28 Février 2017

Antoine Lefebvre

Post-doc, ActInSpace : le parcours d’un jeune entrepreneur

Géographe de formation, Antoine Lefebvre a obtenu un financement du CNES pour son post-doctorat. Il fut aussi candidat de la 2e édition d’ActInspace, en 2016. Aujourd’hui, il est en passe de créer sa propre entreprise, une société dédiée aux applications de la cartographie urbaine.

Antoine Lefebvre est un homme que rien n’arrête. Son objectif est clair, il le poursuit, il le conforte. A plusieurs reprises, le jeune géographe croise le CNES sur son chemin et en tire le maximum d’enseignements.

Définir son projet

Titulaire d’une thèse en géographie sur le traitement de l’image satellite appliquée au milieu urbain, Antoine n’hésite pas à s’exiler à Pékin pour finir sa thèse et réaliser un premier post-doctorat. Il en revient trois ans plus tard, marié et fasciné par la culture chinoise.

Sur le plan professionnel, l’envie de mettre en application son travail de recherche le conduit à intégrer une société privée qui réalise certains produits du programme Copernicus Land de l’Union européenne.

« Soumises à la pression démographique, les villes s’étendent, se transforment. Les défis de la ville de demain ne manquent pas : préservation de la qualité de vie des citadins, adaptation au changement global et accroissement de l’attractivité économique… De nombreuses solutions peuvent être développées à partir de l’imagerie satellitaire car elle a l’avantage de fournir une information globale, objective et continue dans le temps » explique Antoine.

Acquérir des compétences

L’expérience dans le privé, si intéressante soit-elle, ne pouvait arrêter Antoine dans sa course vers la création d’entreprise. Les images multi-angulaires Pléiades allaient lui fournir l’occasion de franchir deux nouvelles étapes. Il répond au CNES, d’une part en 2015, à l’appel à candidatures pour une bourse de post-doctorale, et d’autre part en 2016, à la 2e édition du concours ActInSpace, dédié à la création d’entreprise et également proposé par le CNES.

Antoine tire un bilan très positif de cette dernière expérience : « J’ai réuni des chercheurs du laboratoire du LETG Costel à Rennes. Nous n’avons pas gagné la finale à Toulouse, mais la préparation, l’accompagnement et les encouragements de Didier Lapierre, l’organisateur de ce concours, ont été décisifs pour la suite de notre projet. Le but que nous poursuivons, c’est de créer une entreprise offrant des services aux collectivités sur la base d’images satellitaires. Le pôle Theia et le programme Kalideos du CNES sont des atouts considérables pour obtenir des images et développer des activités de R&D sur l’ensemble du territoire français. Nous en avons profité pour répondre à d’autres concours, chacun nous apportant compétences et conseils ».

L’ESA Bic Sud-France apporte au projet un soutien précieux : coaching, structuration, conseils… une manne ! « Nous avons commandé une étude de marché pour évaluer les véritables besoins des collectivités en cartographie mais aussi pour apprendre la manière de les vendre, de concevoir le produit présenté » se réjouit Antoine.

Créer son entreprise

Le but est-il proche ? Aujourd’hui, le jeune post-doctorant et son équipe sont en discussion avec la ville de Rennes pour laquelle ils ont réalisé un premier démonstrateur.

L’équipe, composée de quatre membres, souhaiterait bénéficier d’un essaimage et créer une structure privée à partir des compétences de leur laboratoire, ce qui est en cours de négociation. En septembre, Antoine aura terminé son post-doctorat avec le CNES. Il est désormais père d’un enfant. L’avenir lui sourit.

Témoignages

L'apport du CNES : témoignage d'Antoine lefebvre

 « Le CNES propose une démarche très cohérente. J’y ai trouvé un environnement adapté à ce que je souhaitais, c'est-à-dire une chaîne alliant recherche publique et applications du secteur privé.

L’objectif des JC2* organisées chaque année à Toulouse, sensibiliser les jeunes au secteur privé, est une belle initiative car dans les laboratoires, on n’a pas toujours cette vision très large menant à la création d’entreprise.

De même le programme Kalideos du CNES encourage la communauté scientifique à s’intéresser aux problématiques des acteurs du territoire (collectivités, région…). De fait, ce programme nous permet de créer de nouveaux services sur la base d’images satellites et de définir de potentiels transferts de technologie».

* JC2 – Journées Jeunes chercheurs organisées par le CNES

Pour en savoir plus

www.kermap.com

Antoine Lefebvre

Antoine Lefebvre
Crédits : Antoine Lefebvre

L'apport des satellites à la cartographie

Pourquoi utiliser des images satellites plutôt que des images aériennes, moins coûteuses ? Les collectivités ont l’obligation légale de renouveler leurs informations concernant les schémas d’aménagement des villes tous les trois ans. La fréquence de cette opération, la taille considérable (20 km x 20 km) que peuvent capter les satellites Pléiades, rendent l’image satellite plus intéressante que l’image aérienne. Par ailleurs, une vision unique 3D de la ville permet la mise en place de politiques d’adaptation au changement climatique.

Témoignage de Selma Cherchali, responsable thématique CNES du post-doctorant

« Antoine a fait l’unanimité à son audition ! Un sujet qui intéressait le CNES avec l’apport de Pléiades aux enjeux urbains, un parcours et un profil dynamique et une motivation extraordinaire.
L'accroissement de la population urbaine mondiale* ne peut qu'exacerber le besoin d'études sur le fonctionnement des zones urbaines. Sous la double pression de la démographie et de l’exode rural, les villes rassemblent 75 % des habitants des pays industrialisés. La densification des bâtiments et la centralisation des activités entraînent des rejets de chaleur importants et une forte consommation d’énergie. Le relief formé par le bâti crée des conditions climatiques particulières regroupées sous le terme de climat urbain. L’enjeu est de définir des politiques destinées à contrer les effets néfastes des vagues de chaleur et de mettre au point des systèmes d'alerte. La connaissance des zones de végétation se révèle capitale pour la démarche Ville durable».  

* 3.3 Md en 2008 à 9 Md en 2030