18 Juillet 2022

[Lanceurs] Premier assemblage du corps central d’Ariane 6

La campagne d’essais CTLI BAL a démarré au bâtiment d’assemblage lanceurs. Objectif pour les équipes CNES, ESA et ArianeGroup : intégrer les deux étages d’Ariane 6 et préparer leur transfert vers la zone de lancement.
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Accostage des modules ULPM et LLPM au bâtiment d'assemblage lanceurs. Crédits : CNES/ESA/Arianespace/Optique Vidéo CSG/P Baudon

C’est une nouvelle étape en passe d’être franchie vers la qualification d’Ariane 6 : la campagne d’essais CTLI BAL (Combined Tests Launcher Integration) s'est déroulée à la fin du mois de juin dans le bâtiment d’assemblage lanceur (BAL). Elle consiste à opérer la jonction entre les deux étages ULPM (l’étage supérieur) et LLPM (l’étage inférieur), réceptionnés en Guyane en début d’année, pour intégrer le corps central du lanceur. Sur Ariane 6, cette opération a été pensée pour être courte, de manière à pouvoir transférer le lanceur en zone de lancement en quelques jours. Les modules arrivent au BAL quasiment prêts à être assemblés, leur finalisation consistant essentiellement à intégrer des équipements spécifiques tels que les plaques de raccordement avec les bras cryo et les caissons MANG. Dans le cadre de cet essai, l’assemblage du corps central a été précédé d’une première tentative pour finaliser la procédure de jonction des deux grandes structures souples de 5,4 m de diamètre qui subissent des déformations et qui sont fixées par quelque 400 vis. 

La grande nouveauté d’Ariane 6, c’est que l’assemblage se fait à l’horizontale. Sur la chaîne de montage HAL, le module ULPM monté sur 4 colonnes mobiles est rapproché et intégré très précisément au module LLPM, lui aussi porté par 4 colonnes, mais qui est fixe dans le bâti.

Jean-Philippe Sire, CNES, coordinateur pour la réalisation des essais

Mesures de contrôle

Une fois la jonction effectuée, l’intégration se poursuit par la réalisation des connexions électriques et opto-pyrotechniques qui permettront aux deux étages de communiquer avec la partie commande-contrôle du corps central. « Le lanceur ainsi assemblé est une maquette très proche de la réalité, avec un vrai moteur Vulcain 2.1 qui sera allumé lors des essais combinés. Comme il s’agit d’un essai, nous effectuons aussi quelques opérations que nous ne ferons plus ensuite, avec notamment 600 mesures de contrôle. Le premier exemplaire de vol portera lui aussi de nombreux capteurs, mais nous finirons par en enlever la majeure partie au fur et à mesure de l’apprentissage », explique Jean-Philippe Sire. La campagne CTLI BAL se termine par une phase de préparation du corps central avec des bâches de protection, et à son roulage vers l’extérieur au moyen d’un transport spécifique, le TCC, qui vient le récupérer à l’intérieur du bâtiment pour le conduire à la zone de lancement située à 800 m du BAL. 


Le saviez-vous

La campagne CTLI se poursuivra ensuite en zone de lancement, par l’intégration complète des différents éléments du lanceur sous le portique mobile : corps central, propulseurs à poudre et coiffe. Pour les essais, la démonstration se fait sur une version A64 du lanceur, avec 4 boosters représentés par 3 pylônes métalliques remplis d’eau, et un vrai propulseur inerte. L’essai d’intégration avec les boosters comprendra 5 assemblages mécaniques pour tester des configurations nominales et dégradées, avec une précision d’intégration de l’ordre de 0,2 mm.

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Lanceur - image d'illustration Crédits : Alena Butusava

Série Lanceurs

Qu’on les nomme lanceurs ou fusées, cette activité du CNES - qui contribue à garantir l’accès autonome à l’espace de la France et de l’Europe - est en constante évolution. Nous vous proposons de découvrir son actualité via une série d’articles. Vous y lirez tous les détails sur le nouveau lanceur Ariane 6 et sa base de lancement et vous familiariserez avec les innovations et ruptures technologiques qui nourriront les futurs programmes à l’horizon 2030.

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