27 Janvier 2009

FAQ - L'homme dans l'espace

Peut-on devenir spationaute en portant des lunettes ou des lentilles ?L’entraînement des spationautes en centrifugeuse est-il systématique ? A quoi prépare-t-il ?Pourquoi la combinaison d’un spationaute est-elle toujours blanche ?De quoi sont recouvertes les visières des casques de spationaute ?
Crédits : CNES, conception Bernard Nicolas
Crédits : CNES, conception Bernard Nicolas

Peut-on devenir spationaute en portant des lunettes ou des lentilles ?

Il existe des critères concernant la vision pour les candidats spationautes. Ces critères touchent l’acuité visuelle et les maladies ou les anomalies qui peuvent affecter différentes parties de l’œil (cornée, humeur vitrée, cristallin) ou des organes associés (paupières, muscles oculaires, glandes lacrymales). Les critères ne sont pas les mêmes selon les fonctions du spationaute. Les pilotes et les commandants de bord doivent avoir une excellente vision. Les ingénieurs de bord et les spationautes expérimentateurs peuvent avoir une vision un peu moins bonne. Ils peuvent porter des lunettes si la correction qu’elles fournissent est suffisante. Bien sûr certains troubles visuels graves peuvent empêcher un candidat d’être sélectionné. Les critères retenus aujourd’hui ne seront pas forcément ceux qui seront en vigueur dans 10 ou 15 ans. En général les critères ont tendance à se relâcher avec le temps, au fur et à mesure que les vols spatiaux deviennent plus accessibles et plus fréquents.

L’entraînement des spationautes en centrifugeuse est-il systématique ? A quoi prépare-t-il ?

Aujourd'hui, seuls les cosmoL’entraînement des spationautes en centrifugeuse est-il systématique ? A quoi prépare-t-il ?(nautes et astronautes qui suivent le programme d'entraînement russe à la Cité des Etoiles près de Moscou, participent à des séances en centrifugeuse. En effet, aux Etats-Unis, l'entraînement en centrifugeuse a été arrêté au début du programme Apollo. Deux centrifugeuses sont utilisées pour l'entraînement à la Cité des Etoiles, leurs principales caractéristiques sont les suivantes: centrifugeuse TSF-7 : cabine monoplace, longueur du bras 7 m, vitesse angulaire max. 50,7 tours/min, accélération max. 20-G (gradient d'accélération max: 7-G/s); centrifugeuse TSF-18 : cabine biplace dans laquelle on peut faire varier la pression de 40 à 800 mmHg et contrôler la température entre +5 et +55°C, longueur du bras 18 m, vitesse angulaire max. 38,6 tours/min, accélération max. 30-G (gradient d'accélération max: 5-G/s). Au cours de ces entraînements plusieurs paramètres médico physiologiques sont surveillés en permanence pendant le déroulement du test (ECG, respiration, température du corps, etc). En résumé, l'entraînement en centrifugeuse est utilisé pour préparer les membres d'équipage aux différents profils d'accélération auxquels ils seront soumis pendant leur mission.

Pourquoi la combinaison d’un spationaute est-elle toujours blanche ?

La combinaison des spationautes en sortie extravéhiculaire est blanche pour mieux réfléchir la lumière solaire et protéger celui qui se trouve à l’intérieur des températures extrêmes de l’espace. On parle alors de scaphandre. Mais la couleur ne fait pas tout. L’enveloppe est une succession de couches permettant d’assurer l’isolation thermique mais aussi la résistance mécanique et la protection contre les agressions extérieures (poussières, micrométéorites, etc.). Le système est aussi équipé d’un petit circuit d’eau qui permet d’évacuer la chaleur du corps vers l’extérieur et de maintenir la bonne température à l’intérieur. Un bon petit nid douillet. La combinaison de vol varie en fonction de l’époque ou du pays. Gris aluminium pour les premiers vols, blanche pour les missions Apollo, elle est maintenant orange pour les Américains. Pour les Russes et les Chinois, la couleur blanche est de mise.

De quoi sont recouvertes les visières des casques de spationaute ?

Le casque d’un spationaute en sortie extravéhiculaire est un élément très complexe du scaphandre. Si sa majeure partie consiste en une protection thermique et une barrière infranchissable aux agressions du cosmos (rayonnement et particules énergétiques), le casque doit pouvoir laisser passer de la lumière pour que le spationaute puisse voir. Le casque est fixé au reste du scaphandre par un anneau à vis, un peu comme un bocal à son couvercle. Le matériau est du polycarbonate, une matière très résistante aux chocs, qui est traitée pour réfléchir les ultraviolets. Une casquette vient couvrir l’ensemble pour limiter la pénétration de la lumière et protéger des micrométéorites sur les côtés, à l’arrière et au-dessus. Caméras et projecteurs lumineux y sont fixés. Une visière pare-soleil amovible complète l’ensemble. Elle est dorée pour atténuer l’intensité lumineuse en cas de travail en plein soleil. À l’intérieur enfin, le spationaute est équipé d’une sorte de bonnet appelé Snoopy cap, auquel est fixé le système de communication. Un système de ventilation et d’alimentation permet enfin au spationaute de grignoter, de boire et de « s’aérer » pour tenir le coup durant les longues sorties extravéhiculaires.