
Saviez-vous que le 1er robot agricole au monde était toulousain ?
Aussi incroyable que cela puisse paraître en ce 21e siècle, Oz, le 1er robot agricole au monde, n’est arrivé sur le marché qu’en 2013. « Il existe des projets de recherche ici et là mais rien d’abouti. Les champs sont des environnements complexes et changeants, ce n’est pas si facile d’y faire évoluer des robots de manière autonome » explique Joan Andreu, ingénieur chez Naïo-Technologies, la start-up à l’origine de cette révolution.
Oz, le robot magicien
Que fait Oz ? Il désherbe ! Il enlève mécaniquement les plantes qui pourraient concurrencer la croissance des carottes, poireaux, radis… Il évite ainsi l’utilisation de produits chimiques, le bâchage plastique entre les rangs ou encore le mal de dos pour les exploitants et leurs salariés. Autonome, Oz se dirige à l’aide de paramètres initiaux spécifiés par les agriculteurs (longueurs et espacements des rangs) et d’informations venant de caméras et d’un laser. Mais durant l'été 2016, il a été doté de nouveaux pouvoirs grâce à une technologie du CNES qui lui a assuré une localisation ultra-précise et absolue à partir de la constellation de satellites du système GNSS (GPS, Galileo, Glonass...).
Dans cette vidéo, Oz n’est pas guidé par la technologie PPP-CNES. Il se dirige uniquement en fonction de paramètres initiaux et d’informations venant de caméras et d’un laser. Crédits : Naïo-Technologies.
Un magicien doté d’un algorithme de sorcier
En 2015, le CNES et laboratoire de test GUIDE ont proposé à Naïo-Technologies de tester sur Oz un algorithme de correction de positionnement par satellites précis à 4 cm près nommé PPP-CNES (PPP pour “Positionnement Ponctuel Précis”). Durant l’été 2016, des expérimentations se sont déroulées dans 2 exploitations maraîchères et 1 vignoble en Occitanie. « Notre objectif était de valider notre technologie en milieu agricole auprès d’utilisateurs finaux » indique Thierry Chapuis, chef de projet à la Direction de l’innovation et des applications au CNES. « Les expérimentations menées ont prouvé que pour les utilisations à 10 cm de précision, le système répondait parfaitement aux attentes en termes de facilité d'installation, communication et répétabilité des résultats » ajoute Joan Andreu.
OZ-ez le positionnement par satellites
Reste maintenant à transformer l’essai. En juin 2016, le CNES a signé un accord de partenariat avec la start-up Géoflex afin de commercialiser la technologie PPP-CNES. Des 1ers contacts ont déjà pris entre Géoflex et Naïo-Technologies pour en équiper Dino, Ted et Bob , ses nouveaux robots dédiés aux cultures maraîchères et aux vignobles. Le 21e siècle sera-t-il celui de la révolution robotisée dans les champs ?
Même sous serre, la technologie du CNES a fait ses preuves. Le robot Dino pourrait en être prochainement équipé. Crédits : Tien Tran / Naïo-Technologies.

L'Atout de la technologie PPP-CNES
La technologie PPP-CNES modélise et estime en temps réel les différentes erreurs associées aux mesures venant de l’espace qu’elles soient liées aux satellites (GPS, Galileo,…), aux différentes couches atmosphériques traversées par les signaux ou encore au récepteur. Contrairement aux autres systèmes de corrections (RTK et Network-RTK), ce récepteur mobile n’a pas besoin d’être entouré d’une ou plusieurs stations fixes à proximité. Il est capable d'estimer directement les erreurs locales. Résultat, la technologie PPP-CNES est fonctionnelle partout dans le monde !