Les atterrisseurs

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Modifié le 08 décembre 2025

Illustration d'un atterrisseur lunaire européen posé sur la Lune
Argonaut, le futur atterrisseur lunaire européen © ESA

Qu’ils transportent des rovers ou des instruments scientifiques, les atterrisseurs sont des engins de premier ordre dans l’exploration du Système solaire. Encore faut-il rĂ©ussir Ă  se poser sans encombre, Ă  la surface des corps visitĂ©s !

Attention Ă  l'atterrissage

Comme son nom ne l’indique pas, un atterrisseur, dans le domaine spatial, est un engin destinĂ© Ă  se poser sur un astre : un astĂ©roĂŻde, Mars, la Lune, etc. (dans ce dernier cas, on parle d’alunisseur). Mais contrairement aux rovers, l’atterrisseur n’est pas mobile. Il reste fixe, Ă  l’endroit oĂą il a atterri.

Ses missions :

  • Faire de la science grâce aux instruments qu’ils embarquent : camĂ©ra, sismomètre, analyseur de gaz, etc.
  • DĂ©poser un rover mobile.
  • DĂ©poser un Ă©quipage humain.

Tiercé gagnant

Les atterrisseurs sont complémentaires des autres engins d’exploration, tels que les rovers (mobiles) ou les sondes (ou orbiteurs) qui se mettent en orbite autour du corps exploré. Les sondes étudient l’environnement, et aident à choisir les sites d’atterrissage des rovers et des atterrisseurs, qui étudient, le sol ou l’atmosphère depuis la surface de l’astre.

Des looks variés

Petit, volumineux, massif, lĂ©ger, avec ou sans pattes, Ă©quipĂ© ou non de parachutes… Chaque atterrisseur est conçu pour rĂ©pondre Ă  des objectifs et des contraintes spĂ©cifiques. Par exemple, l’atterrisseur franco-allemand Mascot tenait dans l’équivalent d’une boĂ®te Ă  chaussures – dont il avait la forme. Il s’intĂ©grait ainsi dans la sonde Hayabusa2 qui l’a conduit jusqu’à l’astĂ©roĂŻde Ryugu. Mascot pesait 10 kg, soit 1 500 fois plus lĂ©ger que l’atterrisseur lunaire dĂ©veloppĂ© par la NASA pour permettre Ă  Neil Armstrong et ses collègues de fouler le sol de la Lune.

Les techniques d’atterrissage sont également très différentes d’un engin à un autre. Elles dépendent beaucoup de la destination. Par exemple, l’atmosphère de Mars impose aux engins d’avoir des équipements de protection (bouclier thermique) pour éviter de brûler lors de sa traversée. Toutefois, cette atmosphère n’est pas assez dense pour freiner les engins qui s’en approchent à plus de 20 000 km/h. Parachutes, rétrofusées, airbags… Plusieurs dispositifs sont donc utilisés pour permettre aux atterrisseurs martiens de se poser en douceur.

Illustration de l'atterrissage d'InSight sur Mars en 2018
Illustration de l'atterrissage d'InSight sur Mars en 2018 © NASA/JPL

Sur la Lune, il est impossible d’utiliser des parachutes, faute d’atmosphère : on ne peut freiner qu’avec des moteurs. La masse du corps – et donc sa gravitĂ© – entre Ă©galement en jeu. Une faible gravitĂ©, comme celle des petits corps peu massifs, reprĂ©sente un vrai dĂ©fi. Par exemple, l'atterrisseur europĂ©en Philae, qui s’est posĂ© en 2014 sur la comète Tchourioumov-Guerasimenko, ne pesait plus que 10 petits grammes sur la comète (contre 100 kg sur Terre). Il Ă©tait donc Ă©quipĂ© de 2 harpons et d’un propulseur pour le plaquer au sol au moment de son atterrissage, et Ă©viter qu’il ne rebondisse… et ne se perde dans l’espace (ce qui d’ailleurs a failli arriver).

Il arrive donc que certaines missions Ă©chouent. Quelques exemples : l’atterrisseur Schiaparelli qui s’est crashĂ© sur Mars en 2016, ou encore l’atterrisseur privĂ© japonais Hakuto-R qui s’est Ă©crasĂ© sur la Lune en 2023 faute d’avoir pu freiner suffisamment. 

Illustration des dispositifs ayant permis l'atterrissage sûr de Huygens sur Titan
Cette illustration montre les différents dispositifs qui ont permis à l’atterrisseur européen Huygens de se poser sans dommage sur Titan (lune de Saturne) en 2005 © ESA–C. Carreau

Vocabulaire

Touchdown ! Si vous entendez ce cri dans une salle de contrĂ´le spatial, c’est plutĂ´t une bonne nouvelle. Cela indique que l’engin s’est posĂ© avec succès.

Ils resteront dans l’histoire

En 1966, l’atterrisseur soviétique Luna 9 est le premier engin à se poser sur un astre autre que la Terre, en l’occurrence la Lune. Il fonctionne quelques jours avant de s’éteindre, faute de batterie. Quelques mois plus tard, les Américains y déposent Surveyor-1. Depuis, une vingtaine d’engins ont posé leurs pattes sur le sol lunaire. Et les êtres humains ont réussi à faire atterrir des engins sur Vénus, Mars, Titan, et même sur une comète à 500 millions de km de la Terre.

Photo capturée par Surveyor-1 lors de son atterrissage sur la Lune en 1966
Surveyor-1 a atterri sur la Lune en 1966. Il aura pris plus de 11000 images du sol de notre satellite, dont celle de son ombre sur la surface lunaire juste avant l’alunissage © NASA/JPL
Premier selfie d’InSight, sur Mars
Le premier selfie d’InSight, sur Mars © NASA/JPL-Caltech

Viking, Phoenix, InSight… sur Mars

La planète rouge est explorĂ©e depuis les annĂ©es 1970 par des sondes, des rovers, et des atterrisseurs : Viking 1 et 2 (1975), Phoenix (2007) ou plus rĂ©cemment, l’atterrisseur amĂ©ricain InSight. EquipĂ© du sismomètre (SEIS), dĂ©veloppĂ© en France, ce dernier a permis d’étudier l’intĂ©rieur de Mars. Les scientifiques ont par exemple pu dĂ©terminer la taille du noyau de la planète, 1 830 km de rayon.

Huygens sur Titan

C’est Ă  ce jour l’atterrissage le plus lointain jamais rĂ©ussi : celui de l’atterrisseur europĂ©en Huygens sur Titan, une des lunes de Saturne, Ă  près d’un milliard et demi de km de notre planète. Avec la sonde Cassini qui l’a conduit en banlieue de Titan, Huygens a fourni de nombreuses donnĂ©es scientifiques sur ce satellite naturel.
 

Philae sur la comète Tchouri

Le 12 novembre 2014, Philae, un atterrisseur d’à peine 1 m de diamètre, se pose sur la comète Tchouri, Ă  plus de 500 millions de km de la Terre. C’est un vĂ©ritable exploit pour l’Agence spatiale europĂ©enne (ESA) qui a menĂ© cette mission – mĂŞme si l’atterrissage ne s’est pas passĂ© exactement comme prĂ©vu. Du fait de la très faible gravitĂ© de l’astre, l’engin a rebondi plusieurs fois, avant de se coincer dans une petite cavitĂ©. MalgrĂ© tout, Philae a permis de grandes dĂ©couvertes scientifiques.

Mascot sur l’astéroïde Hayabusa2

Mascot se pose sur le sol – très accidentĂ© – de l’astĂ©roĂŻde Ryugu en 2018, après un lent plongeon depuis la sonde japonaise Hayabusa2 vers ce gros caillou, alors Ă  plus de 300 millions de km de la Terre. Pendant 17 heures, le petit robot franco-allemand analyse la composition du sol, notamment pour dĂ©finir le meilleur site de rĂ©colte d’échantillons qui sera effectuĂ© ensuite par la sonde.  

Les mythiques LEM d’Apollo

Les modules lunaires du programme Apollo (LEM) sont aujourd’hui les seuls atterrisseurs ayant embarquĂ© des ĂŞtres humains. Enfin, pour l’instant ! Le HLS (Human Landing System) est en cours de dĂ©veloppement par la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine SpaceX, dans le cadre du programme Artemis. Il servira lui aussi Ă  dĂ©barquer les astronautes sur la Lune (et Ă  les faire repartir). 

Photo de l'atterrisseur lunaire du programme Apollo sur la Lune
L’atterrisseur lunaire du programme Apollo (LEM, Lunar Excursion Module) qui a permis de débarquer les astronautes américains sur le Lune © NASA

Quizz

D’autres engins d’exploration spatiale sont quant à eux destinés à être projetés à très grande vitesse contre le corps céleste. L’objectif est d’étudier les effets de l’impact ainsi créé. Par exemple, un engin a percuté l’astéroïde Dimorphos à près de 24 000 km/h dans le cadre de la mission américaine DART. Mais comment appelle-t-on ce type d’engin ?

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