23 Janvier 2014

L’archipel des Bijagos entre fleuve et océan

Telle la ramure d'un arbre, l'océan s'infiltre dans Orango, l'une des 88 îles de l'archipel des Bijagos en Guinée-Bissau. SPOT-6 sublime ce bijou de biodiversité en Afrique de l'Ouest.
Crédits : 2013 Astrium Services.

D'une résolution de 1,5 m, cette image satellitaire permet de saisir la diversité des paysages de l'île située à une vingtaine de km de l'embouchure du fleuve Geba : forêts sur les parties les plus anciennes, savanes dans les espaces récemment sortis des eaux, mangroves sur les étendues de sable et de vase. A cette diversité de paysages s'allie une faune exceptionnelle tant sur terre qu'en mer : singes, lamantins, tortues marines, hippopotames marins… Selon l'Unesco, un million d'oiseaux migrateurs nicheraient chaque hiver dans l'archipel des Bijagos. Mais l'Homme n'y est pas absent : une vingtaine d'îles sont habitées de façon permanente par l'ethnie locale, les Bijagos, avec une population totale d'environ 30 000 habitants.

Cette biodiversité considérable, alliée à un développement humain respectueux des ressources naturelles, a motivé l'Unesco en 1996 à reconnaître l'archipel comme Réserve de la biosphère. L'obtention de ce label a été précédé par la création d'un système d'information géographique (SIG) basé sur 4 images SPOT-3 acquises en 1995 dans le cadre du programme ISIS du CNES. Les cartes réalisées ont permis de synthétiser les informations pluridisciplinaires sur l'archipel et d'aider à la création d'aires intégralement protégées. L'île d'Orango, la plus grande et la plus sauvage de l'archipel, a par exemple été placée sous le statut de Parc national.

Près de 20 ans plus tard, comment ont évolué les paysages de l'archipel ? Se maintiennent-ils face aux changements climatiques, à l'afflux de populations attirées par les ressources en poissons, à la déforestation pour la plantation d'arbres producteurs de noix de cajou ou à l'évolution des apports en sédiments du fleuve ? « Une comparaison avec de nouvelles images Spot, comme cette image SPOT-6, pourrait assurément apporter des réponses. Cependant, les pays en développement sont lésés en raison des coûts d’acquisition des images satellitaires à haute résolution » souligne Gwénaëlle Pennober, qui a participé à la création du SIG de l'archipel et aujourd'hui enseignante chercheuse à l'Université de la Réunion, spécialiste d'environnement littoral tropical.

En savoir plus

Le programme ISIS du CNES vise à promouvoir l'utilisation de l'imagerie spatiale SPOT et, depuis 2013, des données Pléiades auprès de la communauté scientifique européenne grâce à des tarifs préférentiels > http://www.isis-cnes.fr/IntroPage.do

Voir aussi