1 Décembre 2006

Calipso sur un petit nuage

Placé en orbite le 28 avril dernier, le satellite Calipso a pour mission d’étudier le rôle joué par les nuages et les particules en suspension dans l’atmosphère sur l’évolution du climat. Alors que la phase de validation de ses données s’achève, il livrera courant décembre une première série de résultats. Depuis leur activation courant mai 2006, les instruments de Calipso fonctionnent remarquablement bien. Comme le confirme Jacques Pelon, responsable scientifique de la mission côté français, « le rapport signal sur bruit des instruments est encore meilleur qu’attendu ».

Et le dispositif le plus innovant et complexe du satellite, le Lidar, sorte de « radar optique » où un faisceau laser remplace les micro-ondes, fonctionne parfaitement depuis 6 mois, là où ses prédécesseurs avaient connu de nombreuses difficultés.

« Le Lidar est un instrument complexe qui nécessite un parfait alignement de ses pièces optiques pour obtenir l’effet laser recherché. Transplanter durablement cette technologie dans l’espace est une véritable prouesse technologique » confie pour sa part Didier Renaut, responsable des programmes du Cnes liés à la météorologie et au climat.

Une complémentarité inédite

Alors que le Lidar permet une analyse verticale très fine des nuages et des particules présentes dans l’atmosphère (les aérosols), il lui manque la dimension horizontale.
C’est là qu’intervient IIR, instrument développé par le CNES « IIR est le premier radiomètre imageur infrarouge multispectral non refroidi à être exploité dans l’espace » se félicite Jacques Pelon, « c’est un très bon instrument qui va nous permettre de restituer des températures de brillance à 2/10e de degré près et d’exploiter au mieux la complémentarité des mesures avec celles des autres instruments ».
En combinant les données du Lidar et de IIR, Calipso fournit aux scientifiques un accès aux caractéristiques de l’atmosphère en 3 dimensions.
Mais ses données viennent aussi idéalement compléter celles des satellites déjà en orbite et avec lesquels il forme l’A-train (A pour « après-midi », car tous ces satellites survolent l’équateur aux alentours de 13h30 locales), notamment Cloudsat et Parasol, ce dernier étant équipé d’un radiomètre imageur à polarisation couvrant un champ plus grand que l’IIR de Calipso.


Comprendre l’évolution du climat à long terme

«Grâce aux mesures de l’A-train, on espère enfin comprendre le rôle des nuages et des aérosols dans le réchauffement du climat, et s’ils ont globalement tendance à l’amplifier ou à le limiter » se réjouit Didier Renaut.
Jacques Pelon est quant à lui persuadé que grâce à Calipso et ses homologues de l’A-train, « la grande première que constitue cette complémentarité instrumentale permettra d’en savoir beaucoup plus sur la dimension verticale de l’atmosphère et les caractéristiques des nuages et des aérosols, ce qui sera crucial pour la compréhension des processus susceptibles d’affecter le climat à long terme. Nous espérons tous que Calipso aura une longue durée de vie. »



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Programme Calipso

Fiche mission Calipso
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