Image satellite de la ville Londonderry

Alsace - Mulhouse : une ancienne ville industrielle en mutation

Le territoire et les paysages de Mulhouse ont Ă©tĂ© profondĂ©ment marquĂ©s par son industrialisation prĂ©coce au XIXe siĂšcle. Longtemps considĂ©rĂ©e comme le Manchester français, son organisation spatiale porte les hĂ©ritages de son passĂ© industriel mais aussi de sa dĂ©sindustrialisation depuis les annĂ©es 1970 : les contrastes socio-spatiaux sont au cƓur des enjeux mulhousiens. Seconde agglomĂ©ration d’Alsace en population, elle cherche Ă  retrouver une attractivitĂ© Ă©conomique et Ă  se forger une identitĂ© mĂ©tropolitaine depuis les annĂ©es 1990, stratĂ©gie contrainte et freinĂ©e par l’influence des mĂ©tropoles strasbourgeoise et bĂąloise.

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Ci-dessous, l'image satellite Pleiades, prĂ©sente quelques repĂšres gĂ©ographiques de l'agglomĂ©ration situĂ©e dans le Nord -Est de la France, prĂšs des frontiĂšres suisse et allemande :

PrĂ©sentation de l’image globale

Mulhouse : une ancienne ville industrielle en mutation

Une agglomĂ©ration structurant le sud de la Plaine d’Alsace

L’agglomĂ©ration mulhousienne est la seconde d’Alsace, concentrant plus de 110 000 habitants pour la ville-centre et plus de 280 000 habitants pour sa communautĂ© d’agglomĂ©ration (dite M2A, pour Mulhouse Alsace AgglomĂ©ration). L’image couvre une trĂšs grande partie de la communautĂ© d’agglomĂ©ration : seules les communes pĂ©riurbaines rhĂ©nanes ne sont pas visibles ici.

Elle s’étend du piĂ©mont du massif des Vosges Ă  l’ouest Ă  la forĂȘt de la Hardt Ă  l’est et des collines du Sundgau au sud Ă  l’ouverture de la plaine d’Alsace au nord. SituĂ©e en frontiĂšre de la Suisse (sud-est, mais hors image) et de l’Allemagne (est, mais hors image), cette ville industrielle s’est dĂ©veloppĂ©e au carrefour de la plaine d’Alsace qui ouvre vers Strasbourg au nord, de l’axe Rhin-RhĂŽne Ă  l’ouest et de l’espace sud-rhĂ©nan vers BĂąle et la Suisse au sud. On peut facilement identifier quatre ensembles sur cette image. 

  • Mulhouse qui polarise l’ensemble du territoire et se caractĂ©rise par son Ă©talement urbain au centre de l’image.
  • Deux pĂ©riphĂ©ries marquĂ©es par leurs fonctions Ă©conomiques industrielles : les communes du Bassin potassique au nord-ouest qui constitue un territoire industriel et minier en reconversion (onze communes, dont Wittelsheim et Wittenheim); l’Ile NapolĂ©on et l’implantation du groupe PSA Ă  l’est de l’image, au croisement de l’A35 et de l’A 36,
  • Une pĂ©riphĂ©rie attractive et rĂ©sidentielle : l’espace pĂ©riurbain multipolarisĂ© au sud de l’image, constituĂ© de villes et villages sous influence de Mulhouse et de BĂąle.

 

Des fonctions mĂ©tropolitaines au rayonnement limitĂ© 

S’il est difficile de qualifier Mulhouse de mĂ©tropole, l’agglomĂ©ration dispose de fonctions de commandement culturelles incarnĂ©es par son universitĂ© de Haute Alsace, implantĂ©e sur deux campus (Illberg, La Fonderie) et ses centres de recherches. Elle bĂ©nĂ©ficie de plusieurs Ă©quipements culturels qui permettent Ă  la ville de se prĂ©senter comme un espace touristique et de loisir : une salle de spectacle d’envergure (La Filature), de nombreux musĂ©es (du chemin de fer, de l’électricitĂ©, la CitĂ© de l’auto) et son parc zoologique (qui accueille plus de 400 000 visiteurs chaque annĂ©e).

Mulhouse accueille Ă©galement de multiples zones d’activitĂ©. Dans les quartiers centraux comme dans le quartier Gare - qui se veut le nouveau quartier d’affaires - ou dans le quartier de la Fonderie, espace dĂ©diĂ© Ă  l’économie numĂ©rique. Mais aussi dans les quartiers pĂ©riphĂ©riques comme la zone franche du Parc des collines Ă  l’ouest de la ville ou l’Ile NapolĂ©on avec le site du groupe Peugeot SA (PSA) Ă  l’est.

Son Ă©conomie tournĂ©e historiquement vers la sphĂšre productive - fondĂ©e sur l‘installation d’entreprises industrielles Ă  forte intensitĂ© de travail - se reconvertit progressivement dans une Ă©conomie de services et dans une Ă©conomie prĂ©sentielle (santĂ©, avec par exemple grand hĂŽpital rĂ©gional Emile Muller au sud, administrations). A cet Ă©gard si le groupe PSA est le premier pourvoyeur d’emplois dans la rĂ©gion mulhousienne, le secteur hospitalier et de santĂ© et les administrations municipale et intercommunale sont les autres activitĂ©s concentrant les emplois.

Toutefois, elle manque de fonctions métropolitaines stratégiques et sa métropolisation est entravée par le rayonnement de Strasbourg au nord et celui de Bùle au sud. Vue de Bùle, Mulhouse est une périphérie intégrée et son aire urbaine est autant polarisée par Bùle que par Mulhouse.

 

Une insertion de qualité dans les réseaux urbains et de communication européens

Pourtant, comme le montre l’image, Mulhouse dispose de plusieurs atouts comme sa situation de carrefour rhĂ©nan trinational entre la France, la Suisse et l’Allemagne et la qualitĂ© de sa connexion aux rĂ©seaux de communication.

L’agglomĂ©ration dispose en effet d’une densitĂ© d’infrastructures de transport digne d’une mĂ©tropole d’influence rĂ©gionale. Ces derniĂšres favorisent son insertion Ă  l’échelle rĂ©gionale, nationale et europĂ©enne. Les rĂ©seaux autoroutiers (A35-A36) et la ligne TGV/ICE la mettent en relation avec Strasbourg-Francfort, BĂąle-Zurich, Dijon-Paris-Lyon. L’EuroAirport trinational de BĂąle-Mulhouse (plus au sud, hors image) est desservi par plus de 20 compagnies et accueille plus de 6 millions de passagers tout en disposant d’un aĂ©rogare pour le fret. Enfin, le canal rhĂ©nan Ă  grand gabarit relie Mulhouse au Rhin et la ZIP d’Ottmarsheim sur le Rhin, comprenant deux terminaux Ă  conteneurs, ce qui en fait le 3 port fluvial de France.

 

Les profonds clivages sociaux de l’agglomĂ©ration mulhousienne

Mais l’agglomĂ©ration est confrontĂ©e Ă  de profonds clivages sociaux et territoriaux.

Etalement et fragmentation urbaine. Comme le montre l’image, l’étalement urbain de Mulhouse se traduit par une multiplication des emprises productives (sites industriels, ZAC) et des axes de communications qui ont contribuĂ© Ă  morceler la ville. Cette fragmentation urbaine s’accompagne de contrastes socio-spatiaux qui ont tendance Ă  se creuser depuis la crise de 2008. La voie de chemin de fer pourrait symboliser cette fracture entre un sud Ă  haut revenu, peuplĂ© de classes moyennes et supĂ©rieures, et le reste de l’agglomĂ©ration, plus populaire et plus ouvrier.

Une fracture « spatiale » nord/sud ? Les quartiers du pĂ©ricentre, les quartiers de banlieue et le nord-ouest de l’agglomĂ©ration concentrent les classes populaires et ouvriĂšres, avec une forte proportion d’immigrĂ©s), Ă  faibles revenus. En particulier, le tissu Ă©conomique - encore trĂšs tournĂ© vers les activitĂ©s industrielles et l’essor des services marchands privĂ©s - explique la sur-reprĂ©sentation des ouvriers et des employĂ©s dans la M2A (30 % et 29 % de la population active).
La ville-centre concentre des dĂ©fis sociaux considĂ©rables : Mulhouse est en effet la 9e ville la plus pauvre de France et reçoit la moitiĂ© des RSA versĂ©s dans le dĂ©partement du Haut-Rhin. La population Ă  faible revenu se concentre en particulier dans les quartiers de banlieue (Coteaux, Drouot, Bourztwiller). Au total, 44 % de la population mulhousienne vit dans un Quartier Prioritaire de la politique de la ville ; et 20 % dans la M2A.

A l’opposĂ©, le sud de la ville (cf. quartier du Rebberg) et sa couronne pĂ©riurbaine sont plus rĂ©sidentiels (pavillonnaires) et marquĂ©s par la prĂ©sence des cadres supĂ©rieurs Ă  hauts revenus qui travaillent notamment dans le secteur hospitalier du Moenschsberg mais aussi de frontaliers exerçant Ă  BĂąle ou en Allemagne.

 

La revanche des campagnes périurbaines sur la ville-centre

Si la population de la ville centre se maintient depuis les annĂ©es 2000, autour de 110 000 habitants, sa pĂ©riphĂ©rie connaĂźt une forte croissance dĂ©mographique. Cela illustre le dynamisme et l’attractivitĂ© des communes pĂ©riurbaines.

Avec 15 400 euros de revenu fiscal mĂ©dian par an, Mulhouse fait partie des villes moyennes les plus pauvres de France, alors que sa couronne pĂ©riurbaine compte au contraire des communes parmi les plus aisĂ©es du pays. Zimmersheim, au sud, une commune d’un peu plus de 1 000 habitants, a un revenu fiscal mĂ©dian qui dĂ©passe 32 000 € par an, ce qui place la commune dans le dernier centile Ă  l’échelle nationale.

Cela se traduit dans la gouvernance de l’intercommunalitĂ© oĂč le poids des communes pĂ©riurbaines s’accentue par rapport Ă  la municipalitĂ© de Mulhouse. Depuis 2010, la prĂ©sidence de Mulhouse Alsace AgglomĂ©ration est passĂ©e entre les mains du maire de Berrwiller, une commune pĂ©riurbaine de 1 200 habitants dont le revenu fiscal mĂ©dian est 60 % plus Ă©levĂ© qu’à Mulhouse et oĂč la part de la population immigrĂ©e ne dĂ©passe pas 1,3 %.

Zooms d’étude

Zoom 1. mutations du centre-ville, entre réhabilitation urbaine et stratégies de métropolisation

Les transformations socio-spatiales de Mulhouse depuis le XIXem siĂšcle peuvent se lire dans le centre de la ville. Son industrialisation stimule sa croissance dĂ©mographique : elle passe de 6 000 habitants en 1800 Ă  95 000 en 1910 avec le dĂ©veloppement de l’industrie textile et mĂ©canique. L’essor des activitĂ©s industrielles et le besoin de logements pour la main d’Ɠuvre ouvriĂšre ont contribuĂ© aux premiĂšres modifications du paysage urbain de la ville. Ville bourgeoise, devenue industrielle et ouvriĂšre, elle dĂ©veloppe des stratĂ©gies de mĂ©tropolisation pour redonner une centralitĂ© et une attractivitĂ© Ă  son cƓur qui s’est progressivement paupĂ©risĂ©.

 

Une fragmentation sociale et urbaine héritée du XIXe siÚcle

Au sud du centre historique, la « fabricantocratie » mulhousienne, regroupant les Ă©lites industrielles, intellectuelles et politiques de la ville, a entrepris dans les annĂ©es 1820-1830 l’amĂ©nagement de la place de RĂ©publique, bien reconnaissable car en forme d’étoile, oĂč se concentre les immeubles bourgeois des capitaines d’industrie et leurs siĂšges sociaux, sous l’impulsion de la SociĂ©tĂ© industrielle de Mulhouse.

Avec le dĂ©veloppement industriel de la ville, Mulhouse est devenue une ville ouvriĂšre. PrĂ©cocement industrialisĂ©e, depuis le milieu du XIXe siĂšcle, elle en porte encore aujourd’hui les traces dans le paysage urbain avec la prĂ©sence de deux sites industriels Ă  proximitĂ© du centre historique - l’entreprise textile DMC dans le coin nord-est de l’image, la SACM au sud de l’image dans le quartier de la Fonderie - et un habitat ouvrier important.

On peut voir sur l’image, Ă  proximitĂ© de l’usine DMC, la citĂ© ouvriĂšre Muller construite Ă  partir de 1853 par Jean Dollfus, sous la forme spĂ©cifique du carrĂ© mulhousien. Cette innovation sociale et urbaine est autant le fruit du philanthropisme du patronat mulhousien que du rapport alarmiste du docteur VillermĂ© de passage Ă  Mulhouse en 1840.

De mĂȘme, le creusement du canal de dĂ©charge des eaux de l’Ill en 1846 a Ă©tĂ© essentiel pour viabiliser ce territoire et rendre possible cette premiĂšre extension urbaine. De ville bourgeoise, Mulhouse est devenue ouvriĂšre : l’élite industrielle fait le choix – fondamental - Ă  partir des annĂ©es 1860-1870 de quitter le cƓur de la ville pour s’implanter au sud de la gare sur la colline du Rebberg oĂč se multiplient les habitats bourgeois individuels, au sud-est de la carte.

Ce quartier se caractérise par un paysage de grandes demeures bourgeoises individuelles protégées du centre ouvrier par un couvert forestier. Pour matérialiser la fracture dans le paysage urbain, la fabricantocratie fait construire un parc zoologique en 1866, qui isole la bourgeoisie mulhousienne, installée sur les pentes, de la classe ouvriÚre en contre-bas.

 

Redonner une centralitĂ© au centre : les enjeux des amĂ©nagements urbains

Mulhouse vit difficilement les mutations Ă©conomiques de l’entre-deux-guerres et doit se reconstruire aprĂšs la Seconde guerre mondiale. Emile Muller, maire de la ville durant les Trente Glorieuses, entend renouveler l’identitĂ© mulhousienne de ville industrielle en dĂ©veloppant un urbanisme rĂ©sidentiel moderne.

Cela se traduit notamment par la construction d’un immeuble annulaire, construit entre 1950 et 1963, et d’un gratte-ciel de forme triangulaire par l’architecte François Spoerry entre 1969 et 1973. La Tour de l’Europe devient alors le symbole de Mulhouse mais aussi de la rĂ©habilitation et de la modernisation du quartier de la Dentsche en quartier Europe avec un urbanisme en dalle typique de l’époque.

Mais la dĂ©sindustrialisation contribue Ă  accentuer les difficultĂ©s Ă©conomiques et sociales de Mulhouse. La ville-centre concentre les mĂ©nages Ă  faible revenu, ouvriers et immigrĂ©s, alors que les mĂ©nages Ă  revenus plus Ă©levĂ©s ont dĂ©veloppĂ© des stratĂ©gies rĂ©sidentielles d’évitement et de sĂ©grĂ©gation en s’installent dans les zones pĂ©riurbaines du sud de l’agglomĂ©ration. Le taux de chĂŽmage dĂ©passe les 24 % dans la ville-centre.

Pourtant depuis les annĂ©es 1990, la municipalitĂ© et les structures intercommunales (la M2A depuis 2010) misent sur des stratĂ©gies de rĂ©novation urbaine pour redynamiser le centre de la ville. L’attractivitĂ© passe par des amĂ©nagements urbains visant Ă  favoriser des dynamiques de mĂ©tropolisation et de conversion vers une Ă©conomie de la connaissance et des services.

 

De nouveaux pÎles centraux aménagés pour rendre la ville attractive

Comme le montre l’image, le passĂ© industriel a laissĂ© dans la ville-centre des quartiers ouvriers dĂ©gradĂ©s et des friches industrielles. Depuis les annĂ©es 1990, la municipalitĂ© et l’intercommunalitĂ© se sont lancĂ©es dans une politique active de rĂ©novation urbaine.

Elles ont rĂ©habilitĂ© le parc de logements ouvriers ou l’ont transformĂ© comme c’est le cas de la CitĂ© Manifeste dans le quartier ouvrier Ă  proximitĂ© de la DMC mais aussi dans le quartier de la Fonderie qui connaĂźt un processus de rĂ©novation et de gentrification de l’habitat.

Les rĂ©novations favorisent l’implantation de nouvelles activitĂ©s culturelles, artistiques et technologiques : un nouveau campus universitaire dans l’ancienne usine de la SACM dans le quartier de la Fonderie, une pĂ©piniĂšre d’innovations nommĂ©e KM (2018) et un lieu de production artistique, MOTOCO (more to come) dans l’ancienne friche de DMC en 2012. Il s’agit d’attirer dans Mulhouse une classe crĂ©ative capable d’impulser une dynamique mĂ©tropolitaine.

Cela passe Ă©galement par la rĂ©novation de la Porte Jeune Ă  proximitĂ© de la Tour de l’Europe depuis 2008. Elle accueille un mall commercial qui vise Ă  redonner une attractivitĂ© au centre-ville, alors que tous les grands centres commerciaux sont dans la pĂ©riphĂ©rie urbaine et pĂ©riurbaine et contribuent ainsi directement Ă  la dĂ©vitalisation des fonctions commerciales de la ville-centre.

Pour complĂ©ter la centralitĂ© du lieu, la place devient le nƓud de l’ensemble des voies de tramway de Mulhouse. Ce carrefour permet de relier le centre-ville aux quartiers de banlieue qui Ă©taient dĂ©connectĂ©s du centre (CĂŽteaux, Bourtzwiller, Drouot) et Ă  la vallĂ©e de Thann (par le tram-train).

Enfin, l’accueil du TGV Ă  Mulhouse en 2011 a favorisĂ© un rĂ©amĂ©nagement complet du quartier de la gare pour en faire un quartier d’affaires linĂ©aire le long des voies ferrĂ©es et du canal du RhĂŽne au Rhin. La prĂ©sence de la gare TGV amĂ©liore la connectivitĂ© de Mulhouse aux autres mĂ©tropoles rĂ©gionales et europĂ©ennes (Strasbourg, Lyon, Paris, BĂąle). Les acteurs privĂ©s et publics ont participĂ© au financement de la production de ce nouveau territoire central de la ZAC Gare qui comporte des bureaux, accueillant des services aux entreprises, des siĂšges de banques, l’Agence Sud-Alsace, des restaurants, des hĂŽtels de standing. La sous-prĂ©fecture a Ă©tĂ© rĂ©installĂ©e dans les immeubles bourgeois du XIXe siĂšcle face Ă  la gare, dans l’ancienne SociĂ©tĂ© commerciale des potasses et d’azote. La gare TGV se veut aussi une porte intermodale vers la ville-centre et ses pĂ©riphĂ©ries (tramway, tram-train, parc de vĂ©los).

Ces amĂ©nagements rĂ©pondent Ă  un double objectif de mĂ©tropolisation, Ă  savoir concentrer des fonctions mĂ©tropolitaines et de gentrification en attirant des cadres supĂ©rieurs qui pourront profiter des amĂ©nitĂ©s de l’agglomĂ©ration ; mais ils peuvent aussi trĂšs largement contribuer Ă  accentuer les disparitĂ©s internes. 

Zoom 2. L’ouest mulhousien : de la ville Ă  l’espace rural

L’image reprĂ©sente l’ouest mulhousien et plus particuliĂšrement la colline des CĂŽteaux et sa pente qui conduit vers le centre-ville, en contrebas (au nord-est). L’image permet de mettre en Ă©vidence quatre bandes parallĂšles, tĂ©moins du processus d’étalement urbain de la ville de Mulhouse depuis le dĂ©but du XXe siĂšcle.

 

Un étalement urbain résidentiel et pavillonnaire

Comme le montre l’image, l’étalement urbain mulhousien rejoint le village de Dornach au nord-est de l’image, au dĂ©but du XXe siĂšcle. Cette continuitĂ© urbaine est toutefois entravĂ©e par la voie de chemin de fer qui historiquement a coupĂ© Dornach de la ville centre. Dornach concentre actuellement des mĂ©nages Ă  niveau de revenus intermĂ©diaires et Ă©levĂ©s. Toutefois l’habitat est trĂšs mixte : on retrouve des formes d’habitat hĂ©ritĂ©es des citĂ©s-jardins ouvriĂšres et des maisons plus bourgeoises du XIXe siĂšcle, destinĂ©s aux cadres de l’industrie mulhousienne.

 

Les grands ensembles de banlieue Ă  redynamiser

La seconde bande correspond au quartier des CÎteaux qui fait partie des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Sa morphologie est typique des grands ensembles de banlieues, qui concentrent les catégories sociales populaires, ouvriÚres et immigrées mais aussi des fragilités sociales (taux de chÎmage élevé).

Le quartier des Coteaux trouve son origine dans la dĂ©cision gouvernementale en 1959 de crĂ©er des ZUP (zones Ă  urbaniser en prioritĂ©) afin de rĂ©pondre Ă  la demande de logements dans un contexte de prospĂ©ritĂ© Ă©conomique (Trente Glorieuses) et de croissance dĂ©mographique (baby-boom et forte immigration Ă©conomique). La ville atteint 119 000 habitants en 1975. Il s’agit d’un urbanisme inspirĂ© de la Chartes d’AthĂšnes et des principes du Corbusier, privilĂ©giant des grands ensembles entourĂ©s d’espaces verts dans une logique monofonctionnelle rĂ©sidentielle. Ce quartier achevĂ© en 1962 devait incarner la modernitĂ© mulhousienne et offrir des logements aux classes moyennes mulhousiennes.

Toutefois, le quartier s’est progressivement paupĂ©risĂ© et est devenu un espace enclavĂ© et marquĂ© par une forte sĂ©grĂ©gation socio-spatiale, par une forte diversitĂ© culturelle avec la moitiĂ© de la population rĂ©sidentielle d’origine Ă©trangĂšre et par une insĂ©curitĂ©. C’est le cas Ă©galement de la ZUP de Bourtzwiller au nord de la ville, dans le quartier des 420, construit en 1964-1965, coupĂ©e du reste de la ville par l’autoroute, et Ă  l’est de la ville dans le quartier du Drouot, cette citĂ©-jardin se voyant adjoindre dans les annĂ©es 1950-1960 des grands ensembles collectifs pour accueillir les travailleurs de l’industrie, automobile notamment.

 

Le parc tertiaire et technologique des Collines

AprĂšs qu’un premier campus universitaire de Mulhouse ait Ă©tĂ© implantĂ© Ă  proximitĂ© des CĂŽteaux, la municipalitĂ© a créé une zone franche pour y attirer des entreprises en 1997. Elle est devenue son principal parc tertiaire, implantĂ© le long de l’échangeur autoroutier de l’A36. L’accessibilitĂ© et la qualitĂ© des infrastructures expliquent le choix de la crĂ©ation de cette zone d’activitĂ© tertiaire, technologique et industrielle et l’installation de centres commerciaux Ă  grand gabarit (Cora, Ikea).

La M2A a favorisĂ© l’ouverture d’une ligne de tram qui a vocation Ă  relier les quartiers pĂ©ricentraux au cƓur de la ville en 2006. Cela rĂ©pond Ă  un objectif de dĂ©senclavement de la colline des Coteaux mais aussi Ă  donner une meilleure connectivitĂ© au campus universitaire du Illberg et au Parc des Collines.

 

Les espaces périurbains

La derniĂšre bande est constituĂ©e des communes pĂ©riurbaines entourĂ©es d’espaces agricoles, comme c’est le cas de Morschwiller-le-Bas, mais aussi plus au sud de Brunstatt, Didenheim (...). Ces villes se caractĂ©risent par leur forme longitudinale et par leur urbanisation en doigts de gant le long des axes routiers, typique des dynamiques de pĂ©riurbanisation.

La route nationale qui relie Ă  l’A36 marque symboliquement le front urbain de l’agglomĂ©ration mulhousienne Ă  l’ouest. Les activitĂ©s agricoles ont encore une emprise forte dans les campagnes pĂ©riurbaines, mĂȘme si elles sont concentrĂ©es par un petit nombre d’exploitants. Ces villages pĂ©riurbains ont une fonction avant tout rĂ©sidentielle, dynamisĂ©e par la prĂ©sence de la mĂ©tropole bĂąloise tout autant que par Mulhouse, tant pour les activitĂ©s de chalandages que pour le travail. 

Zoom 3. Le Bassin potassique, un territoire périphérique, minier et industriel en reconversion

Le Bassin potassique s’étend sur tout le nord-ouest, entre le PiĂ©mont du massif vosgien et la forĂȘt domaniale de la Hardt. Couvrant plus de 20 000 ha, il s’ouvre au nord vers la plaine d’Alsace et les rieds. Ce territoire original, son Ă©conomie locale et sa sociĂ©tĂ© ont Ă©tĂ© profondĂ©ment marquĂ©es et organisĂ©es par l’activitĂ© miniĂšre de la potasse et par un acteur majeur : les Mines de Potasse d’Alsace (MPDA), qui assurent son exploitation Ă©conomique de 1904 Ă  2002.

Cet espace concentre des mĂ©nages aux revenus modestes, d’origine plutĂŽt populaire et ouvriĂšre, qui ont Ă©tĂ© fortement touchĂ©s par la dĂ©sindustrialisation : il est au cƓur de diffĂ©rents projets de diversification Ă©conomique.

 

Les hĂ©ritages territoriaux de l’emprise miniĂšre

On peut observer Ă  partir de cette image les paysages typiques de l’activitĂ© miniĂšre avec la prĂ©sence de citĂ©s-jardins ouvriĂšres, de terrils et de chevalements, dont certains sont encore visibles Ă  Wittenheim, Ă  Wittelsheim et Ă  Staffelfelden.

Le systĂšme carreau-citĂ© est typique du Bassin potassique : les citĂ©s-jardins ouvriĂšres de type pavillonnaire ont Ă©tĂ© Ă©difiĂ©es Ă  proximitĂ© des carreaux et des terrils mais en marge des territoires communaux, souvent au milieu des espaces agricoles et forestiers. Si on observe dans l’image une continuitĂ© urbaine dans les communes du Bassin potassique, cela n’a pas Ă©tĂ© le cas au moment de la fondation des citĂ©s miniĂšres, qui Ă©taient dĂ©connectĂ©es spatialement des bourgs.

Cette forme de sĂ©grĂ©gation a Ă©tĂ© voulue par l’entreprise qui voulait concentrer et contrĂŽler les mineurs Ă  proximitĂ© de leur travail : les citĂ©s ont ainsi vĂ©cu repliĂ©es sur elles-mĂȘmes autour de leur terril, contribuant Ă  produire une identitĂ© miniĂšre spĂ©cifique. Puis le territoire a Ă©tĂ© progressivement maillĂ© par des infrastructures routiĂšres et des voies ferrĂ©es, le long desquelles s’est opĂ©rĂ© l’étalement urbain, rĂ©duisant et enclavant les espaces Ă  vocation agricole. Enfin, le mitage opĂ©rĂ© par les Ă©quipements industriels et les zones rĂ©sidentielles a eu un effet limitĂ© sur les espaces forestiers qui ont Ă©tĂ© prĂ©servĂ©s : la superficie forestiĂšre actuelle est comparable Ă  celle du dĂ©but du XXe siĂšcle car le bois a Ă©tĂ© une ressource exploitĂ©e mais aussi renouvelĂ©e car nĂ©cessaire au maintien des galeries.

La fermeture d’un carreau a donc une rĂ©percussion immĂ©diate sur la citĂ© miniĂšre oĂč se concentre la majoritĂ© de ses travailleurs. En 2001, encore les deux tiers des habitants des citĂ©s appartenaient Ă  des familles de mineurs ou d’anciens mineurs.

 

Un territoire en reconversion : les stratĂ©gies de diversification Ă©conomique

L’activitĂ© miniĂšre a atteint son apogĂ©e dans les annĂ©es 1950-1960 : la production a Ă©tĂ© multipliĂ©e par 5 entre 1940 et 1975 en passant de 3 millions de tonnes en 1940, Ă  6 en 1950 et 12 en 197 ; alors que les effectifs des MDPA dĂ©passent les 13 000 salariĂ©s en 1957. Depuis les annĂ©es 1970, la production, l’emploi et les installations sont en diminution et l’entreprise, avec le soutien des collectivitĂ©s territoriales et l’Etat, entreprend un plan de reconversion en 1994. Les carreaux ferment progressivement : l’arrĂȘt du carreau AmĂ©lie en 2002 Ă  Wittelsheim marque la fin dĂ©finitive de l’activitĂ© miniĂšre dans le Bassin potassique.

Depuis les annĂ©es 1990, les acteurs locaux - publics et privĂ©s - ont lancĂ© des stratĂ©gies de diversification des activitĂ©s visant Ă  la fois Ă  rĂ©habiliter, Ă  rĂ©industrialiser mais aussi Ă  patrimonialiser les anciens carreaux. La CommunautĂ© de communes du Bassin potassique (CCBP, créée en 1995) assurait ainsi la gestion du patrimoine minier et sa rĂ©-industrialisation, avant qu’elle n’intĂšgre la communautĂ© d’agglomĂ©ration de Mulhouse (CAMSA devenue la M2A en 2010).

Certains anciens carreaux de mines ont Ă©tĂ© rĂ©habilitĂ©s et transformĂ©s en zones commerciales (c’est le cas du carreau Anna Ă  Wittenheim), en zones industrielles et logistiques (l’aire de la Thur Ă  Pulversheim en face du carreau Rodolphe) ou en zones Ă©co-industrielles (Wittelsheim, sur le carreau Joseph-Else).

Ces amĂ©nagements nĂ©cessitent un dĂ©mantĂšlement des sites (destruction des chevalements qui marquaient l’identitĂ© paysagĂšre miniĂšre, des sites de production et de stockage), une dĂ©pollution des nappes et une dissolution des terrils nĂ©cessitant l’intervention et le financement de multiples acteurs (les MDPA, l’Agence de l’eau Rhin-Meuse, la RĂ©gion Alsace, l’UE via le FEDER).

Cette stratĂ©gie de diversification industrielle du Bassin potassique s’accompagne du dĂ©veloppement d’activitĂ© rĂ©crĂ©ative de loisirs comme l’EcomusĂ©e Ă  Ungersheim (créé en 1984) et le Bioscope (parc d’attraction sur l’environnement et la santĂ© de 2006 Ă  2012) devenue Le Parc du Petit Prince depuis 2014.

Elle s’accompagne d’une demande de patrimonialisation industrielle et de prĂ©servation de l’identitĂ© et de la mĂ©moire miniĂšre. Elle se manifeste Ă  travers la multiplication de projets musĂ©ologiques depuis les annĂ©es 1990. L’intercommunalitĂ© a ainsi soutenu l’intĂ©gration du carreau Rodolphe de Pulversheim Ă  l’EcomusĂ©e d’Alsace (Ungersheim). 

Zoom 4. L’emprise de l’entreprise Peugeot sur le territoire et l’économie locale

Comme le montre l’image, l’est de l’agglomĂ©ration mulhousienne est dĂ©diĂ© Ă  des activitĂ©s industrielles et de services de part et d’autre de l’échangeur autoroutier de l’A35 et de l’A36. On distingue deux espaces productifs, l’Ile NapolĂ©on entre l’A36 et le canal Rhin-RhĂŽne, et le site d’implantation de l’usine Peugeot - PSA, qui se sont dĂ©veloppĂ©s depuis les annĂ©es 1960.

 

Le site du groupe Peugeot et ses facteurs de localisation

Comme l’image le montre, le groupe Peugeot s’est implantĂ© Ă  Mulhouse en 1962 au cƓur de la forĂȘt de la Hardt sur un site de 320 ha, sur les bans de la commune de Sausheim. Il s’agissait Ă  l’origine d’un site de production de boĂźte de vitesse avant que la forge de Sochaux ne s’implante Ă  Mulhouse en 1963.

Dans les annĂ©es d’aprĂšs-guerre, la construction monte en puissance : le marchĂ© de l’automobile est en extension avec l’élĂ©vation du niveau de vie. Pour dĂ©sengorger le site de Sochaux-MontbĂ©liard, le groupe Peugeot prend la dĂ©cision de s’implanter Ă  Mulhouse en octobre 1959 pour quatre grandes raisons : 

  • La proximitĂ© de l’échangeur autoroutier qui permet de relier rapidement Mulhouse au site de Sochaux-MontbĂ©liard, premier pĂŽle de production de PSA mais aussi de son centre technique et d’essais,
  • Le canal qui permet de relier le site (port Peugeot) au Rhin pour l’approvisionnement en matiĂšres premiĂšres,
  • La prĂ©sence de l’EuroAirport Mulhouse-BĂąle.


La rĂ©serve fonciĂšre (la forĂȘt de la Hardt) et la prĂ©sence d’une main d’Ɠuvre ouvriĂšre nombreuse.

Elle renforce le caractĂšre fordiste du systĂšme productif industriel mulhousien des Trente Glorieuses, Ă  forte intensitĂ© de travail. Il s’inscrit dans la tradition industrielle automobile alsacienne - dont les pionniers sont De Dieterich, Bugatti, Mathis - et dans un des systĂšmes productifs les plus importants dans le secteur : il regroupe environ 20 % de l’emploi salariĂ© en Alsace en 2010.

Depuis 1973, c’est le 2e site de production et d’assemblage du groupe en France, aprĂšs celui de Sochaux-MontbĂ©liard : il dispose d’une usine terminale, d’une usine mĂ©canique et d’un pĂŽle mĂ©tallurgique. A son apogĂ©e, le site employait 15 000 salariĂ©s en 1978-1979. Il produisait plus de 470 000 vĂ©hicules par an en 2002 et employait plus de 12 000 salariĂ©s en 2004.

Le pĂŽle PSA assure ainsi le montage de 190 000 automobiles en 2016 avec 7 100 salariĂ©s, mais le nombre continue tendanciellement Ă  se rĂ©duire. Dans un contexte de recul des activitĂ©s industrielles, le bassin d’emplois que reprĂ©sente PSA est stratĂ©gique pour l’agglomĂ©ration.

 

Son emprise territoriale et Ă©conomique dans l’agglomĂ©ration de Mulhouse

La prĂ©sence du groupe PSA a favorisĂ© l’installation d’un rĂ©seau dense d’entreprises Ă  proximitĂ© de l’usine de montage, qui structure l’industrie automobile du Rhin Sud et du nord de la Franche-ComtĂ©, selon le modĂšle rhĂ©nan.

Le quart des sous-traitants du groupe sont implantĂ©s dans les pĂ©riphĂ©ries de Mulhouse, comme Faurecia Ă  Pulversheim dans le Bassin potassique ou Clemessy dans l’Ile NapolĂ©on. Le site s’inscrit dans le modĂšle productif rhĂ©nan, qui associe une grande firme et un tissu productif dense, trĂšs intĂ©grĂ© aux Ă©chelles locales et rĂ©gionales.

D’autres Ă©tablissements ont Ă©tĂ© implantĂ©s Ă  proximitĂ© du site pour profiter de l’importance du foncier libre et de la bonne connectivitĂ© : c’est le cas du centre d’épuration des eaux que l’on peut observer sur l’image, mis en service en 1986, qui traite les eaux usĂ©es et les effluents des sites industriels, principalement de Peugeot.

L’emprise Ă©conomique et territoriale du groupe PSA est considĂ©rable pour l’agglomĂ©ration mulhousienne. Le groupe PSA est le premier pourvoyeur d’emplois de la zone de Mulhouse mais aussi du Haut-Rhin. Il compte plus de 9 400 salariĂ©s directement, soit 9 % des salariĂ©s de la zone d’emploi de Mulhouse, et plus de 15 300 en comptant les emplois indirects (sous-traitance, fournisseurs, prestataires de services). Ce nombre se monte Ă  45 000 personnes en y incluant les effets d’entraĂźnements sur les services et l’économie prĂ©sentielle (commerce, santĂ©, Ă©ducation, culture, logements...).

 

Les enjeux industriels et sociaux pour Mulhouse

La rĂ©duction des emplois sur le site correspond aux stratĂ©gies industrielles du groupe qui visent Ă  rationaliser les coĂ»ts de production en se recentrant sur son cƓur de mĂ©tier et Ă  favoriser l’internationalisation du groupe : cela passe par une externalisation des activitĂ©s de services, un recours croissant Ă  la sous-traitance, Ă  l’automatisation et Ă  la robotisation, et Ă  la dĂ©localisation de ses unitĂ©s de production vers des territoires Ă©mergents des Suds ou en Europe de l’Est dans un contexte d’intensification de la concurrence internationale.

La principale faiblesse du site est de ne disposer que des activitĂ©s de production et non celles de conception. Les fonctions stratĂ©giques se concentrent en Ile de France avec le siĂšge social Ă  la DĂ©fense et la R&D Ă  Colombes et VĂ©lizy. La direction peut donc organiser une concurrence interne entre les sites de production en France et Ă  l’étranger. Pour favoriser la pĂ©rennitĂ© et le dĂ©veloppement du secteur automobile, l’Etat, les collectivitĂ©s territoriales et les acteurs privĂ©s ont soutenu la crĂ©ation en 2004 d’un pĂŽle de compĂ©titivité « VĂ©hicules du Futur » pour favoriser l’innovation technologique mais les rĂ©sultats sont limitĂ©s.

Le profil sociologique des salariĂ©s de Peugeot-Mulhouse est trĂšs spĂ©cifique : 8 salariĂ©s sur 10 sont des ouvriers, la part des cadres et des ingĂ©nieurs ne reprĂ©sente que 5 % de l’emploi salariĂ© ; contre 15 % sur le site de Sochaux. Cela reflĂšte les structures sociales de l’agglomĂ©ration oĂč prĂ©dominent les classes ouvriĂšres (30 % de l’emploi), souvent peu qualifiĂ©es. Ces salariĂ©s vivent majoritairement Ă  moins de 10 km du site dans l’agglomĂ©ration de Mulhouse et dans le Bassin potassique (Mulhouse, Wittenheim, Illzach, Kingersheim, Rixheim) et ont en moyenne plus de 40 ans. Les moins de 25 ans reprĂ©sentent moins de 3 % de l’emploi total alors que la moitiĂ© des effectifs a plus de 50 ans. 

D’autres ressources

Sur le site GĂ©oimage du CNES :


Sur le site GĂ©oconfluences :


Bibliographie et documents :

  • Arnould Paul, Besancenot François, « La France : des territoires en mutation. Le Bassin potassique alsacien, un territoire entre passĂ© et projet », dans GĂ©oconfluences, 2006
  • Burcklen Didier, Vitoux Marie-Claire, Saint-Dizier Pierre-Roland, Des tours et des hommes : les CĂŽteaux-Mulhouse, 1960-2010, Editions Place Stanislas, Nancy-Colmar, 2010.
  • CarrouĂ© Laurent : La France. Les mutations des systĂšmes productifs, Armand Colin, Coll. U, Paris, 2013.
  • Charme Eric, La revanche des villages. Essai sur la France pĂ©riurbaine, La RĂ©publique des idĂ©es, Paris, 2019.
  • INSEE, « PSA Peugeot CitroĂ«n - Mulhouse : une emprise territoriale marquante », Chiffres pour l’Alsace, n°2, mars 2009.
  • Vitoux Marie-Claire (dir.), SACM, quelle belle histoire ! De la fonderie Ă  l’universitĂ©, Mulhouse, 1826-2007, La NuĂ©e Bleue, Strasbourg, 2007.
  • Woessner Raymond, La MĂ©tropole Rhin-RhĂŽne : vers l’émergence d’un territoire, JĂ©rĂŽme Do Bentzinger, Colmar, 2008.
  • ID., « La gare de Mulhouse », dans Annuaire historique de Mulhouse, 25, 2014.
  • ID., « La pauvretĂ© Ă  Mulhouse : quelques questionnements gĂ©ographiques », dans Annuaire historique de Mulhouse, 29, 2019.
  • ID., Atlas de l’Alsace : enjeux et Ă©mergences, Atlante, Paris, 2019.


Quelques sites Ă  consulter sur l’aire urbaine de Mulhouse : 

Auteur

Julien Ebersold, enseignant en CPGE, Lycée Montaigne de Mulhouse

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