Les rovers

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Modifié le 08 décembre 2025

Perseverance, rover américain, explore la planète rouge depuis 2021. Et prend des selfies !
Perseverance, rover américain, explore la planète rouge depuis 2021. Et prend des selfies ! © NASA/JPL-Caltech/MSSS

Ils sont les jambes – ou plutĂ´t les roues – des humains sur la Lune ou encore sur Mars. Les rovers spatiaux sont des engins d’exploration capables de se dĂ©placer, dans des zones inaccessibles aux humains, pour analyser la composition d’une roche, mesurer des gaz ou mĂŞme faire un selfie !

Explorateurs scientifiques 

Les rovers spatiaux (ou astromobiles) sont des engins d’exploration mobiles que l’on envoie sur d’autres astres, la Lune, Mars ou d’autres petits corps. Leurs missions : rĂ©aliser des expĂ©riences et explorer des territoires inconnus. Contrairement aux atterrisseurs, ils peuvent se dĂ©placer vers des lieux scientifiquement intĂ©ressants et oĂą il aurait Ă©tĂ© difficile de se poser. Comme un cratère rempli de cailloux par exemple.
 

Laboratoires sur roues

Les rovers servent principalement à faire de la science. Véritables mini laboratoires mobiles, ils peuvent, selon les instruments qu’ils embarquent, prendre des photos, déterminer l’abondance d’un gaz ou prélever des échantillons.
Par exemple, les rovers amĂ©ricains Curiosity et Perseverance, sur Mars depuis respectivement 2012 et 2021, sont bardĂ©s d’une dizaine d’instruments. Dont ChemCam (sur Curiosity) et SuperCam (sur Perseverance), qui analysent la composition chimique des roches. Ces instruments ont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©s spĂ©cifiquement pour ces missions par la France, en collaboration avec les Etats-Unis. 

Autre concentrĂ© de technologies scientifiques : le rover europĂ©en Rosalind Franklin de la mission ExoMars - mission retardĂ©e, l’agence spatiale europĂ©enne ayant mis fin Ă  sa collaboration avec la Russie, son partenaire initial, suite au conflit en Ukraine. Sa foreuse creusera le sol jusqu’à 2 mètres de profondeur, puis l’échantillon collectĂ© sera analysé « dans le ventre Â» du rover, dans un mini laboratoire. Objectif : trouver des traces de vie anciennes dans des roches profondes – et vieilles ! 

Le rover européen Rosalind Franklin, de la taille d’une petite voiture,  pèse 300 kg. Il comprend 9 instruments scientifiques.
Le rover européen Rosalind Franklin, de la taille d’une petite voiture, pèse 300 kg. Il comprend 9 instruments scientifiques © ESA/Mlabspace

Des pionniers 

Les rovers spatiaux sont capables d’aller lĂ  oĂą l’humain ne peut pas - encore - se rendre, comme sur Mars. Et rĂ©aliser, Ă  leur place, des missions dans des environnements hostiles. Non, Ă©voluer sur la Lune n’est pas une balade de santĂ© ! Ils peuvent ainsi prĂ©parer le terrain Ă  l’arrivĂ©e de l’humain, puis lui servir Ă  se dĂ©placer, transporter des charges… Un exemple ? Viper, un rover dĂ©veloppĂ© dans le cadre d’Artemis (programme amĂ©ricain d’exploration de la Lune par l’humain). Il sera ainsi chargĂ© de quantifier la glace d’eau lunaire, qui pourrait ĂŞtre exploitĂ©e par les astronautes.

Viper, un rover pour préparer le retour des humains sur la Lune.
Viper, un rover pour préparer le retour des humains sur la Lune © NASA

Idefix et Phobos

Idefix est le rover dĂ©veloppĂ© par les agences spatiales française et allemande dans le cadre de la mission japonaise MMX (Martian Moons Exploration). Il sera dĂ©posĂ© sur Phobos, l’une des 2 petites lunes de Mars. Idefix est un petit rover : 25 kg, 50 cm de haut et 4 roues. Il servira d’éclaireur Ă  la sonde japonaise qui doit y recueillir des Ă©chantillons.

Technologies et robustesse

Les rovers sont constituĂ©s d’un châssis, une structure de base, sur lequel sont installĂ©s les diffĂ©rents instruments scientifiques (camĂ©ra, laser, spectromètre…), ainsi que les Ă©quipements nĂ©cessaires Ă  au bon fonctionnement de l’engin :

  • Des roues ! Sans roues, un rover n’est pas un rover ! Les ingĂ©nieurs travaillent constamment pour les amĂ©liorer. Les 6 roues de Perseverance sont renforcĂ©es de rayons en titane, un matĂ©riau ultra-rĂ©sistant.
  • De l’énergie. Pour avancer, faire fonctionner les instruments… les rovers ont besoin d’électricitĂ©. Elle provient soit de l’énergie du Soleil via des panneaux photovoltaĂŻques, soit de l’énergie nuclĂ©aire (l’électricitĂ© est produite Ă  partir de la chaleur dĂ©gagĂ©e par la dĂ©sintĂ©gration de matĂ©riaux radioactifs).
  • Un système pour communiquer par radio avec la Terre. Le rover peut ainsi envoyer les donnĂ©es qu’il collecte, comme des images. Et recevoir des ordres : avancer sur telle zone, analyser telle roche…
  • Un système de navigation pour savoir oĂą se situe l’engin et pour pouvoir le diriger.
les roues du futur rover martien européen Rosalind Franklin. Chacune des 6 roues sera résistante, indépendante et motrice.
Les roues du futur rover martien européen Rosalind Franklin, chacune des 6 roues sera résistante, indépendante et motrice © ESA

Ne pas confondre vitesse et précipitation

Un rover n’est pas un bolide tĂ©lĂ©commandĂ© ! Il doit se dĂ©placer prudemment. La vitesse maximale de Curiosity par exemple est de 4 cm par seconde… soit 0,15 km/h ! 

Pilotage et navigation

Les rovers sont commandĂ©s par des humains, Ă  distance, depuis la Terre, que ce soit pour leurs dĂ©placements ou pour les opĂ©rations scientifiques. Perseverance par exemple est pilotĂ© par la NASA avec notre support. Chaque nuit martienne, les ingĂ©nieurs du CNES de Toulouse programment des ordres (avance dans telle direction, prends une image de cette roche…) que le rover exĂ©cute le lendemain. Perseverance peut aussi modifier son parcours de lui-mĂŞme, pour Ă©viter un gros caillou par exemple. 

Les progrès en informatique permettent en effet de rendre les rovers de plus en plus autonomes. A l’image des mini-rovers lunaires (de la taille d’une boĂ®te Ă  chaussures) du projet CADRE qui pourront travailler sur la Lune, sans intervention humaine. 

Les opérateurs du centre de mission commandent l’instrument SuperCam de Perserverance, au CNES de Toulouse. Ici, sont opérés également les instruments ChemCam et SAM de Curiosity.
Les opérateurs du centre de mission commandent l’instrument SuperCam de Perserverance, au CNES de Toulouse. Ici, sont opérés également les instruments ChemCam et SAM de Curiosity © CNES/DE PRADA Thierry, 2021

Tout-terrain… ou presque

Les rovers sont robustes. Ils doivent rĂ©sister aux conditions difficiles qui règnent sur les astres qu’ils explorent : gros Ă©carts de tempĂ©rature, radiations, tempĂŞtes de sables, roches aiguisĂ©es comme des lames... D’autant qu’on ne trouve pas beaucoup de garagistes sur Mars ou la Lune ! 

Mais cela n’empĂŞche pas certains problèmes : 

  • Le rover Spirit a fini sa course martienne ensablĂ©, avec une roue bloquĂ©e.
  • Son jumeau, Opportunity, a lui Ă©tĂ© paralysĂ© par une gigantesque tempĂŞte de poussière qui a probablement recouvert ses panneaux solaires, provoquant sa fin (après 14 ans de service !)
  • Quant Ă  Curiosity, ses roues en aluminium s’abĂ®ment au fil des mois, se dĂ©chirant sur les cailloux acĂ©rĂ©s de Mars. Le rover a Ă©galement subi des pannes d’ordinateur, dues aux rayonnements hautement Ă©nergĂ©tiques du Soleil.

Destination Lune... et Mars !

Le tout premier rover est lunaire et soviĂ©tique : en 1970, Lunokhod 1 parcourt 10 km sur la Lune pendant 11 mois. Il est suivi en 73 par Lunokhod 2 (qui affichera 37 km au compteur !), et par les vĂ©hicules des astronautes d’Apollo. Puis il faut attendre 40 ans avant de revoir un rover sur la Lune : le chinois Yutu. Les premières traces de roues sur Mars datent quant Ă  elle de 1997, avec le rover amĂ©ricain Sojourner. L’exploration de la planète par des rovers ne s’est quasiment jamais arrĂŞtĂ©e et se poursuit aujourd’hui.
 

Les rovers lunaires

OubliĂ©e de l’exploration spatiale dans les annĂ©es 1970, la Lune connaĂ®t un regain d’intĂ©rĂŞt. Et de nouveaux rovers ont rejoint leurs « ancĂŞtres » soviĂ©tiques et amĂ©ricains sur le sol lunaire. En 2013, la Chine y a ainsi envoyĂ© le rover Yutu 1, rejoint en 2019 par Yutu 2, encore en activitĂ©, le premier Ă  se poser sur la face cachĂ©e de la Lune. Près du pĂ´le Sud a circulĂ© Ă©galement le petit rover indien de la mission Chandrayaan-3. Un sĂ©jour de  12 jours en 2023. Et d’autres agences spatiales regardent aussi du cĂ´tĂ© de la Lune, en Russie, au Japon… et bien sĂ»r aux Etats-Unis. 

Le rover soviétique Lunokhod, le premier rover de l’histoire (maquette exposée au Palais de la Découverte).
Le rover soviétique Lunokhod, le premier rover de l’histoire (maquette exposée au Palais de la Découverte) © Getty images

Les jeeps lunaires

Les 3 rovers lunaires du programme amĂ©ricain Apollo (1971-1972) ont Ă©tĂ© les « voitures Â» des astronautes. Ceux-ci ont ainsi pu explorer des zones plus Ă©loignĂ©es des sites d’atterrissage, se dĂ©plaçant plus vite qu’à pied. Sans excès toutefois : la vitesse de pointe des rovers Ă©taient de 18 km/h !

L’astronaute David Scott « au volant » de la jeep lunaire. Elle a été utilisée pour la 1ère fois lors de la mission Apollo 15 en 1971.
L’astronaute David Scott « au volant » de la jeep lunaire. Elle a été utilisée pour la 1ère fois lors de la mission Apollo 15 en 1971 © NASA

La saga des rovers martiens

Le premier tour de roue sur Mars date de 1997 (plus de 20 ans après les rovers lunaires), avec Sojourner (USA). Il ne parcourt que 100 m en 3 mois mais ouvre la voie Ă  ses successeurs : Spirit et Opportunity. ArrivĂ©s en 2004, ces 2 robots confirment que l’eau a un jour coulĂ© sur la planète rouge. Opportunity dĂ©tient (pour l’instant) le record de distance sur Mars : plus de 45 km entre 2004 et 2018.

En 2012, Curiosity (toujours amĂ©ricain) dĂ©barque Ă  son tour. Il dĂ©couvre des Ă©lĂ©ments carbonĂ©s, des traces d’eau douce et mĂŞme des sources d’énergie : il prouve que Mars a Ă©tĂ© habitable. En 2021, les AmĂ©ricains envoient Perseverance, toujours en quĂŞte de traces de vie. Et la mĂŞme annĂ©e, la Chine devient le 2e pays Ă  maitriser l’atterrissage d’un rover sur Mars : Zhurong dĂ©barque en 2021 et fonctionne pendant un an. Aujourd’hui, seuls Curiosity et Perseverance sillonnent encore la planète, en attendant l’arrivĂ©e de Rosalind Franklin, le rover europĂ©en de la mission ExoMars.

3 générations de rovers martiens : Sojourner devant, Spirit à gauche et Curiosity à droite. Les progrès (tant technologiques que sur la maitrise de l’atterrissage) permettent d’envoyer des rovers toujours plus massifs et sophistiqués.
3 générations de rovers martiens : Sojourner devant, Spirit à gauche et Curiosity à droite. Les progrès (tant technologiques que sur la maitrise de l’atterrissage) permettent d’envoyer des rovers toujours plus massifs et sophistiqués © NASA/JPL-Caltech

Quizz

Le pilotage d’un rover lunaire depuis la Terre peut se faire quasiment en temps réel… Mais pas pour les rovers martiens. Quand Mars est située à 225 millions de km de la Terre (distance moyenne), combien de temps met l’information pour parcourir le trajet entre les 2 planètes ?

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