5 Juillet 2005

Les Etats-Unis s’offrent un feu d’artifice cosmique pour leur fête nationale !

Hier matin, le projectile envoyé par la sonde Deep Impact a percuté la comète Tempel 1, 6 mois après avoir été lancé par la Nasa. Aussi rapide que spectaculaire, l’événement est inédit dans l’histoire de la conquête spatiale : pour la 1ère fois, une mission explore le sous-sol d’une comète afin de révéler les secrets de sa composition interne. Du côté de l’Europe, autre tactique mais même objectif : Rosetta suit sa course dans le système solaire.
5 juillet 2005

Collision réussie pour Deep Impact

Un panache et un nuage très lumineux, la preuve que Deep Impact a rempli son objectif : percer la croûte de la comète sous l’effet de l’impact avec le projectile. S’en suivra, l’analyse des matériaux éjectés, glaces et débris de poussières, qui permettra de connaître sa composition. Par cette technique, on accède au noyau non altéré de la comète, considéré comme le matériau de la nébuleuse primitive qui a formé notre système solaire, il y a 4,5 milliards d’années.

Le projectile, d’une masse de 370 kg et équipé d’un système de navigation autonome, est entré hier matin en collision avec la comète à une vitesse de 37 000 km/h et après une course poursuite de 900 000 km.

Suivant la stucture de la comète, le cratère produit devrait avoir une taille comprise entre une maison et un terrain de football, pour une profondeur de 2 à 14 étages.

Les résultats arrivent progressivement, mais déjà les scientifiques reconnaissent que l’événement est « bien plus important qu’attendu » !
L’étude du cratère lui-même permettra d’en déduire des informations sur la structure interne du noyau et donc sur le mécanisme de formation des comètes, aujourd’hui encore mal connu.

Survolant prudemment le noyau à 500 km de l’impact, la sonde a observé et photographié la rencontre explosive à l’aide de 2 caméras et d’un spectromètre infrarouge.
Les effets de la collision ont aussi été observés depuis de nombreux télescopes terrestres et en orbite.

Mission Rosetta : un voyage dans le temps

Du côté de l’Europe, une sonde plus lente et plus douce poursuit un objectif similaire : étudier les comètes pour mieux comprendre la formation du système solaire et peut-être les origines de la vie. Mais Rosetta, partie en 2004, n’atteindra son but qu’en 2014… Moins puissante ? Moins rapide ? Rien de tout ça. Juste une différence de stratégie.

Pour Deep Impact, pas de détour ni de retenue : elle vise sa cible et la percute à grande vitesse.
Rosetta doit en revanche se mettre en orbite et larguer le module Philae qui atterrira en douceur à la surface du noyau cométaire. Pendant 2 ans, elle suivra sans la perturber l’émergence de l’activité de la comète au cours de son approche vers le Soleil.

Cet atterrissage implique une stratégie d’approche particulière. Alors qu’il n’a fallu que 6 mois à Deep Impact pour atteindre son but, la mission Rosetta s’étale sur 11 ans. Avant de rejoindre la comète, le satellite effectue plusieurs révolutions autour du Soleil en se servant de l’attraction de différentes planètes pour rebondir et modifier sa trajectoire.

Rosetta et son atterrisseur Philae sont équipés de 21 instruments scientifiques. A la clé, de nombreuses informations sur la composition et la structure du noyau, mais également sur le dégazage de la comète. Mais il faut encore patienter. En attendant que Rosetta nous livre ses secrets, les résultats de la mission Deep Impact sont attendus avec impatience par la communauté scientifique.

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