24 Mai 2017

[Image] Etranges lignes parallèles dans la neige

Dans 8 jours, Thomas Pesquet, l'astronaute français de l'ESA, va reposer les pieds sur Terre. En février, il avait photographié d'étranges lignes angulaires dans la neige : "pas vraiment d’explication pour ces lignes parallèles en Russie, longues de plusieurs kilomètres…''. Avez-vous des idées ?
Crédits : ESA/NASA.

Gazoducs, oléoducs ? Oeuvre de Land art ? Cheveux de la Princesse Raiponce ? Sur twitter et flickr, les idées n'ont pas manqué suite au questionnement de Thomas Pesquet : « Pas vraiment d’explication pour ces lignes parallèles en Russie, longues de plusieurs kilomètres…»  La bonne réponse n'a pas tardé à surgir : des haies.

DES HAIES BRISE-VENTS !

Construites à l'époque soviétique entre 1949 et 1965, impulsées par Staline, ces ceintures forestières nationales sont situées dans la vallée de la Volga. Elles se répartissent sur 8 zones continues constituées de 2 à 6 rideaux d'arbres espacés de 300 m pour une longueur totale de 5 000 km. La portion de ceinture photographiée par Thomas le 16 février 2017 est composée de 3 rideaux et s'étend sur 595 km.

A la vue du décor enneigé du cliché, on pourrait croire que ces haies sont destinées à contrer des vents glacials venant du nord. Tout l'inverse ! Ces haies combattent les vents secs venant du sud-est et de l'est (la photo de Thomas n'est pas orientée au nord). L'objectif poursuivi par Staline était d'augmenter les rendements (et d'éviter des famines) en limitant l'érosion des sols et l'évaporation des cultures. Ces barrières pharaoniques sont complétées par des haies plus étroites autour de parcelles agricoles.

REGARDS DE SENTINEL-2A

Simon Gascoin, chercheur au CESBIO  — un laboratoire toulousain sous co-tutelle du CNES — a trouvé cette même barrière protectrice sur plusieurs images du satellite européen Sentinel-2A.  « Les photos des astronautes illustrent bien l'importance d'observer notre planète depuis l'espace. Mais pour les applications scientifiques notre Thomas Pesquet national ne peut pas rivaliser avec les satellites Sentinel-2 qui "photographient" la Terre de façon systématique tous les cinq jours ! » explique-t-il dans un article publié sur le blog du CESBIO.

Images acquises par Sentinel-2A le 31 août 2016 et le 17 janvier 2017 depuis une altitude de 786 km. Crédits : Copernicus 2016 et 2017, ESA.

Carte des ceintures forestières nationales de la vallée de la Volga. Orientées nord-sud, elles protègent des vents secs venant du sud-est et de l'est. Crédits : FAO.

Vue d'artiste d'un satellite Sentinel-2 du programme européen Copernicus. Crédits : ESA.

Suivez le retour de thomas en direct

Thomas Pesquet reviendra vendredi 2 juin 2017 sur Terre après un séjour de 6 mois dans la Station spatiale internationale dans le cadre de sa mission Proxima. Ce retour dans une capsule Soyouz se fera en compagnie de l'astronaute russe Oleg Novitskiy et sera à suivre en direct sur le site du CNES. Après un trajet de 3h, ils atterriront dans la steppe kazakhe autour de 14h09 TU (16h09 heure de Paris). Quelques heures après son atterrissage, Thomas se rendra à Cologne en Allemagne, au camp de base de tous les astronautes de l'Agence spatiale européenne (ESA). Thomas passera sa 1ere nuit sur Terre dans le laboratoire Envihab du Centre aérospatial allemand (DLR) où l'équipe médicale de l'ESA surveillera sa réadaptation à la gravité après plusieurs mois passés en apesanteur.

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