inlandsis sur la mer de Ross. Les campagnes scientifiques sont menées durant l'été austral, de début décembre à début janvier, ce qui permet aux équipes de gravir le volcan pour y vivre et l'étudier pendant quelques semaines. Les conditions de vie y sont particulièrement rudes : la moyenne des températures sous abri est de −20 °C durant l'été austral.

Image du Mont-Erebus prise par un satellite Sentinel-2 le 9 novembre 2019. On observe la présence d'un lac de lave au fond de son cratère principal :

On distingue bien sur l’image la base de Mc Murdo construite en 1956 dans le cadre de l'opération américaine Deep Freeze, Cette station a été développée pour soutenir les expéditions scientifique, comme celle à l'occasion de l'année de la géophysique internationale en 1957-58. 

La base a été construite avec un port, située juste au bord de l’île de Ross. La station abrite trois aéroports, un héliport et une centaine de bâtiments. Elle est dominée par la colline « Observation hill » dont on aperçoit bien la petite caldeira. La station abrite jusqu’à 1200 personnes en été, 200 en hiver. Depuis 2006, la station est reliée à la base antarctique Amundsen-Scott (Pôle Sud) par une route de 1 600 kilomètres de long que l’on distingue sur l’image.

Aujourd'hui cette base accueille des laboratoires, des ateliers, des logements et des infrastructures techniques nécessaires pour les programmes scientifiques 

Autrice

Camille Escudé, agrégée et docteure, Science Po Paris, membre du GDR Arctique du CNRS ainsi que du Comité National Français de la Recherche Arctique et Antarctique

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