Le ''Pentagone français'' vu par ses propres satellites !

Le ministère de la Défense a déménagé en 2015 dans le sud-ouest de Paris. Zoom sur sa nouvelle implantation aux entrées très contrôlées.
Crédits: 
CNES 2015, Distribution Airbus DS.
19 Avril 2016

Le ministère de la Défense envoie parfois des ordres aux satellites Pléiades pour prendre des images d'installations militaires de pays adverses, de théâtres d'engagement... Il n'avait cependant pas commandé ce cliché pris au-dessus de son nouveau siège situé dans le 15e arrondissement de Paris près de la place Balard, face à l’héliport de Paris-Issy-les-Moulineaux. Cette image a été acquise 1 mois avant l'inauguration officielle du site par François Hollande, le 5 novembre 2015. Elle est visible dans la galerie d'images d'Airbus Defence and Space.

Surnommé le ''Pentagone français'' par les médias, ce nouvel écrin s'appelle en fait ''Hexagone Balard'' en référence à l'hexagone central de son principal bâtiment conçu par l'Agence Nicolas Michelin et Associés (ANMA), qui renvoie lui-même à la forme hexagonale de la France métropolitaine.

En plus du personnel de l'état-major des armées, l'Hexagone Balard rassemble le personnel des états-majors des armées de terre, de mer et de l’air, de la direction générale de l’armement et des services du ministère de la Défense, soit plus de 9 000 militaires et civils qui étaient auparavant répartis sur une dizaine de sites parisiens et franciliens. Selon le ministère de la Défense, ce rassemblement répond à ''un besoin de rapprochement des états-majors au profit des opérations''.

Le saviez-vous ?

Les images des satellites Pléiades sont utilisées à des fins à la fois civiles et militaires.

Des panneaux solaires, patios et façades pixelisées

En zoomant sur l'image Pléiades, on se rend compte de l'agencement interne de ce colossal édifice dont seules les façades opaques sont visibles depuis le périphérique ou le boulevard des Maréchaux. De l'hexagone central partent 6 corps de bâtiments dont certains se ramifient ensuite, créant au final 12 patios internes. Leurs façades sont pixelisées de carreaux bleus, verts et gris, évoquant les camouflages militaires. Tous ces corps de bâtiments construits en béton renforcé reposent sur pilotis. Autre singularité de l'édifice : son toit. Outre son design furtif, il constitue la plus grande toiture solaire de Paris avec 5 600 m² de panneaux photovoltaïques.

Zoom sur le bâtiment principal de l'Hexagone Balard. Crédits : CNES 2015, Distribution Airbus DS.

Et UNE SALLE HAUTEMENT SECURISéE !

Ce que l'on ne voit pas sur cette image satellite, c'est le Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), le saint des saints du ministère. Equipé de multiples réseaux informatiques, il est relié avec les autorités politiques, les théâtres d’opérations et les centres de commandement alliés. Des officiers, des sous-officiers et des hommes du rang s’y relaient 24h/24 pour la conduite des opérations en France et dans toutes les régions du globe. Des clichés venus de l'Espace doivent parfois apparaître sur le gigantesque mur d'écrans de leur salle de réunion...

LA DÉFENSE, L'UN DES 5 DOMAINES D'INTERVENTION DU CNES

Le ministère de la Défense est, avec le ministère de la Recherche, une des 2 tutelles du CNES. En réponse aux besoins exprimés par la Défense, le CNES conduit des actions de recherche et technologie pour préparer les programmes futurs. Il peut également se voir confier par la direction générale de l'armement (DGA) la conduite des segments spatiaux de ces programmes et contribuer au financement de satellites pour des besoins duaux (civils et militaires). Par ailleurs, c’est le CNES qui ''pilote'' la plupart des satellites de la Défense. En image : vue d'artiste des futurs satellites à haute résolution CSO développés dans le cadre du programme MUSIS.