Ebola : des images Pléiades en coulisses

Sans carte, difficile de se déplacer. Difficile aussi de localiser les malades et d'organiser les interventions. Face à l'épidémie d'Ebola, Médecins sans frontières a sollicité les satellites Pléiades et une communauté de cartographes bénévoles.
12 Septembre 2014

En image : Guéckédou, en Guinée. C'est dans cette ville que les 1eres victimes de la fièvre hémorragique Ebola ont été repérées début 2014. C'est là que Médecins sans frontières (MSF) a déployé en mars sa 1ere équipe. Confrontée à l'absence de cartes exploitables, elle a mobilisé – via son partenaire CartONG, une ONG spécialisée dans la cartographie humanitaire – les satellites Pléiades sur 3 villes épicentres de l'épidémie : Guéckédou, Kissidougou et Macenta.

Mais à l’état brut, les images satellites, même optiques, n'ont que peu d'utilité pour les humanitaires. Il a donc été nécessaire de passer d'une « photo » à une carte. Pour le faire, et le faire surtout vite, CartONG a mobilisé la communauté de cartographes bénévoles d'OpenStreetMap, une carte en ligne libre. En 5 jours, 244 contributeurs armés de leurs claviers et souris ont tracé près d’un million d’objets, des maisons et immeubles essentiellement. En avril, une image Pléiades de la ville de Foya au Libéria et 4 images SPOT-6 de la frontière entre la Guinée et Libéria sont également passées sous la moulinette des internautes volontaires.

Car depuis mars, l'épidémie s'est étendue de la Guinée aux pays frontaliers du Liberia et de la Sierra Leone. Ces 3 pays, parmi les plus pauvres de la planète, n'ont pas les ressources humaines nécessaires pour répondre efficacement à l'épidémie qui demande avant tout d'isoler les malades. De leur côté, les humanitaires, débordés, appellent aujourd'hui à un appui international avec le déploiement rapide d'équipes médicales, civiles et militaires, préparées à un risque biologique. « Chaque jour, nous devons refuser des malades parce que notre centre est plein. J'ai dû dire aux ambulanciers de m'appeler avant de transporter les patients, quel que soit leur état de santé, car souvent nous ne pouvons pas les accueillir » raconte sur le site de l’ONG un coordinateur de MSF basé à Monrovia, capitale du Liberia.

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