3 Juin 2022

[Lanceurs] Premier vol imminent pour Vega C

Le vol inaugural du nouveau lanceur européen est prévu au mois de juillet depuis son pas de tir de Guyane. Une version optimisée à laquelle le CNES a apporté de multiples expertises.
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Transfert du moteur P120 vers la ZLV Zone de Lancement Vega. Crédits : CNES/ESA/Arianespace/Optique Vidéo CSG/JM Guillon

C’est une nouvelle vie qui commence pour le lanceur léger européen Vega. Début juillet, il s’élancera pour la première fois de Guyane dans sa nouvelle version Vega C, une évolution voulue pour accroître ses performances, notamment en lui permettant d’emporter des charges utiles plus volumineuses, avec une masse maximale au décollage de 2,2 tonnes, contre 1,5 tonne dans la version précédente. Vega C gagne également en flexibilité, capable de placer en orbite basse des satellites d’observation de la Terre et de réaliser des lancements multiples de microsatellites. Il permettra également de mettre en orbite la navette spatiale réutilisable Space Rider à l’horizon 2024. Le développement du nouveau lanceur a également pour but de diminuer son coût récurrent grâce à une optimisation industrielle et de limiter l’exposition de la production aux sources non européennes. Pour atteindre ces performances, plusieurs modifications ont été réalisées. Les deux premiers étages ont augmenté en volume et en diamètre, pour des moteurs plus puissants. 

Le 1er étage de Vega C est propulsé par un P120C qui contient 140 tonnes de propergol. Il s’agit du même moteur que le propulseur d’Ariane 6, que l’on trouvera en 2 ou 4 exemplaires sur Ariane 6 suivant les versions.

Eric Robert, expert technique P120C

Des installations adaptées

Le CNES s’est fortement impliqué dans la préparation de l’arrivée de ce nouveau lanceur. En liaison avec le CSG, la sous-direction sol a piloté l’adaptation des moyens mesure du CSG pour le traitement de la télémesure VEGA-C en temps réel et en temps différé. Pour des raisons de sécurité, l’augmentation de la puissance des moteurs a également rendu nécessaire l’éloignement du centre de lancement, qui était auparavant partagé avec celui d’Ariane 5. Un nouveau bâtiment appelé Pandora a été construit à cet effet sur le centre technique du CSG, pour commander à distance les opérations sur le lanceur lors de la chronologie. Le CNES a également assuré la qualification du moteur P120C. Celle-ci a été réalisée au banc d’essais des accélérateurs à poudre (BEAP), lors de 2 tirs en configuration Vega C qui ont consisté à allumer le moteur et à le faire fonctionner sur une durée équivalente à un vol. Un troisième tir a ensuite permis de qualifier le moteur pour Ariane 6

Procédures de sécurité

Enfin, le CNES s’assure que les nouveaux développements du lanceur répondent en tous points aux exigences  de la loi sur les opérations spatiales (réglementation technique et réglementation de l’exploitation des installations du CSG). « Cela concerne de nombreux points, explique Stéphane Perezzan, ingénieur au CNES. Par exemple, nous devons nous assurer que nous saurons maîtriser les conséquences sur les biens et les personnes d’une anomalie en vol, qu’il n’y a pas de problème avec les trajectoires du lanceur présentées par l’opérateur dans ses demande d’autorisation de lancement, ou encore qu’on ne laissera pas d’étage en orbite à la fin de la mission. » Chaque vol fait l'objet d'une autorisation délivrée par l’Etat français, après un avis du responsable d’avis de conformité du CNES. Les vols de qualification donnent lieu à une procédure spécifique : c’est le président du CNES qui délivre l’attestation à l’opérateur ESA.


Le saviez-vous

Pour sa première mission, Vega C emmènera une expérience scientifique développée par l’agence spatiale italienne, LARES 2 (Laser Relativity Satellite). Cette mission résonne avec le 1er vol de Vega, en 2012, qui avait déjà placé en orbite un premier satellite LARES. Il s’agit d’une mission destinée à étudier le champ gravitationnel de la Terre. Dans le même vol, le lanceur emportera également 4 deployers emportant 6 microsatellites (Greencube, MT-cube 2, Celeste, Alpha, Astro bio et TRISAT-R). 

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Lanceur - image d'illustration Crédits : Alena Butusava

série lanceurs

Qu’on les nomme lanceurs ou fusées, cette activité du CNES - qui contribue à garantir l’accès autonome à l’espace de la France et de l’Europe - est en constante évolution. Nous vous proposons de découvrir son actualité via une série d’articles. Vous y lirez tous les détails sur le nouveau lanceur Ariane 6 et sa base de lancement et vous familiariserez avec les innovations et ruptures technologiques qui nourriront les futurs programmes à l’horizon 2030.