Super Lune : nos satellites sur le coup !

Le 14 novembre 2016, c’était jour de ‘’Super Lune’’. Vous n’avez rien vu ? Normal ! On vous explique tout avec des images exceptionnelles acquises par nos satellites Pléiades.
Crédits: 
CNES 2016.
25 Novembre 2016

On pourrait croire à un lever de Lune au-dessus des banquises de l’Antarctique. Mais non, la Lune n’a quasiment pas bougé durant les 30 sec qui séparent ces 3 images. C’est le satellite Pléiades-1B, auteur de ces clichés, qui s’est déplacé à plus de 25 000 km/h sur son orbite. Satellite d’observation de la Terre, l’engin spatial ne regarde que très rarement au-dessus de l’atmosphère mais là, on était le 14 novembre 2016, le jour de la ‘’Super Lune’’ !

Qu’est-ce qu’une Super Lune ?

Une super Lune, c’est la coïncidence de 2 évènements : une Lune au plus proche de la Terre et une Lune pleine. Selon l’Observatoire de Paris, le phénomène n’est pas rare et se produit tous les 1 an et 48 jours.

Une super Lune record

Si la super Lune du 14 novembre 2016 a été particulièrement médiatisée, c’est qu’elle se trouvait particulièrement proche de la Terre ce qui n’était pas arrivé depuis 1948 et ne se reproduira pas avant 2034 : à 356 509 km exactement. La distance minimale entre la Terre et la Lune varie en effet en fonction de l’attraction des autres corps célestes dont le Soleil au premier ordre. 

une super lune Imperceptible à l’oeil nu 

Plus proches de la Terre, les super Lunes apparaissent plus grandes : leur diamètre est en moyenne 7% plus grand que celui de pleines Lunes classiques. Mais 7 %, cela ne saute pas aux yeux ! Si vous n’avez rien vu, c’est donc tout à fait normal. Pour se rendre compte d’une différence de taille, il faut pouvoir comparer des images acquises par des instruments identiques, comme par exemple ceux des satellites Pléiades !

La Lune fait le tour de la Terre en 27,3 jours. Cette orbite n’est pas circulaire mais elliptique : elle passe par un point au plus près (périgée) et un point au plus loin (apogée) de la Terre. Crédits : Sciences et Avenir. 

Difficile à croire mais la Lune est entière sur cette image. L’atmosphère a dévié les rayons lumineux venant de la Lune pourtant située en-dessous de l’horizon. Crédits : CNES 2016. 

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vues par les satellites Pléiades. Crédits : CNES 2016.
Pour les satellites Pléiades, le diamètre de la super Lune du 14 novembre 2016 était 8 % plus grand que celui du 17 novembre 2013. 

 

SATELLITES D'OBSERVATION DE LA TERRE... DANS LA LUNE 

Satellites d'observation, les Pléiades ne regardent normalement que la Terre mais les experts en Qualité Image du CNES les orientent mensuellement vers la Lune afin de réaliser des étalonnages radiométriques de leurs instruments optiques. "La Lune est un objet stable dont le rayonnement est bien caractérisé. Elle peut servir d’étalon sans aucune perturbation atmosphérique" souligne Laurent Lebègue, ancien responsable de la Qualité Image Pléiades et qui travaille aujourd’hui sur les performances des satellites d’observation haute-résolution de nouvelle génération.

''Le CNES est devenu expert dans ce domaine grâce aux travaux initiés ​depuis les années 2000 par Sophie Lacherade, ingénieure au CNES, et à ​une ​collaboration ​internationale ​avec l’USGS​. Les images acquises lors de la super Lune ​vont nous permettr​e de mesurer à partir de quelle élévation les images d’étalonnage ne sont plus perturbées par l’atmosphère et ainsi augmenter les opportunités des prises de vues lunaires." Des images avant tout techniques, mais d'​une incroyable esthétique poétique et d'un intérêt pédagogique.

Vue d'artiste d'un satellite Pléiades en orbite polaire à 700 km d'altitude. Crédits : CNES.

Le gris de la Lune calibre les couleurs des Pléiades

Tous les mois, les satellites Pléiades tournent le dos à la Terre et braquent leurs yeux sur la Lune. Objectif : vérifier les couleurs obtenues par leurs instruments. "Bien que la Lune nous apparaisse grise, elle a une réponse bien caractérisée dans les bandes spectrales des satellites Pléiades, à savoir le bleu, le vert, le rouge et le proche infra-rouge. Ces images nous permettent de prendre en compte les évolutions de l’instrument pour fournir aux utilisateurs les meilleures images possible" explique Bruno Vidal, ingénieur au CNES en charge du suivi de la Qualite Image des satellites Pléiades. Telle cette splendide vue de la plage corse de Rondinara. Crédits : CNES 2014, Distribution Airbus DS.